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"Cette question m'entête: mais que faire de ces miettes, de ce noir en copeaux, quand on en broie de trop?" Nouveau passe-temps: broyer du noir. Je ne m'y adonne qu'en solo. Pas envie de passer pour ce que je ne suis pas, à savoir un pauvre adolescent qui traverse sa période "Je suis trop triste. Je hais tout le monde. Tout le monde me hait". Quoique, peut-être que je hais tout le monde au fond. J'aime la noirceur. Ca se résume à ça. Pas besoin que l'on me plaigne, de regards chargés de pitié qui me donnent la nausée.
"Et je délire, je débloque; mais y'a un moment où ça bloque, y'a pas plus noir que le noir, y'a pas plus bas qu'en bas. Alors je délire, je débloque; mais y'a un moment où ça bloque, y'a pas plus vide que rien d'plus négatif, que moi."
00h20: Le problème, c'est que je commence à me perdre dans l'ombre que j'affectionne tant. Et puis, au fond, peut-être que je prétexte cela [aimer les heures sombres plus que les moments radieux] afin de me leurrer, afin de maintenir encore une fois la distance. Les ténèbres comme forteresse édifiée pour résister aux assauts des sentiments? J'aime bien cette métaphore.
Démêler le vrai du faux, le faux du vrai, c'est pas si facile. Ai-je peur de me livrer? Peur de l'amour? Peur des gens? Peur de la vie? Est-ce pour ça que mes tableaux ne sont que nuances de noir?
"Même moi je suis perdu, même moi je ne comprends plus qui je suis à l'intérieur et qui je suis de l'extérieur."
Je ne sais pas ce que je veux. Je ne suis même plus sûr de la vouloir. Tout ça pour ça? Je suis un vrai con. "T'es adorable, t'es vraiment quelqu'un d'exceptionnel" EH OH, NON! Je suis un connard de première doublé d'un abruti (pas) fini. Tu vois pas? Vraiment? Alors je suis le seul à voir qui je suis? Non, même pas. Et même lorsque je fais n'importe quoi avec elle, elle pense que c'est parce que je suis maladroit, que je ne sais pas dire les choses. Seulement, pour dire les choses, il faut savoir quoi dire. Moi, je ne sais pas. Je ne sais même pas qui je suis, alors comment veux-tu que je te dise?
Amitié, amour, haine? Je ne sais ce que je veux pour nous, pour toi, pour moi. Je suis déjà un tel sac de noeuds, comment veux-tu que l'on devienne quoi que ce soit nous deux? Et toi, que veux-tu? Je suis déjà si compliqué, j'ai déjà tant à faire avec moi-même, alors comprends que je finisse par me perdre. Comprends que j'oscille entre le blanc et le noir, le chaud et le froid, avec toi.
De toute façon, tout cela est inutile. Je voudrais tant te dire toutes ces choses, mais je ne fais que m'adresser à une illusion de mon esprit. Je t'assure que j'aimerais tant avoir le courage de démêler, d'expliquer. C'est trop dur. Penser m'est devenu une épreuve trop douloureuse. Alors, encore une fois, je vais me cacher derrière un rideau de fumée, esprit anesthésié.
"J'suis le junkie malheureux, désormais amoureux."
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