J'étais heureux et comblé, tout allait pour le mieux, peut-être pour la première fois de ma Vie. Mais tout se déroulait semble-t-il "trop" bien au goût de la Faucheuse, qui est venu et à emporté un parent de deux amis différents. Pour l'une, c'est le père qui est parti, suite à un cancer dépisté en phase terminale il y a moins d'une semaine. Pour le second, c'est la mère qui s'est envolée, fauchée en pleine santé par une voiture.
Dans les deux cas, rien n'a eu le temps de se mettre en place. Les Adieux n'ont pu avoir lieu, faute de temps. Chaque fois il n'y a pas eu d'intermède entre l'annonce et la préparation des funérailles.
Comment la Vie peut-elle permettre cela ? C'était tous les deux des honnêtes gens, braves et altruistes, qui laissent derrière eux des dizaines de personnes qui les ont aimé, avec qui ils ont partagé de bons moments, à qui ils ont apporté du Bonheur ... Inadmissible. C'est le seul mot qui me vient à cet instant.
Mais nous ne pouvons rien faire face à cela, nous ne sommes que des Hommes, dirigés par des forces mystérieuses, incontrôlables, invisibles, inimaginables. Certains appellent ça "Dieu", d'autres "la Nature". Je n'utiliserai aucune des deux expressions. Personne ne peut savoir ce qu'il en retourne vraiment.
Je suis scandalisé. "Nombreux sont ceux qui vivent et qui méritent la mort. Et certains qui meurent méritent la vie. Pouvez-vous la leur donner ? Alors, ne soyez pas trop prompt à dispenser la mort en jugement. Car même les très sages ne peuvent voir toutes les fins." C'est ce que dit Gandalf, dans l'Oeuvre de Tolkien. C'est sans doute la plus belle réplique que j'ai jamais lu. Criante de Vérité.
J'aimerai, pour ma conscience, mais surtout pour mes deux amis, pouvoir ramener les deux défunts à la Vie, au pire les remplacer par un de ces êtres abjectes qui ne méritent même pas de vivre.
Mais c'est impossible. Je me trouve impuissant, on est impuissant. Faut-il pour autant baisser les bras ?
Never Say Never.
R.I.P









