-"Tuez moi ! Par pitié, achevez ce réceptacle qu'est mon corps ! Détruisez de moi tout se qu'il y a de physique car le reste je ne l'ai plus ! Brisez ces chaines qui m'enchainent sur Terre ! Je veux vivre, mais pas ici ! Prenez ce couteau, allez y, rien ne vous sera reproché ! Le couteau est à prendre, ma vie à voler, mon âme doit quitter ce monde ! Je vous supplie, à genoux s'il le faut, mais faite le geste sans réfléchir car à trop hésiter l'idée est confuse. Un simple geste, vif, rapide, sec, et surtout ne vous arrêtez pas. Que votre œuvre soit ou pas achevée, je saurai vous guider pour ainsi me tuer. La tache est simple, n'ayez point peur des éclaboussures, ma bourse est pleine, je vous en fait cadeau ! Laissez vous enfin envahir, possédé par le tueur qui rôde en chacun de nous. Si le mal vous tiens, léguez lui le fléau de cette action dramatique, mais je vous prie de vouloir m'exécuter ! Assez parlé maintenant ! Agissez, que cette artère se tranche, que mon sang se déverse à flot, que la fraicheur pâle de la mort qui me guette puisse enfin m'envahir... Pourquoi me regardez vous ainsi ?! Non ! Je vous supplie, ne me prenez pas en pitié, je ne mérite rien de cela ! De grâce, n'ayez grâce, par pitié, n'ayez pitié de moi !"
De loin, j'assistais à la scène. Adossé à un arbre, je regardais cet homme implorer qu'on le tue. En cette magnifique saison, les fleurs des cerisiers volaient autour de moi, la nuit fraiche m'aidait à rester éveillé pour ainsi achever la contemplation d'un condamné tenant lui même le discours de sa propre mort.

(Société Protectrice des Smileys) 







