Textes dans la catégorie Journal Intime
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Flash back du 24 décembre
Sur les marches glissantes de cette grande église, il y a une femme enveloppée de couvertures, assis à côté d'elle, un garçon brun d'environ sept ans trace des dessins sur le sol avec des mégots. Il fait froid, le vent pourrait tuer quelqu'un ce soir. Ma main enveloppée de moufles dépose un billet de cinq euros dans une main ridée et osseuse, gelée et dure. La femme lève des yeux reconnaissants vers moi et le garçon me dit "bonjour".
Dans l'église, il fait froid. Les uns et les autres sont serrés, on se blottit pour se réchauffer. Ce soir, la foi ne parvient pas à me réchauffer le coeur. Il est figé, glacé de tristesse.
On m'avait demandé de faire la quête. Je me lève donc à ce moment là et circule entre les rangs. Une fois fini, je me place au fond de l'église, attendant les autres quêteurs. La petite porte du côté droit de l'église s'ouvre et le petit garçon de tout à l'heure trottine vers moi. Il s'appuie au panier de la quête pour me montre qu'il faut que je le descende. Je le porte à sa taille et sa petit main trop maigre lâche un bout de papier qui tombe dans le panier.
C'est avec un serrement au coeur que je reconnais mon pauvre billet de cinq euros.
L'enfant sourit. Il lui manque encore des dents. Il s'en va en courant, retrouver sa mère et lui tenir compagnie, dans le froid et la nuit de Noël..
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C'est comme de léviter dans mon propre corps. Un mélange de sérénité et de bien-être, traversant mes membres comme des milliers de petites fourmis qui engourdissent jusqu’à mes bras et mon bassin. Jai les yeux pleins, et ils sont reposés. Mes lèvres sont légèrement gonflées puisque je les ai serrées trop fort. C'est ce que provoque mon trop plein de larmes. Elles ne sont pas dans mes yeux, mais plutôt dans mon corps. Je les contiens jours après jours. Elles n'ont pas de raison précise d'exister, mais elles existent. Elles sont bien présentes dans tout ce que je fais, ce que je dis, ce que je ressens. Elles me hantent, et pourtant me font tant de bien. Elles me permettent de me sentir réel, de me sentir moi-même encore plus fort que je ne me suis jamais ressentit. J'existe mieux de par cela. Pleurer. C'est tout ce qu'il me fallait, c'est tout ce qu'il me faut. Je n'avais besoin de rien d'autre à ce moment précis. C'est tout de suite après que je sens l'existence, la vie. Je la ressens intensément et pleinement. Je la bouffe à la grosse cuillère. Je ne la mastique même pas, elle me rentre tout seule tout au fond de la gorge. C'est ce que provoque en moi la vérité. Chaque jour elle est derrière moi. Quand je me retourne, elle s'accroupie prête à bondir sur moi, et lorsque je ne la regarde pas elle se met à crier de plein poumons. Tout ce que je peux faire c'est de la faire exister, complètement pour un instant, un seul moment où je m'adonne pleinement à la fixer. Je la regarde droit dans les yeux et elle peut ainsi me faire mal. Ensuite j'ai vécu, je vis, et je vivrais. C'est tout..
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J’ai décidé aujourd’hui de me lancer dans un journal intime. Pourquoi ? Sans doute pour éviter de faire le con. Parce qu’en 16 ans de vie, jamais l’idée de quitter ce monde n’a été si attirante. Jamais la mort ne fut si pleine de promesses. Même lorsque les deux fois ou j’était au fond, avec la corde autour du coud, je n’avais si envie de tout terminer là. J’espère ainsi que ce journal me permettra de regarder en face mes maux, de les peindre dans des mots, m’y retrouver, m’y enivrer pour finalement les oublier. Les voir en face et les coucher sur papier me permettra t’il cependant de les accepter ? L’avenir nous le dira.
Quelle est la cause de cette période suicidaire ? Ma curiosité j’aurais envie de répondre-ce qui est vrai en partie. Mais, pour reprendre du début, il y a une personne en qui j’avais toute confiance je lui dévoilé une grande partie des malheurs qui peuple ma vie. Cet personne parlait avec une fille dont j’était (le suis-je encore ? Je ne sais) amoureux. Et il se moquait de moi en me disant qu’elle aimait bien me détruire dans leurs conversations. Puis, il commença à m’en envoyer des bribes, et la totalité à des amis. Peu à peu, le phénomène pris de l’ampleur. Ils se foutaient de moi constamment sans me dire exactement quel en était les tenants. Ma curiosité piquait à vif (ainsi que mon peu d’orgueil restant) J’exigeas de voir ces documents, puisqu’il parlait de moi et qu’il me le faisait savoir, j’était en droit de les lire. Tout d’abord il refusa, mais à force de négociation, il accepta. Je devais, en contrepartie lui révélé ma plus grande peine. Là, j’aurais du me taire. Il me confia leur historique de conversation MSN sous cd, je régla pour ma part la partie du marché me concernant. Folie, la douleur de ces historiques mêlés à la jubilation et le sentiment de toute puissance que lui conféra cette information me détruit.
Je lus deux fois ces historiques, pour être sur que mes yeux ne me jouaient pas des tours. Je termina la seconde lecture les yeux remplis de larmes, le visage ravagé par les sanglots. Cette personne à qui je faisais confiance révéla à la demoiselle tout ce que je lui avais dévoilé. Pour sa part, elle s’amusait aussi à me pourrir. Mon cœur ne recelait plus que de la haine. Une rage sourde qui me mena à mon état actuel. Et quand ladite fille se connecta à son tour, je pris mon courage à deux mains et lui dévoilé que j’était en possession de l’historique, elle coupa rapidement court à la discussion. Quatre phrases avaient étés échangés. Plus tard, elle revint, confuse, et s’excusa de ses propos. Me demandant s’il elle m’avait blessé. Mais, fidèle à mon hypocrisie coutumière je lui assurai que non. Mais je rêvais, je voulais lui criais : « mais bien sur salope ! Avec des phrases tel que « Personne ne peut aimer ce gars » ou d’autre saloperie du genre, je ne fais pas resté de marbre ! » .
Je me méprisai d’autant plus dès cet instant, j’étais détruit. La confiance aveugle que j’avais accordé à quelqu’un que je croyais fiable était trahie. L’adolescente que j’aime (et même si je sais que ce n’est pas réciproque) me hais, me voue une haine incommensurable ! Et ces excuse bidon du genre « non, mais c’était pour rire, c’était dans le tripe tu comprend » me blesse d’autant plus. Un tripe de ¾ mois et long de 64 pages ? Elle n’a même pas le courage d’assumer ses paroles ! La douleur qui résulte de cette lecture n’est rien en comparaison de ce qui va me tomber sur le coin de la gueule lundi au lycée. L’information donnée va, de nouveau, me coller une étiquette paria sur le crâne !
Je suppose que le pire, ce n’est pas cela, mais bien le faîte que je sombre dans l’asociabilité et l’auto-méprisation. Je suis un sociopathe endurci, un misanthrope aguerri et un con multirécidiviste ! Le futur me fait peur de nouveau, et toutes les petites victoires que j’ai réussi à accumuler, sont balayées par cette horrible soirée du 8/01 !
Je suis fatigué de lutter continuellement pour qu’on m’accepte, j’en ai marre d’essayer de m’intégrer sans qu’on fasse le moindre effort de l’autre coté ! J’ai loupé ma vie, je sais mais au lieu de m’enfoncer ça serait possible de m’aider ? Où c’est hors de portée de la société et des cons qui l’a peuples ?
Il n’y a plus qu’un sentiment qui prend de la place dans mon cœur, la haine. Plus qu’un mode de parole, le cynisme, l’hypocrisie et le sarcasme. La misanthropie reprend ses droits naturels. Ce fut mon premier credo, ce sera mon dernier ! J’ai fait des efforts, j’ai tenter de tout la force de mon âme de m’intégrer, d’assimiler vos coutumes, vos us. Jamais personne de me dédaigna un semblant d’attention a part deux amis. Le reste n’était proche juste pour les avantages que sa comportais, un porte monnaie et une poire pour les devoirs d’histoire, sans oublier les foutage de gueule si répétitifs !
J’EN AI MARRE ! DITE LE SI VOUS VOULEZ PLUS DE MOI, MAIS NE ME BOUSSILLEZ PAS PAR DERRIERRE !.
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Je suis en prépa. Je suis une petite pouf aigrie et imbuvable, un perpétuel ressort épuisé, névrosée d’avoir sacrifié deux ans de ma vie. Pour compenser le coût moral à passer 12h/jour assise à un bureau et de perdre 2/10èmes à chaque oeil, je suis convaincue de ma supériorité congénitale, surtout par rapport à ces glandeurs de facqueux qui connaissent le sens du mot grève (et par rapport à celui qui a majoré la dernière fois en éco, mais je l’aurai un jour). J’épouvante tout le monde en disant à tout le monde que j’aime ce que je fais, avec une fierté provocatrice, et j’adore placer des phrases pleines de jargon que les gens ne comprennent pas mais moi je fais genre que si parce que le préparationnaire sait. J’affectionne le mot concept même si je ne sais pas très bien le définir. L’école des Dieux, c’est nous.
La prépa est une expérience humaine qui dépasse tout ce qui est connu en matière de relations humaines. La prépa est un microcosme qui comprime d’abord l’esprit puis le corps, lentement elle vous digère et recrache vos os, on se retrouve au père Lachaise ou rue d’Ulm. Certains y plantent leur tente, d’autres vont même jusqu’à y passer leur temps libre.
L’avantage, c’est les liens extraordinaires que cela crée avec les protagonistes. On finit par se retrouver pour regarder le match de foot : la preuve d’un lien inébranlable. Dans la compétition comme dans la solidarité, dans l’intégration comme à l’ANPE, ils font front.
Notez que deux préparationnaires qui ne se connaissent pas finiront par se reconnaitre aux cernes qu’ils ont sous les yeux et aux regards (fréquents) qu’ils jettent vers la sortie, et bientôt ils échangeront des soupirs et leurs expériences respectives. Ce n’est pas comme s’ils avaient autre chose à dire. Faire une prépa, c’est atteindre une sorte d’universel.
Ainsi, la compétition et l’animosité peut être transcendée par une coexistence pacifique et exténuée. Cependant, certains trouble-fêtes viennent interférer dans cette harmonie bisounours et font bande à part. Vous pensiez fréquenter des êtres intellectuellement supérieurs. C’est possible, si on parvient à casser la coquille d’immaturité et les pelures de l’Equipe.
Il n’y a de paradis que les paradis perdus..
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Oui, c'est du vrai. Oui, le sourire est bien là. Pour combien de temps ? Qui sait ... Je rêve, j'espère, je crois, je désire, je revendique, je croise les doigts, j'imagine. Et puis je souris. Même mes larmes se mettent à ricaner, elles en ont marre d'exister. De m'habiter. Oui, c'est du vrai. Que ce sourire reste là, puisqu'il semble me servir de bouclier. Je souris face aux abrutis qui polluent chaque centimètres carrés de cet endroit que je déteste chaque jour un peu plus. Je souris face à ceux qui espèrent avec moi. Face à ceux qui me font eux-mêmes sourire. Je souris face aux visages encore invisibles, ces visages seulement encore saisis, je souris en les imaginant, en devinant les deux visages d'anges. J'aimerais déjà y être ; je veux y être. Je veux croire, espérer, rêver. Je veux que ça marche, veux y aller. Veux être enfin celle qui profite de ses rêves au lieu de leur courir après, épines au coeur. Tout en sachant pertinemment que ça n'effacera rien : une plaie a beau se refermer, elle laisse toujours une petite trace. Des plaies, mon âme en compte quelques unes. Mais, oui, le sourire les voile depuis ce mail. Je veux y croire, je veux voir, voyager, rêver .... Je veux y aller, intégrer une nouvelle famille, devenir une nouvelle grande soeur pour quelques temps et peut-être même pour plus longtemps. Je veux rêver, je veux y aller. Oui, c'est pour de vrai. Ce midi, j'ai fait un vrai repas ... repas correct en doses raisonnables ... un repas comme il faut ... il y avait longtemps ... les plaies sont toujours palpables, mais aujourd'hui, seul le sourire se devine. Pour combien de temps ? Comment ne pas avoir peur d'une nouvelle chute, suivie d'une rechute ? Comment ne pas craindre que le pensement se décolle, quand les plaies ont déjà saigné plus d'une fois ? Comment ne pas ... redouter que ce sourire prenne ses jambes à son cou ? Laissez-moi quand même rêver ... croire ... espérer ... laissez-moi être heureuse ... il y avait presque longtemps ... Laisez-moi croire un petit peu que je fuirai les imbéciles pour quelques temps ... le temps d'aller me faire une place de grande soeur d'adoption ... grande soeur momentanée ... Je rêve d'une grande soeur ; j'espère pourtant retourner la jouer ... Là-bas. Pays de mes rêves. Pays de mon rêve. Alors, laissez-moi rêver. Laissez-moi croire. Et surtout, laissez-moi y aller ! Oui, mon cher grand-frère : ce sourire, c'est du vrai ! Je vis comme je ris ... vis comme je pleure ... vis comme j'espère ... vis comme veux vivre ... vis comme ne peux pas toujours le faire ... j'aimerais être une héroïne de comédie musicale ... mais là, c'est vrai, oui, oui, bien vrai, je souris car je rêve d'être une grande soeur ... la leur ... pour deux mois ... Je rêve et ce sourire me protège. Protège mon coeur tout autant que mon corps. Coeur qui souffre, corps qui subit. Depuis des mois et des mois. Des plaies qu'on veut cacher ; mais des souffrances qui se devinent sous les yeux et puis au bout des mains. Laissez-moi sourire, laissez-moi rêver, oh, surtout, laissez-moi y aller ... là-bas, le seul vrai pensement qui puisse me convenir ... Je n'aurais pas dû revenir ... pour y gagner quoi ? quelques imbéciles supplémentaires ... Laissez-moi rêver, croiser les doigts, être une soeur d'adoption, une fille aînée d'adoption, laissez-moi vivre mes rêves, vivre ma vie. Laissez-moi aprtir, envoyez--moi là-bas, là-bas où je me sens moi. Laissez-moi vivre. Laissez-moi m'envoler pour ce pays doré, à la rencontre de ces gens charmants, dans ce beau pays où je ne crainds rien et surtout pas les gens. Rien, et pas même le temps. Laissez-moi ... laissez-moi aller m'inventer de nouvelles racines au fond d'une ville euphorique et endormie par la chaleur. Oui, ce sourire est là, oui, mon sourire est réel ; mais combien de plaies cache-t-il encore ... ces blessures que seuls ... que seuls des Espagnols pourraient soigner, peut-être même guérir .... ces plaies cachées et pourtant béantes qui me font tourner la tête, sauter des repas ou les multiplier à outrance ; laissez-moi retrouver ce pays argenté que je ne veux pas quitter. Ces plaies, que peut-être même seules deux Espagnoles pourraient m'aider à guérir ... elles, les deux personnes qui m'ont redonné une foi qu'on me vole ici, dans ce pays parfois froid, en ce moment souvent enneigé, ce pays où sourire et rire semble difficile à la moitié de la population. Laissez-moi aller là-bas ... mon pays de coeur ... pays de mes rêves ... pays de mon rêve ... pays de ma voie ! de mon avenir, de mon futur, pays de merveilleux souvenirs et de rencontres bouleversantes ... Laissez-moi y aller et être une grande-soeur formidable ... laissez-moi de nouveau manger correctement ... laissez-moi dormir un nombre d'heures raisonnables ... cessez de me faire pleurer tout à coup ... cessez de m'enfermer sur moi-même ... Faites sortir de moi cette fille fragile qui me détruit ... je sais que mon corps est en train de me trahir, de se dissloquer à mesure que saigne mon coeur. Je sais qu'il est susceptible de céder avant mon coeur. Alors laissez-moi, laissez-moi sourire, aller sourire là-bas. Aller retrouver mes espoirs, ma foi, foi en moi, foi en vous. Alors oui, oui, c'est du vrai. Oui, le sourire est bien là. Pour combien de temps ? Qui sait ... Je rêve, j'espère, je crois, je désire, je revendique, je croise les doigts, j'imagine. Et puis je souris. Même mes larmes se mettent à ricaner, elles en ont marre d'exister. De m'habiter. Oui, c'est du vrai. Que ce sourire reste là, puisqu'il semble me servir de bouclier..
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