J'attends. J'attends même lorsque je n'attends plus. Tous les jours j'attends. J'attends. Je suis comme une chrysalide, j'attends le retour du printemps. J'attends que les gens changent. J'attends de changer.
"Que fais-tu?
-J'attends, te dis-je.
-Mais à quoi bon? A trop attendre, tu n'es plus que le simple téléspectateur qui délaisse sa vie pour des rêves "clés en main".
-Cela fait longtemps que je ne rêve plus. Je suis mort quelques années plus tôt. On m'a noyé, Maintenu dans un océan de honte dont je ne ressens même plus le reflux. J'ai beau avoir l'apparence du vivant, je n'en suis plus que l'ombre.
-Tu dis être mort, cependant tu me parles, à la première personne.
-Tu n'es que le reflet de ce que je fut. Je te hais au moins autant que je les tiens en horreur. Tu es tout ce qui me rattache à l'avant. J'aimerais tant te faire taire pour de bon. Laisse-moi évoluer dans mon noir, dans mon néant. Je préfère ne plus voir ces fleurs que tu as cueillis pour moi, plutôt que de les voir se faner ou être arrachées par ce jardinier que j'ai toujours abhorré".







