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Chapitre premier :
Sur le sable de la plage, où les vagues venaient s'échouer dans un bruit ravageur, Yzéa était assise. Ses longs cheveux d'or volaient au vent. Le regard scrutant l'horizon, elle pensait à Eïdril. Ce garçon qui l'intriguait tant. Il y a dix ans, son père, le roi de ce pays, l'avait ramené du bois en disant que c'était un enfant trouvé et qu'il souhaitait l'adopter. Yzéa, curieuse, la nuit, se rendit en douce dans sa chambre et se pencha sur le berceau. Elle fut tout de suite troublée par l'étrange symbole sur son front. Et aujourd'hui, cela l'intriguait toujours. Elle avait quatorze ans. Eïdril avait grandi avec elle. C'était un beau garçon au visage ovale , des cheveux ébourrifés blonds. Et des yeux d'un violet profond. Il était calme, attentionné, toujours prêt à aider qui que ce soit. Et parfois, on le voyait, seul, assis dans un coin, les yeux embués de larmes. Alors, pris de pitié, on s'approchait de lui et on lui demandait ce qui n'allait pas. Mais il répondait toujours d'un pauvre sourire. Il n'allait pas bien. Et il ne savait même pas qu'il était en vérité fils de paysans et pas prince. Mais Yzéa ne voulait pas lui dire. Il était déjà assez triste parfois. Et elle l'aimait un peu. Juste un peu, ce n'était pas son frère, mais, elle l'aimait.
A ce moment-là, un bruit réveilla la jeune fille de ses rêveries. Elle tourna la tête et vit Eïdril . Il lui souriait. - Je peux m'asseoir à côté de toi ? a-t-il demandé de sa belle voix de chanteur. - Oui, tu peux. Le garçon s'est assis en tailleur à côté d'elle et s'est mis à dessiner sur le sable. C'était un coeur. - Papa m'a dit de te dire que ce soir il organisait un banquet dans la grande salle, il y aura sûrement les plus grands rois du monde, c'est vraiment un honneur, alors, papa te demande de bien t'habiller et d'être très polie avec eux. - Je le serais. Puis le silence se fit. Yzéa regardait le coeur que son ( soi-disant ) frère venait d'achever. Un gros coeur un peu mal formé, mais assez joli. - Eïdril, il faut que je te parles, parfois, et bien souvent, tu es complètement déprimé et tu nous souris quand même, dis-moi ce qui se passe. Une ombre passa sur le visage du garçon. - C'est que je me sens pas moi en ce moment, j'ai l'impression, d'être ici et ailleurs en même temps, et ce ailleurs, c'est chez moi. Pas ici. Le coeur de la jeune fille s'emballa. Il commencait à douter de son identité. - Tu veux savoir ? Eïdril la regarda, l'air choqué. - Savoir quoi, Yzéa ? dit-il d'une voix inquiète. - Tu n'es ... - Et oh, du bateau, l'intérrompit Jel, loin deriièer eux , leur petit frère, suivez-moi, il faut que je vous montre un truc ! - Il a certainement dû trouver quelque chose d'intérréssant, incita la garçon en se levant. Yzéa lui emboîta le pas et les deux jeunes gens suivirent Jel dans le jardin. Les trois fontaines étaient allumées. Et les énormes bouquets de fleurs placés ça et là étaient très beaux à voir. Jel les emmena jusqu'à une petite clairière où dans un creux, grouillaient des serpents. C'était répugnant. Yzéa recula, écoeurée. Eïdril s'approcha et en saisait un gros et noir qui se débattit en sifflant d'un ton menaçant. le garçon n'avait pas peur du tout. Il fixa la tête du reptile au venin et le lâcha, méprisant. Il s'enfouit sous la terre. Jel et sa grande-soeur admiratifs ne dirent mot . Il restait encore deux serpents, l'un vert, l'autre jaune. Eïdril s'écarta en souriant et dit : - A vous, maintenant. - Mais tu es fou ! objecta Yzéa, je ne touche pas à cette bestiole dangereuse et visqueuse. - Pourquoi ? - Parce qu'elle va me tuer, et je n'ai pas envie de mourrir. - Mais elles sont innoffensives ces bestioles, il suffit juste que tu l'attrapes vite par le cou et par la queue. Allez, n'aies pas peur. Ses yeux n'étaient pas moqueurs, le garçon ne trouvait juste pas normal qu'elle ait peur. Mais, c'était pourtant normal, un serpent.
Yzéa s'approcha du jaune, roulé en boule, il ne semblait pas remarquer sa présence. Doucement, elle saisit le cou très fort. La peau était écailleuse et douce, un peu glissante, mais très douce. Elle n'eut pas de mal à se saisir de la queue. Le serpent remua dans tous les sens en sifflant. Il avait une grande force et elle ne tarderait pas à lâcher. Heureusement, Eïdril vint à son secours, attrapa la tête et approcha ses lèvres des yeux en chuchotant des mots que personne n'entendit. Il lâcha la tête et instinctivement, Yzéa la queue. Le reptile se précipita dans le trou où il y a quelques secondes, l'autre serpent venait de s'enfuir. Remise de ses émotions, yzéa se tourna vers son petit frère qui avait dix ans et lui dit : - A toi, maintenant. Jel lui lança un regard choqué, en disant non de la tête. - Je suis là si il y a un problème, mais prouves que tu es homme, dit Eïdril en le toisant du regard. Le dernier serpent qui était vert, lui, était debout, le regard menacant. Il fixait Jel, prêt à bondir. - Mais, regardez, lui, cette bête monstreuse et meurtrière, elle est réveillé, et elle est en mode attaque, elle va me tuer, s'offusqua le petit garçon en reculant brusquement et se cachant derrière son grand-frère. - Bon , d'accord, ce sera moi qui le ferait déguerpir, alors. Eïdril s'approcha prudemment du reptile, saisit un bâton et le brandit comme une épée. Puis il s'avança et donna un coup violent et brusque dans la tête du serpent. Ce dernier chancela et se tapit au sol. - Arrête, tu vas le tuer, le pauvre, gémit Jel. - Il y a deux secondes, tu disais que c'était une bête monstrueuse et meurtrière ! répondit Eïdril. - Oui, mais, fais-la fuir, c'est tout. - D'accord, conclut le garçon à la chevelure blonde, et puis, tu as raison, tout être, mérite d'exister, même si on en a peur. Eïdril posa son bâton au sol et grâce à son agilité surprenante, attrapa le cou de l'animal, sans se faire mordre, il fit comme les autres, le laissa se débattre un instant et le lâcha, et le laissa partir. Le coeur de Jel recommenca à battre. Il avait eu une peur bleue. - Bon, maintenant, rentrons au château pour nous préparer ce soir, dit Yzéa. Cette remarque mit tout le monde d'accord et ils rentrèrent ensemble ...
_________________ Telle une flèche d'argent, le dauphin file à travers les milles profondeurs de la mer ...
Dernière édition par Louve45 le 13 Juin 2009 20:20, édité 1 fois.
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