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Le Châtiment

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Le Châtiment

Messagede Arès » 14 Mar 2010 19:34

* Correction des erreurs et incohérences
* Ajout de description et autres détails
* Style d'écriture plus harmonieux


Chapitre 1 : Visions

Tokyo Station. Allan Smith était confortablement assis sur son siège. Les sourcils froncés, il lisait The Daily Yomiuri, un journal local. La gare était très espacée et comportait plusieurs sièges métalliques. Les gens circulaient un peu partout en produisant un grand vacarme. Des écrans accrochés au plafond affichaient les prochains départs et arrivées de trains.
Allan Smith caressa sa moustache touffue. Soudain, la voix d’une femme résonna dans la salle :
- Le train pour Tokyo-Wakayama démarrera dans cinq minutes. Merci de votre attention !
Allan se leva en poussant sa grosse valise. Âgé d’une cinquantaine d’années, il était venu au Japon pour des raisons que nous ignorons. Quand il sortit sur le quai, Allan sentit le vent lui caresser le visage. Le ciel était bleu-outremer et les nuages de lait dissimulaient le soleil.
Allan entra dans le train. Il était habillé d’un blouson et d’un pantalon beige. L’Anglais s’installa dans le premier compartiment vide. Il soupira ce qui fit remuer son ventre proéminent. Il se sentait dans un nouvel univers. Loin de Londres, de son ciel morne et de ses averses. Le train s’ébranla puis prit peu à peu de la vitesse.
Les immeubles et les maisons commencèrent à défiler depuis la fenêtre. La porte du compartiment s’ouvrit. Une femme japonaise suivie de son fils entra. Ses cheveux étaient d’un noir d’encre et ses yeux pétillaient de malice.
- Bonjour, Monsieur ! Dit-elle gentiment.
Les Japonais et la politesse ! C’était une longue histoire d’amour. Allan gloussa puis répondit :
- Bonjour, Madame ?
- Mme Izumi.
La jeune mère s’assit devant Allan. Le train était sorti de Tokyo, depuis quelques minutes. Les passagers du compartiment restèrent silencieux, admirant les paysages qui s’offraient à leurs yeux. Un silence désagréable envahit la pièce. Il fut rompu par le jeune enfant qui poussa la jupe maternelle :
- Je veux un Chocoball, Maman !
- Oui, mon petit Hibiki !
Le voyage se poursuivit dans une ambiance très agréable. Les nuages avaient laissé place au soleil. De plus, de magnifiques paysages verdoyants défilaient depuis la fenêtre, à présent. Allan était affalé sur son siège, les yeux clos. Il ronflait de temps en temps ce qui perturbait l’attention du jeune Hibiki, occupé à jouer sur sa Game Boy.
TUE !
Une image apparut dans l’esprit d’Allan sans crier gare. Une sorte de nain tâché de sang portait d’énormes ciseaux. Ce qui semblait être ses yeux avait la forme de deux scarabées. Son nez était crochu et pointu à la manière d’un bec d’aigle. Il ricanait…
Un frisson parcourut tel un serpent la moelle épinière d’Allan. Celui-ci sursauta sur son siège puis vomit bruyamment. Mme Izumi demanda en se levant :
- Qu’avez-vous, Monsieur ?
- Un problème de digestion, ce n'est rien de bien fameux, répondit Allan sans être vraiment sincère.
Allan sortit du compartiment pour gagner les toilettes. Il se sentait mal à l’aise. Arrivé dans une pièce étroite, il but un peu d’eau pour se soulager. Allan essayait de se souvenir de l’image qui avait parcouru subitement sa pensée. Le nain aux cheveux en bataille. Il avait dû un peu trop abuser des romans de Stephen King. Un ciseau énorme et tranchant. Étrange ! Et « TUE ! ». Allan soupira. Après tout, il s’était laissé abuser par son imagination.
Allan revint dans le compartiment. Il essaya d’oublier cette histoire. Après quelques minutes d’attente, le train s’arrêta enfin. Mme Izumi et son fils sortirent du compartiment rapidement. Sans plus attendre, Allan les imita. Il arriva à la sortie de la gare. Il ressentait un petit mal de tête qui s’estompa à la vue de Wakayama.
La ville était d’une somptuosité rare. Elle était bordée au Nord par des montagnes et traversée par la rivière Kinokawa. Au centre de la ville se trouvait le château de Wakayama, construit sur le mont Torafusu.
Allan resta pendant quelques minutes à contempler Wakayama. Puis, il appela un taxi, indiqua au conducteur sa destination et s’installa. Allan devait en fait rendre visite à un ami d’enfance, Israel Kaufmann.
Le taxi démarra. Durant son court trajet, Allan eut le temps de voir le fameux château de Wakayama et surtout son donjon. Cette tour qui servait jadis comme demeure au seigneur comportait plusieurs étages. Le toit était composé de tuiles noires. Le taxi s’arrêta.
Allan se trouvait devant une splendide maison traditionnelle. Construite entièrement en bois, elle ne possédait aucun étage. Il appuya sur la sonnette en recoiffant ses cheveux. Une voix rauque lui répondit :
- Qui est là ?
- C’est Allan.
Un homme de très grande taille vient lui ouvrir la porte. Le cheveu châtain, il avait de petits yeux marron, un nez épaté et un grand menton. Il le salua de manière chaleureuse. Puis, Israel fit signe à Allan de le suivre. Le jardin était bien entretenu. Il était composé de pierres de granit, d’arbustes et de fleurs variées tels les rhododendrons. Un cerisier aux fleurs roses se situait au centre.
Israel entraîna Allan vers l’entrée de sa maison. Le plancher semblait surélevé. Les murs étaient largement ouverts. De nombreux panneaux coulissants, les shoji, remplaçaient les traditionnelles cloisons et fenêtres fixes.

Allan arriva dans un salon traditionnel. L’ameublement était réduit au strict minimum se résumant à une table basse et des coussins. Le mobilier était facilement transportable. Allan s’installa.

Israel appela sa femme, Naomi, pour parfumer la pièce. Elle posa le brûle-parfum qui assainit le salon, au bout de quelques minutes.
- Eh, bien ! Ça fait longtemps, mon ami qu’on ne s’est pas revu. Hein, Allan ? Prononça Israel avec fébrilité.
- Oui, cher compère. Je suis là pour te demander un petit service, dit Allan.
- Tant que ça ne touche pas l’argent… Tu me connais, hein ! Répondit-il d’un faux rire.
- Tu n’as décidément pas changé. Je voudrais passer quelques jours chez toi, avant que je ne trouve une maison.
Israel réfléchit durant un certain temps avant de répliquer :
- Oui, avec joie !
Naomi, habillée d’un kimono orné de fleurs, arriva avec du thé. Elle disposa les tasses avec délicatesse, avant de s’en aller. Allan goûta avec plaisir le Sencha.
TUE !
Le son résonna dans sa pensée. Allan vit subitement sur son verre, une tête avec d’innombrables furoncles. Le nain ! Puis, un visage pâle et familier…
TUE !
Le son lui éclata les tympans. Allan sentait qu’il venait de plonger dans une eau glacée. Il ne voulait pas y penser… Non ! Pour l'amour de Dieu ! Non ! Puis, il sentit ses membres fléchir, comme s’il n’était plus que poussière…
Allan se réveilla en sursaut. Il se trouvait devant Israel qui le regardait avec des yeux ronds.
- Qu’est-ce qui t’a pris ? Hein, Allan ? Demanda Israel.
- Où suis-je ? Murmura Allan.
- Tu ne croyais pas que j’allais te payer l’hôpital. Hein ?
Allan était allongé sur le coussin du salon. Il se sentait mal à l’aise. La sueur perlait sur son visage. Pour lui changer les idées, Naomi proposa aux deux compères de visiter la ville. Israel accepta, mais, en revanche, Allan devrait payer tous les frais.
De prime abord, Wakayama était une ville de bord de mer, à la teinte grise, avec son port et ses usines. Mais, Allan pensait qu’elle devait renfermer quelques lieux magnifiques.
C’est pourquoi Allan et Israel louèrent des bicyclettes. Ils longèrent la côte, le vent fouettant leurs cheveux. Ils se dirigèrent vers le château de Wakayama, situé au centre de la ville. Son parc était aménagé en zoo.
Les deux amis pénétrèrent au cœur du château. Bâti par Toyotomi Hideyoshi puis détruit, il fut reconstruit. Les murs composés de grosses pierres étaient de toute beauté.
Israel alla aux toilettes. Allan resta debout en train de contempler le plafond du château. Soudain, une femme bondit sur lui. Surpris, ce dernier sursauta et la repoussa. Cheveux blancs et raides, yeux globuleux, visage ridé, ses traits étaient immondes.
- Qui êtes-vous ? Demanda Allan.
- Je me prénomme Korku. Je suis venu vous parler, prononça la femme d’un ton désagréable.
- Je suis navré. Mais, je suis occupé...
Il voulut se dégager. Mais, la vieille Korku le retint avec force, le dévisageant d’un regard malsain.
- Comme vous voulez mon cher. Mais, sachez que vous vous apprêtez à sombrer dans les tréfonds de l’horreur...
Korku eut un rire désagréable puis s’en alla. Israel était alors de retour.
Allan et Israel enfourchèrent leur vélo en direction du Sud, là où le littoral semblait être le plus favorable. Allan ne cessait de repenser à l’inquiétante Korku. Qui était-elle ? Avait-elle une relation quelconque avec ses visions ? Ils rejoignirent le bord de mer.
Allan avait tout oublié. Enfin la plage, le sable et la mer. Il plongea dans l'eau froide. Le corps fatigué d’Allan revivait… Il flottait dans l'eau. Soudain, Allan se perdit dans ses pensées.
TUE !
Il se revoyait dans un parc, assis devant une femme aux cheveux noirs. Elle riait… L’image réconfortante laissa place à celle de ce nain tâché de sang. Cette horreur portait d’énormes ciseaux et s’esclaffait…
Allan sursauta. Il avait peur. Il frémissait. Quelles étaient les raisons de ses visions fréquentes ? Korku en était-elle la cause ? Il essaya de cacher sa crainte à Israel. Les deux compères revinrent le soir.
Naomi prépara des umeboshi, placées au centre d'un lit de riz blanc, ce qui avait en plus l'avantage esthétique de reproduire le drapeau du Japon. Allan n’avait pas faim et se contenta de goûter aux prunes salées.
Après que Naomi s’endormit, Allan et Israel décidèrent de passer la soirée ensemble en souvenir du bon vieux temps. Ils burent de l’alcool à grands traits.
Minuit sonna. Ivre, Israel regagna sa chambre, en titubant. Allan, lui, s’allongea dans le salon et sombra dans un long sommeil.

Chapitre 2 : Le monde alterné

TUE !
Allan se réveilla en sursaut. Il se trouvait dans une petite pièce à faible éclairage. Il était solidement attaché sur un lit muni de roulettes. Les murs étaient tachés de sang et grouillants. Le sol était crasseux. Allan vit sur un des murs l’inscription suivante : « TUE ! » Il frémit. Une voix désagréable envahit la salle.
- Je vais t’opérer, mon petit ! Sois sage ! Ha ! Ha !
Allan était pétrifié. Il avait peur, vraiment peur. Il vit la porte s’ouvrir, alors qu’il essayait de se détacher de ses liens. Le nain ! L’inconcevable, l’innommable monstruosité, apparut, avec d’énormes ciseaux. Ses cheveux étaient crasseux. Il avait d’énormes scarabées à la place des yeux. Son nez était crochu et pointu. Ce qui semblait être son visage était empli de furoncles.
La créature de petite taille approchait de lui…
Son cœur était sur le point d’exploser. Allan hurlait de toute la force de ses poumons. Il le regardait, impuissant, en train d’approcher… Il arriva devant son lit.
- Par pitié ! Supplia Allan.
Mais, la chose riait et le regardait avec dégoût. Elle cria « TUE ! ». Puis, elle se tourna pour chercher quelque chose. Pendant ce temps, Allan essayait de détacher ses liens en se trémoussant.
Pourvu que Dieu soit avec moi, ne cessait de penser Allan.
Son cœur bondissait. La peur lui glaçait le sang.
Allan arriva, avec difficulté, à libérer sa main gauche. Le nain se tourna pour peut-être lui injecter une piqûre avec je-ne-sais quel liquide.
- Ça va te détendre, avant que ne t’ouvre l’estomac ! Dit-il d’une voix enjouée.
L’horreur s’avança vers son lit. Allan saisit de sa main libre sur une table une bouteille au contenu crasseux. Il la lança sur la perfidie en personne. Elle hurla d’une voix si aiguë qu’Allan sursauta. Il se dégagea en se tortillant, de plus belle. Puis, il sortit de la chambre d’hôpital, le plus rapidement possible.
Allan se retrouva dans un long couloir. La tapisserie était lacérée, gluante comme de la confiture. Les murs étaient pleins de sang et Allan ne voulut imaginer les horreurs qui s’y étaient accomplies dans l’ombre. Où était-il ? Comment avait-il atterri là ? Plusieurs questions tournoyaient dans son cerveau torturé.
Allan voulait sortir. Mais, comment ? Peut-être rêvait-il ? Mais, c’était impossible. Il était entièrement conscient de ses actes. Allan était terrorisé, terrifié, horrifié. Un silence désagréable envahit le couloir.
Allan entendit le bruit des ciseaux. Le nain le suivait ! Sans réfléchir, il ouvrit l’une des nombreuses portes. La salle était sombre. Il ne voyait plus rien. La respiration haletante et les membres ankylosés, Allan sentait la peur l'envahir. Il perçut un bruit faible, mais inquiétant.
Quelque chose approchait de lui…
Quelque chose qui rampait sur le sol…
Quelque chose de terrible…
Allan sursauta. Il chercha l’interrupteur de la chambre. Après plusieurs tâtonnements rapides, il y cliqua. La lumière emplit la pièce.
Soudain, un monstre apparut subitement. Il ne possédait ni de pied, ni de visage. Un sac couvrait le haut de son corps. Il se déplaçait lentement et balançait de l'acide. Allan hurla.
Une voix désagréable lui répondit :
- Je viens !
Allan était, cette fois, paralysé de peur. Il voulait courir, mais ne pouvait plus rien faire. Le monstre rampait vers lui en geignant tandis que le nain approchait de la pièce. Le monstre cracha de l’acide.
Allan esquiva l’attaque. Il saisit un couteau sur le sol et le planta dans le sac du monstre. Celui-ci se gonfla en poussant des plaintes déchirantes. Puis, il disparut dans une lumineuse explosion.
La porte de la pièce s’ouvrit. Le nain ! Il portait d’énormes ciseaux. Une haine sans nom colorait sa peau d’un rouge soutenu. La monstruosité semblait s’apprêter à lui enfoncer ses énormes ciseaux au fond de l’estomac.
- Arrêtez ! Demanda Allan.
- Tu me fais rire, petit mortel.
- Où suis-je ?
- Dans l’abîme, dit le nain.
- L’abîme ?
La chose ne l’écoutait plus. Elle dirigea son énorme ciseau sur lui.
Maman, j’ai peur…
Allan ferma ses yeux. Il ne voulait plus voir ces démons semblant surgir de nulle part. Il était horrifié. Il sentit une main poisseuse le heurtant au sol. Le sang coulait sur son visage blafard.
Allan imagina que le monstre allait le mutiler à coups de ciseaux. Mais, avec un énorme courage, il ouvrit les yeux. Il n’en pouvait plus. La peur l’envahissait. Allan vit les ciseaux approcher de son ventre. Mais, il lança le couteau qu’il tenait.
L’arme blanche se planta dans la main du nain. Son cri semblait déchirer l’atmosphère. Des larmes rouges et brillantes sortirent de ses deux yeux injectés de sang. Son regard était diabolique.
Allan ne pouvait pas s’échapper. La peur lui paralysait les membres. Aucun cri ne pouvait s’échapper de sa bouche sèche. Quand les larmes touchèrent le sol, deux énormes… ÉNORMES scorpions apparurent. Ils possédaient des pinces d’une taille inimaginable.
- Attrapez-le ! Cria le nain d’une voix qui trahissait son énorme colère.
Les scorpions s’exécutèrent. Ils s’approchaient vers… vers lui. Allan cria, hurla, beugla, suffoqua… Mais, personne ne semblait l’entendre. Les scorpions l’attrapèrent à l’aide de leurs pinces. Ils l’emmenèrent vers le nain qui prit ses énormes ciseaux.
Allan se débattait, de toute sa force. La sueur perlait sur son visage. Le nain, le monstre, l’horreur posa délicatement son ciseau sur le ventre proéminent de sa future victime.
Allan ne pouvait plus rien faire.
Adieu, mon ami ! pensa-t-il.
Puis, il sentit les ciseaux lui trouer l’estomac. Il cria… hurla... vociféra… Mais, rien n’y fit.
La souffrance était insupportable. Le nain, lui, semblait rire.
Ha ! Ha !
Les ciseaux pénétraient les entrailles d’Allan. Il assistait, impuissant, à son châtiment. Il voyait son ventre ouvert alors que le nain le taillader comme une vulgaire poule.
J’ai mal !
Aïe ! Que je souffre !
Aïe ! Vous me blessez !
Maman !
Allan n’en pouvait plus. La respiration haletante, il sentait son corps faiblir. La peur mêlée de la douleur le faisait frémir et hurler. Le nain, lui, riait, se moquait, s’éclaffait.
Allan commença à sentir un vertige incontrôlé. La pièce tournait dans sa tête, suivie du visage infâme du monstre. Sa vision commença à se dégrader. Des points noirs lui brouillaient la vue. Ils ne cessaient d’augmenter.
La douleur arriva à son comble. Il n’en pouvait plus… Allan cria de toute la force de ses poumons sous le rire du monstre aux ciseaux énormes.
À présent, il ne voyait plus rien, il ne sentait plus rien. Allan perdit connaissance…
Allan se réveilla. Il pouvait encore voir !
Mais, pourquoi ? Était-il mort ? Et, où se trouvait-il ?
Allan était dans une sorte de vide. Tout était d’un rouge clair. Son corps flottait.
Soudain, une femme au visage pâle apparut.
- Tu te souviens de moi ? Murmura-t-elle d’une voix étrange.
Allan sentit des larmes, des larmes brûlantes surgirent de ses yeux. Puis, il répondit :
- Oui, Lily. Je… t’aime…
C’était Lily, sa femme sous l’apparence d’un fantôme. Elle était morte depuis une semaine et c’était la raison de sa venue au Japon.
Allan avait caché ce secret à ses proches. Après sa mort, il était entré dans un état dépressif. Il buvait, se droguait pour tout oublier.
Lily rompit le silence en chuchotant :
- Le nain… Il t’a tué !
- Oui, répondit-il.
- Je te redonne une seconde chance pour tout recommencer. C’est ton dernier espoir.
- Je te suis reconnaissant. Mais, où sommes-nous ?
- Entre la vie et la mort. Maintenant, écoute-moi bien ! Tu dois mettre fin au jour du nain. Sur ce, bonne chance, mon cher !
Lily le regarda. Son visage était sans expression.
Puis, elle disparut…
Allan resta là en train de pleurer. Sa femme… l’unique personne qui comptait dans sa vie… Elle, qui l’avait soutenu dans de difficiles épreuves.
Un trou béant apparut comme par magie. Allan s’approcha de lui avant d’y pénétrer…
Il plongeait… dans le vide à une vitesse hallucinante.

Chapitre 3 : Seconde chance

Allan arriva dans la chambre d’hôpital. Maintenant, il devait tout refaire. Plus aucune erreur n’était permise. Solidement attaché sur un lit muni de roulettes, Allan commença à se trémousser. Puis, une voix familière retentit dans la salle :
- Je vais t’opérer, mon petit ! Sois sage ! Ha ! Ha !
Allan n’avait plus peur. La porte s’ouvrit brutalement. Allan essayait de se détacher de ses liens. Le nain approchait de lui…
Allan ne hurlait plus, mais essayait de se libérer. Il sentit une colère énorme s’emparer de lui.
Au lieu de le supplier, il lui cracha sur la figure en signe de vengeance.
- Tu ne fais pas peur, sale vermine ! Insulta Allan.
Allan ne tarda pas à comprendre qu’il avait commis une grande erreur…
La chose était vexée et elle ne tarda pas à saisir... une TRONÇONNEUSE !
Mon Dieu ! Pensa Allan.
Le monstre actionna la scie mécanique. Durant ce petit laps de temps, Allan était arrivé à se détacher de ses liens.
Maintenant, Allan avait énormément peur. Il frémissait et claquait des dents comme s’il était plongé dans une eau froide…
La tronçonneuse passa devant le cou d’Allan. Mais, heureusement, elle ne le toucha pas. Allan saisit une bouteille quelconque et la darda sur le visage du nain. Ce dernier cria de rage.
Le monstre reprit sa tronçonneuse et s’approcha d’Allan. Le bruit de l’engin résonnait dans la salle tel un écho. Allan voulait courir, mais il trébucha. Il avait mal au pied. C’était trop tard ! Il ne pouvait plus se lever.
Le nain s’avança vers lui…
Allan était paralysé de peur… Il ne voulait pas mourir. Non ! Par Pitié !
Le monstre arriva devant lui. Il saisit sa tronçonneuse et attaqua.
Maman !
Allan essaya d’esquiver le coup. Mais… il échoua… Il avait extrêmement mal. Le pauvre souffrait. Son bras gauche se détacha et arriva sur le sol. Du sang coulait abondamment de sa blessure.
Le nain, lui, s’en moquait. Allan se leva et, avec une énorme colère, prit un clou très long. Il troua ce que semblait être l’œil du monstre, alors que ce dernier était occupé à rire.
Le cri qui suivit sembla déchirer, lacérer l’atmosphère à coup de lames… Allan devait en finir avec ce nain. Mais, comment ?
Il sortit de la chambre et se retrouva dans l’étroit couloir. Il courut à l’extrémité de celui-ci. Maintenant, il devait trouver une idée.
Allan réfléchit quelques secondes et imagina un stratagème très ingénieux, mais qui dépendait de sa chance. Il entendit, le nain criait :
- Montre-toi que je te tue, mortel !
- Je suis là, petit crétin ! Répondit-il.
Allan laissa le monstre approcher. Il retira de sa main valide sa chemise et l’enroula dans le tapis collant. Puis, il attendit sereinement.
Le nain approchait. Ses pas produisaient un son inquiétant. Le monstre arriva enfin. Il tenait ses énormes ciseaux, cette fois-ci.
Sans crier gare, Allan bondit sur le nain et le recouvrit de sa chemise. Son ennemi lâcha ses ciseaux et essaya de se libérer, en hurlant. Allan souleva les ciseaux et…
Non ! Il ne pouvait pas…
Il ne voulait pas…
Puis, le visage de Lily apparut dans sa pensée torturée et tiraillée de tout sens. Pour sa femme, il allait tuer le nain et ainsi en finir avec lui. Allan saisit avec crainte les ciseaux. Puis, il l’enfonça dans le ventre du monstre…
Aïe !
Aïe !
Aïe !
Le nain criait de toute sa force. Le hurlement, la plainte retentirent dans le couloir.
- Tu vas me le payer, petit mortel. Non ! NON ! Tu m’as détruit. Tu m’ENTENDS !
Des centaines de cloques parsemèrent son corps. Allan regardait avec crainte ce spectacle offert à ses yeux.
Des insultes, des hurlements stridents, des geignements étaient lancés par le nain.
Les membres du monstre commencèrent à se détacher comme de vulgaires peaux de banane. Un bain de sang recouvrait, à présent, le sol.
Puis, le nain cria pour la dernière fois. Son hurlement déchira l’atmosphère.
Le monstre était enfin mort !
Des siècles passèrent… Le temps était immobile, suspendu…
Allan était resté là assis sur le sol. La mission complétée, il attendait de connaître la suite. Peut-être retournera-t-il chez Israel ? Où retrouvera-t-il sa Lily aux yeux de biche ?
Mais, où était-il réellement ?
Qui faisait-il ici ? Que voulait le nain ?

Allan patienta, durant un certain moment, tandis que les questions tournoyaient dans sa pensée telle des mouches volantes.
Puis, soudain, apparut une femme.
Allan se leva subitement. Korku s’avança devant lui. Elle portait une longue cape noire et un châle de la même couleur sombre.
- Bonjour, dit la vieille femme.
- Bonjour, répondit Allan d’une voix qui trahissait l’étonnement et la surprise.
- J’ai une révélation à te faire !
Allan frémit légèrement. Puis, il acquiesça d’un signe de tête.
- Lily était tombée malade, il y a quelques semaines.
- Je le sais bien. Je n’ai guère envie de replonger dans ce cauchemar, interrompit Allan.
- Tu ne dois pas avoir peur de ton passé.
Korku toussa et continua d’une voix calme :
- Tu l'aimais vraiment fort, mais cet événement chamboula tout dans ton couple. Tu avais beau tout faire pour sauver ta bien-aimée, la maladie, incurable, finirait par l'emporter inéluctablement. Devenue hystérique, jalouse de ta santé, Lily te renvoyait lorsque tu venais pour t'occuper d'elle. Pour toi, la Lily que tu connaissais n'existait plus. Les moments heureux que ton couple avait partagé n'étaient plus. Le début de la maladie était synonyme de la mort de ta femme, et tu ne pouvais plus supporter ta situation.
Allan versa des larmes. Korku reprit la parole :
- Avant d’arriver au Japon, tu as tué Lily en l'étouffant de tes propres mains. Tu voulais te libérer de cette présence, mais tu désirais également sauver ta bien-aimée de la souffrance. Après le meurtre, une ombre profonde et obscure s'installe dans ton cœur. Le choc d'avoir commis un meurtre te fond, t'enfermes dans un monde alterné créé par ton propre esprit pour te punir du meurtre. Mais ne pouvant supporter le poids de ton crime, tu te rends coupable de la maladie en pensant que Lily est morte en raison de la maladie. Le monde alterné est ta création. Tu vois cette vision horrible pour te punir. Ainsi, tous ceux qui ont commis un meurtre voient ce monde alterné de manière plus ou moins différente. Lorsque le meurtrier avoue son crime, le monde alterné disparaît.
Allan pleurait de plus belle. Il comprenait tout à présent. Il se remémora avec douleur son meurtre.
- Les monstres que tu as croisés sont des créations de ton imagination. Ils symbolisent la souffrance et le fantasme. Le nain est le bourreau qui exécute ta punition. Il est donc là pour t’aider à te rappeler de ton meurtre. Le fantôme de Lily représente l’amour profond que tu éprouves pour elle. Et moi, Korku, est là pour te rendre la raison.
Korku s’approcha d'Allan. Puis, elle marmonna quelques incantations d’une voix faible. Il se laissa faire. La souffrance, la culpabilité, la crainte lui tranchaient le cœur.
- Maintenant, tu es lavé de tes péchés.
Korku disparut. Allan se retrouva dans le salon d’Israel. Il était quatre heures du matin. Il ne savait plus quoi penser.
Venait-il de rêver ou était-ce réel ?
Allan ne voulait plus vivre ce fardeau. Il voulait rejoindre sa bien-aimée maintenant qu’il s’était rappelé de tout.

Allan rédigea une lettre suivie du récit de son expérience. Puis, il sortit de la maison d’Israel, le vent fouettant ses cheveux…


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Cela fait longtemps que je n'ai pas remis les pieds sur le forum. Durant ce moment d'inactivité, j'ai pu m'entraîner, affiner ma plume et apprendre plusieurs astuces. Certes, je sais bien :chirup_memo1: qu'il me reste un long chemin à parcourir. J'ai rédigé une nouvelle durant quelques semaines. :lang: Je vous serais reconnaissant si vous lisez ma rédaction.

L'histoire est finie. Je suis à présent entièrement à votre écoute :type: .

Mes inspirations tiennent plus de Stephen King, Rowling et autres.

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Re: Le Châtiment

Messagede comme » 20 Mar 2010 15:32

Je ne suis pas lecteur d’héroïque sans fantaisie et je me suis s’arrêté de te lire quand le train s’est branlé.
Edgar Allan Poe, par contre je l’ai dégusté plus d’une fois. Ses nouvelles sont subtilement construites. Si ses histoires sont extraordinaires, elles ne sont pas invraisemblables, ce qu’est hélas, tristement ton histoire. Relis Poe, relis-toi et corrige…consulte une grammaire aussi.
La Grille est un moment terrible pour la sensibilité, la matière. Antonin Artaud
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Re: Le Châtiment

Messagede Karot » 04 Avr 2010 12:31

Prologue repompé sur une histoire d'E :33:
Ceci n'est pas un message automatique, vous êtes autorisés à y répondre
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Re: Le Châtiment

Messagede Bonnny » 16 Avr 2010 23:38


Oui, tu as en effet déjà bien amélioré l'ensemble.
Mais il faut à nouveau le reprendre, dans quelques temps.
Il y a encore nombre de phrases lourdes, de mots surajoutés.
Réduits, concentre, va à l'essentiel. Exemple :
Cette tour qui servait jadis comme demeure au seigneur comportait plusieurs étages. Le toit était composé de tuiles noires.

Cette tour, qui fut jadis demeure seigneuriale, comportait plusieurs étages couronnés d'un toit de tuiles noires.

Et des répétitions à l'infini : les ciseaux pointus (lame acérée, arme, tranchant, etc ...): trouve des façons d'éviter ces répétitions inélégantes. Idem pour la peur ou le nain. trouve des synonymes et des images pour varier les mots.
Sinon, et bien tu as une vraie histoire un peu cachée derrière toutes ces maladresses.
Bon courage !
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Re: Le Châtiment

Messagede Hämärää » 17 Avr 2010 7:35

Quant à moi, je trouve que les détails à outrance gachent un peu l'histoire.

Exemple:
Arès a écrit:Il était composé de pierres de granit, d’arbustes et de fleurs variées tels les rhododendrons.


Soyons francs: tout le monde s'en fiche. C'est du granite, du grès, du marbre... Quelle différence? Est-ce que ça apporte quelque chose à l'histoire? Est-ce que la nature de la pierre apporte une ambiance générale à ton histoire? A-t-on besoin de savoir de savoir de quelle carrière elle a été extraite et par qui elle a été taillée? Si les rhododendrons ont été arrosés récemment avec un petit arosoir en forme d'éléphant?

Tu écris un roman, pas un guide touristique. Le lecteur n'a pas besoin de savoir si les toilettes sont propres et la couleur du plafond.

Contente-toi de donner les détails pertinents: "La pierre gris clair contrastait avec les multiples couleurs de fleurs du jardin".

Un autre exemple:
Arès a écrit:Le mobilier était facilement transportable

De même, ici, on a l'impression que le narrateur prépare un cambriolage. Le poids du mobilier n'a aucun intérêt.

Néanmoins, je te souhaite de continuer et de retravailler tout ça: c'est comme ça qu'on s'améliore, progressivement! :2:
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Re: Le Châtiment

Messagede Azlyght » 17 Avr 2010 8:22

deux choses m'échappent : à quoi sert Mme Ozumi? Et pourquoi fais-tu se vomir dessus ton héros ? Ca me semble tout de même étrange que le type se balade toute la journée avec sa chemise sale et le vive bien.
La profusion de noms japonisants donne également une tonalité parodique au texte, ce qui n'est à mon avis pas ton intention.
Je rejoins Häm sur ce point : évite de multiplier les descriptions qui ne sont pas pertinentes ou qui tombent sous le sens comme "des fleurs de cerisier roses" (j'en ai rarement vu des oranges) ou "c'est une maison traditionnelle, elle a des portes coulissantes" (comme n'importe quelle maison traditionnelle japonaise ?).
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Re: Le Châtiment

Messagede Bonnny » 18 Avr 2010 0:30


Arès, tu vas avoir de quoi y passer toutes tes vacances estivales ! !
Surtout si nous continuons a te signaler des points à corriger.

Bon, on te laisse respirer jusqu'à ta prochaine mouture, promis ! :languee:
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Re: Le Châtiment

Messagede Hämärää » 18 Avr 2010 8:51

Bonnny, pourquoi prends-tu ces décisions à notre place? Mon consentement n'est-il pas une chose qui te tient à coeur? :glace:
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Re: Le Châtiment

Messagede Arès » 18 Avr 2010 15:51

Tout d'abord, je tenais à vous remercier pour vos critiques très intéressantes :-). Il reste plusieurs choses à améliorer dans Le Châtiment. Mais, pour l'instant, je voudrais :hm: m'attaquer à un autre récit.

Dans cette nouvelle, j'ai voulu jouer sur l'ambiguïté du lecteur, son ressenti :ftn: . Je désirerais aussi :aucune-id: que vous répondez si possible à ces questions :

* Avez-vous lu tout la nouvelle ?
* L'avez-vous aimé ?
* Quelle a été votre réaction en apprenant le secret d'Allan ?
* Comment trouvez-vous mon style d'écriture ?
* Avez-vous eu peur (Je sais bien que c'est non mais bon !) ?

Vous pouvez répondre avec liberté à toutes ces questions ou non. :hfs:
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Re: Le Châtiment

Messagede Azlyght » 19 Avr 2010 17:11

* Avez-vous lu tout la nouvelle ? oui
* L'avez-vous aimé ? pas particulièrement, je l'ai trouvé un peu prévisible
* Quelle a été votre réaction en apprenant le secret d'Allan ? je me deisais bien qu'il devait avoir tué sa femme
* Comment trouvez-vous mon style d'écriture ? un peu lourd, trbeaucoup de répétitions et de passages qui n'apportent rien
* Avez-vous eu peur (Je sais bien que c'est non mais bon !) ? non pas vraiment
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Re: Le Châtiment

Messagede Arès » 24 Avr 2010 13:41

Merci pour vos critiques très constructives :-).

Je m'oriente vers un autre projet très différent de celui-ci. Je modélise, pour l'instant, l'histoire :type:. Mais, je possède une idée très précise de mon objectif. :zikkk: Je ne commettrais pas une seconde fois les mêmes erreurs. Promis !

A bientôt :hi:,
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