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Chapitre second :
Au palais, c'était l'effervescence absolue ! Dans toutes les pièces du château, surtout dans la salle où se déroulerait le banquet, vallets, servantes, architectes ... se pressaient. Ils avaient tous le regard nerveux, excité. C'était la première fois qu'une aussi grande fête aurait lieu. Tous les rois du monde auraient voyagé pour venir assister à ce grand banquet, alors il fallait être à la hauteur de leurs éspérances. Frahj, le roi, observait tout ça, l'air soucieux. Toutes les minutes, des vallets venaient lui demander les ordres et le seigneur leur répondait ceci ou cela. Il fallait que tout soit absolument parfait. Entrant sans bruit par les grandes portes de bois, Eïdril darda partout un regard excité. Il vit alors son père, debout, près de la fenêtre. C'était un vieil homme, fier, qui aimait monter sa richesse et sa puissance. Il avait de longs cheveux gris et blancs, épais, volumeux, qui retombaient en arrière. Sa peau gonflée, toute rouge, était parsemée de boutons noirs qui semblaient ne pas vouloir disparaître. Et personne ne connaissait de remèdes. Toujours très gentil avec ses enfants, il n'en montrait pas moins aux pauvres qui venaient mendier et demander sa clémence. Toujours, il leur donnait un peu de pain de seigle, ou des bacs entiers remplis de blés ou de farines, ou de la viande. Mais, ensuite, les pauvres n'osaient plus rien demander. Il ne fallait pas abuser, c'était un roi. Il portait une longue robe blanche en brocard, décorée de riches ornements en or ou en cristal. Il resplendissait, malgré son visage soucieux et sombre. Eïdril s'approcha de lui et l'aborda : - Papa, qui y aura-t-il exactement ce soir ? Son père sursauta et le regarda longtemps avant de répondre : - Pourquoi cette question ? - Et bien, dit son fils, juste pour savoir. - Je ne sais pas vraiment, il y aura Albaron, le roi du pays voisin, Niyak, le roi du pays voisin de notre pays voisin, et tant d'autres, la table sera énorme. Et il y aura en particulier, un homme, un enchanteur du nom de Sadik. Maintenant, vas-donc te préparer, ce soir arrive bientôt. Frahj souria chaleureusement au garçon. Eïdril se retourna, sortit, traversa de nombreux couloirs. Ce château était un vrai labyrinthe. Mais il le connaissait par coeur. En passant devant les cuisines, il huma profondément l'air. Des odeurs délicieuses de viandes rôties, de soupe de légumes, de fruits et autres mets royaux se transfusaient en lui. Il resta un instant là, à laisser ces bons parfums apaiser son esprit. Tout ça lui mettait l'eau à la bouche. Il se demandait comment se comporter devant tant de personnes royales. Son père était une personne royale, mais c'était son père ... Puis, il se précipita dans sa chambre pour se laver. C'était la salle au fond du couloir, une pièce très bien rangée. Son lit à badalquin était très grand, il occupait le quart de la surface de la chambre. Il entra et au moment où il s'assit sur son lit, on frappa à la porte. - Entrez ! cria-til . Olivia passa la tête par l'ouverture. Eïdril sourit. C'était sa servante. Elle entra et referma la porte. Qu'elle était mignonne dans sa robe blanche, et son corsère rouge que serrait un joli noeud papillon. Ses cheveux blonds, ondulés, tombaient en cascade sur ses yeux verts en amandes. Dans ses mains, elle portait une grande robe vert pâle en brocard, avec un col noir. - Enfilez cela, prince. Eïdril se leva et dit : -Olivia, je t'ai déjà mille fois que tu pouvais m'appeler par mon nom, cela dit, ça me flatte beaucoup ! Les deux jeunes gens rirent ensemble. - Oui, Eïdril, mets-ça, je ne te regarde pas ! Olivia se retourna. Quand même gênée , Eïdril ne fit rien que de regarder la tunique. Olivia se tourna vers lui et dit : - Tu n'aimes pas ? - Si si, mais, moi, vois-tu, je suis très pudique, alors, j'aimerais que tu sortes de ma chambre, je t'appelerai quand j'aurai fini ! La servante le regarda, amusée. - Vos désirs sont des ordres, votre Altesse, dit-elle en sortant de la chambre. Le garçon se deshabilla et enfila la tunique. Cela lui Allait parfaitement. Les lignes de son corps étaient bien perseptibles. Il se regarda dans un grand miroit où il se voyait de la tête au pied, cet habit lui donnait faussement l'air d'un ménestrel. - Olivia, tu peux entrer, pensa-t-il. Comme répondant à sa pensée, elle entra et le rejoignit. - Cela te va à ravir, ça te plaît ? - Biensûr que ça me plaît, c'est toi qui l'a cousu, tu as des doigts de fée ! Etonnée, sa servante répondit : -Comment le sais-tu ? Pous rimple réponse, Eïdril chuchota : - Je suis voyant, tu le sais très bien. - Non, je ne savais pas cela moi ! - Si tu le savais, mais là n'est pas la question, où seras-tu pendant le banquet, toi ? - Moi ? Je serai en cuisine, attendant que les cuisiniers finissent les derniers plats pour les apporter sur les tables. J'ai de la chance, je fais partie des dix servantes qui pourront approcher ces nobles personnes, en apportant les plats, nous devons les placer à côté d'eux, pour qu'ils soient servis en premier. Et de temps en temps, nous devrons leur demande si tout se passe bien et satisfaire leur besoin. - Alors, je te verrai ? demanda le garçon. - Oui, mais un bref instant, nous n'aurons pas le droit de discuter personnellement avec qui que ce soit. Je te sourirai. Bon, je dois partir, pour aider les autres aux derniers prépratifs de cette fête, et une dernière chose, je jouerai du violon dans l'orchestre de ce soir, alors tu as intêret de m'applaudir. - Pour ça, ne t'inquiètes pas, je n'y manquerai pas, ma belle. Puis il lui sourit. Entre prince et servante, ils avaient une grande complicité. A un point qu'Eïdril en tombait presque amoureux. Presque. - Bon, j'y vais. Olivia s'en alla sans se retourner et Eïdril se retrouva seul, dans sa chambre.
_________________ Telle une flèche d'argent, le dauphin file à travers les milles profondeurs de la mer ...
Dernière édition par Louve45 le 15 Juin 2009 5:44, édité 2 fois.
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