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Chapitre sixième
Des oiseaux-siffleurs bourdonnaient à l'oreille d'Eïdril. Les premiers rayons de soleil essayaient de pénétrer dans ses yeux. D'où provenait toute cette lumière ? Le garçon fermait tous les soirs les rideaux de sa chambre. Il leva une paupière, puis l'autre. Olivia était assise sur son lit, un plateau garni sur les genoux. Son petit-déjeuner. - Ah, te voilà enfin réveillé, gros ronfleur, je t'ai préparé ton petit-déjeuner. - Merci, répondit Eïdril, en se redressant. Il attrapa le plateau. Des croissants, un bol de lait chocolaté. Il déchiqueta un croissant quand il remarqua que sa servante lui souriait bizarrement. Elle commença à ramper vers lui. Eïdril fut pris d'un désir fou pour elle. Mais au moment où il voulut l'embrasser, elle mordit le garçon au cou, lui offrant une douleur Atroce. C'était une sorte de vampire. Mais vite, Eïdril se réveilla en sursaut. C'était un rêve. Mais, Olivia était là. Cette fois, elle lui souriait normalement. Elle n'avait pas de plateau. - Ah, te voilà enfin réveillé, gros ronfleur. Eïdril sursauta. - Je te préviens, tu mords, je mords ! - Quoi ? Mais il n'a jamais été question de te mordre, Eïdril, répondit-elle, décontenancée. - Excuses-moi, j'ai fait un mauvais rêve où tu me mordais. - Et bien, tu en as de l'imagination, toi ! dit-elle en riant. Olivia se leva et commença à examiner la chambre. Encore une fois, Eïdril la trouvait sublime, il aurait voulu l'embrasser, mais, il ne pouvait pas. Leur si belle amitié serait gâchée. Eïdril jeta un regard oblique vers le rouleau et le saisit. A ce moment-là, l'image de la clé revint. Mais en même temps, un cri strident de fille. Puis il revint à lui. Olivia était tapie derrière une armoire, le regard inquiet fixé sur lui. - Qu'est-ce-que c'était ? fit-elle d'une voix tremblante. - De quoi ? Toi aussi tu as vu la clé ? - Quelle clé ? Moi, je te parles de toi, tu ne t'es pas rendu compte de ce qui t'arrivait ? - Hein ? - Tes yeux étaient rouges ! Insufflés de sang ! Et tu tremblais ! On aurait dit le diable ! - Abon ? A ce moment-là, moi, j'ai vu une ... - Oyez-moi ! Oyez-moi ! l'interrompit une voix. Un garçon à peine âgé de dix ans arrivait. Jel. Lorsqu'il arriva dans la chambre, il regarda, d'un œil suspect, tour à tour Olivia et son grand-frère. - Hou ! Y a de l'amour dans l'air, là ! Exaspérée, Olivia l'éjecta dehors. Le garçon continuait à crier dans les couloirs. Puis elle regarda Eïdril. - De l'amour dans l'air ? Du foutage de gueule en l'air, ouais.. Puis elle éclata de rire. Elle était gênée.
Eïdril se lava, s'habilla comme un simple paysan, et se rendit directement dans la chambre de sa soeur. Elle était assise sur son bureau à noircir un cahier d'une écriture petite. - Tu écris un livre ? demanda-t-il. Yzéa sursauta et se retourna. - Ce ne sont pas tes affaires ! Eïdril posa devant elle le rouleau que Sadik lui avait donné. - Qu'est ce que c'est ? dit-elle. - A toi de me le dire ! répondit son frère. Elle ouvrit le rouleau et l'examina un instant. - Aucune idée ! lança-t-elle finalement, mais nous devrions aller voir Fehyel, c'est la voyante de la ville. - C'est ce que l'Enchanteur m'a donné, hier soir, et cette nuit, j'ai fait un rêve étrange, à cause de ce papier. - Raconte, fit sa soeur. - Je voyais deux loups, un qui était blanc et l'autre noir. Ils s'appelaient Wonderful et Zraêl. Yzéa se tourna brusquement vers Eïdril et dit : - Tu as dit « Wonderful et Zraêl » ? - Oui, pourquoi ? - J'ai déjà lu un livre ou les deux héros s'appelaient comme ça, c'était deux loups frères à qui on avait donné une mission, créer un monde qui s'appelle « Anawon » . Le garçon tressaillit. Ce mot, il l'entendait partout. - Anawon ? Ils auraient crée un monde du nom d'Anawon, c'est ça ? - Oui. - Et qui y avait-il dans ce monde ? - Comment ça, qui ? - Il y avait des rois, des magiciens, des ... Enchanteurs ? - Non, les deux loups régnaient à eux seuls, comme personnage, il y avait des fées, des elfes, tout ces personnages imaginaires, pas de rois, pas de magiciens, en fait, on les appellait des Enchanteurs, mais il n'y en avait aucun du nom de Sadik. - Etrange, tu ne crois pas ? Nous avons eu la visite d'un Enchanteur, qui m'a donné ce papier jauni, je fais un rêve de ces loups, car sur le papier, il y avait leur nom, tu as lu un livre où ils apparaissent, c'est étrange. Je crois que tu as raison, nous devrions aller voir Fehyel, pour plus d'explications. Yzéa se replongea dans le papier. - Oui, tu as raison, il y a bien les deux noms qui apparaissent sur ce papier. Fehyel habite au fond du village. - Quand y allons nous ? demanda le garçon. - Tout à l'heure. - D'accord. Eïdril prit le parchemin et sans un mot, retourna dans sa chambre. Il le rangea dans un sac et soupira. Tout cela le rendait perplexe. Il devait et voulait comprendre. Ce papier, c'était sans doute, l'élément pertubateur de son histoire, de son conte. C'était ce qui déclencherait l'aventure. C'était ce qu'il devait comprendre. Anawon. Ce monde différent. Qu'apparemment, ces loups avaient crée. Eïdril n'avait pas peur des loups, c'est juste qu'il s'inquiétait quand il les entendait hurler, les soirs de pleine Lune. Mais il savait que ces animaux n'étaient pas ces bêtes monstrueuses qu'on pensait. Et heureusement, son père ne tolérait pas la chasse aux loups. Le soir, quand Eïdril avait la chance d'écouter leurs chants plaintif, il restait assis dans son lit, fermant les yeux, frissonant, frémissant, à la fois émerveillé et térrifié. Ils se réveilla en sursaut de ses rêveries, car, Yzéa venait d'arriver. - Allez , on y va, j'ai réservé deux chevaux. - Déjà ? - Oui, tu es resté au moins une bonne heure à rêver de je ne sais quoi. - Une heure ? - Oui, tu avais l'air plongé complètement dans ton monde. - Tu m'as observé ? - Par l'ouverture, oui, répondit sa soeur, un peu honteuse, tu étais si drôle ! Sans répondre, Eïdril se leva et suivit sa soeur jusque dans l'écurie. D'un bond furtif, le cheval que montait Yzéa sortit de l'écurie et fonça vers la sortie du palais. Après avoir vérifié qu'il avait toujours le papier, il monta l'équidé qu'on lui avait réservé et il rejoignit sa soeur.?
Les deux jeunes gens traversèrent le village, à leur passage, les gens les saluaient, les ayant reconnu. Les chevaux fouguaient à une allure impréssionnante. Un peu éberlué, Eïdril faillit vomir, il n'avait jamais chevauché à une pareille allure. Mais il se retint. Sa soeur, elle, semblait bien joviale, elle criait de joir à chaque fois que sa monture sautait sur un ruisseau. Sa crinière volait. Celle du cheval d'Eïdril aussi. Il suivait le cheval le précédent .
Ils arrivèrent dans un grand plateau. Paysage peu commun. Le sol était si plat, tapissé d'une herbe sèche et plate. Ca et là, il y avait de petites buttes. Yzéa slaloma entre elles agilement. Elle avait l'air de savoir ce qu'elle faisait, comme si elle connaissait cet endroit par coeur. Eïdril, lui, n'avait jamais vu un tel paysage. Il était habitué aux plaines, aux montagnes. Mais pas à ce genre de relief. Il n'était pas très mécontent de son voyage, car, son cheval faisait la même chose que celui de devant.Et c'était assez agréable. Puis, ils débouchèrent soudain dans la forêt. Comme si ils sortaient d'un tunnel pour arriver dans l'océan. Mais là, ils sortaint de l'océan pour arriver dans le tunnel. Une forête épaisse, peu éclairée. un coin parfait pour une voyante. Un lieu noir, étrange, caché, isolé, où peu osent s'y aventurer. - Suis-moi, la maison de Fehyel n'est plus très loin, fit Yzéa en se retournant vers son frère pour vérifier qu'il était toujours là. - Pourquoi ? Tu y as déjà été ? s'étonna Eïdril. - Oui, quand j'étais petite. Maman nous y avait déjà emmenés. Je devais avoir cinq ans et toi trois ans. C'est pour ça que tu ne te souviens de rien. Maman était un peu paranoïaque. Elle avait dit " était " car leur mère était morte auparavant d'une maladie incurable. Eïdril ne se sentit pas triste, juste un peu de nostalgie quand il se souvenait des moments où il se blottissait dans les bras de sa mère.
A mesure qu'ils avancaient dans la forêt, des cris d'animaux réguliers. Des grognements, des hurlements. Le cheval du garçon se plaça à côté de celui de sa soeur. Eïdril regarda droit devant lui. Il y avait une sorte de chemin escarpé qui se rétrécissait à mesure qu'ils avançaient. Soudain, les deux chevaux ralentirent leur allure et se mirent au pas. Ils approchaient de la maison de Fehyel. Ils contournèrent un tronc d'arbre tombé et enfin, ils arrivèrent à destination.
La maison de Fehyel la Voyante n'était pas laide du tout. La poignée de la porte n'était pas un crâne humain. Il ne pendait pas d'ossements ni de membre du corps. Elle était normale. Faite de bois, les fenêtres étaient rondes, un peu ovale. La porte d'entrée était en acier peint en vernis rouge. La façade était plus grande que la partie de derrière. Yzéa attacha son cheval à un arbre et son frère fit de même. Elle frappa trois fois à la porte et on entendit des bruits de pas. - Qui est là ? Tonna une voix raillante de femme derrière la porte. - Comment ça qui est là ? répondit Yzéa, visiblement pas impréssionée. La voix éclata de rire. - Je plaisantais, Yzéa, je t'ouvre, et bien le bonjour à vous, jeune homme du nom de Eïdril, dit la voix. Le garçon comprit que c'était une vraie voyante. Une vraie de vraie. On entendit un bruit de serrure et lentement, la porte s'ouvrit dans un grincement désagréable. Eïdril réprimenda un cri d'effroi en reculant en voyant la figure affreuse de Fehyel ...
_________________ Telle une flèche d'argent, le dauphin file à travers les milles profondeurs de la mer ...
Dernière édition par Louve45 le 20 Juin 2009 15:40, édité 2 fois.
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