Ne me demande pas ça.
Tu sais que j'en suis pas capable.
Ne me regarde pas comme ça.
Je te le demande.
J'ai jamais été méchante avec toi.
Respecte ça, s'il te plait.
Ne t'énerve pas.
Ca sert à rien.
Non !
Tu n'as pas le droit de m'en vouloir.
J'ai jamais prétendue être quelqu'un de fort ou de bon.
Pourquoi tu me demandes ça à moi ?
Moi, celle qui a toujours été la pour toi ?
Non, me dis pas justement non.
On fait pas ça quand on aime quelqu'un.
Je suis incapable de faire ca.
Ne .. dis pas que je ne t'aime pas, ça n'a rien à voir.
Non ! Rien !
Tu vois pas que c'est plus fort que moi ? que je pleurerais pendant des tonnes nuits, que je me maudirais, que je n'arriverais plus à me regarder dans une glace, que je me ferais du mal encore pour m'achever, que je rêverais plus, que je ne dormirais plus .. Tu ne vois pas que je préférerais mourir plutôt que d'accepter ?
Non ! Je ne te permets pas de me dire que j'exagère.
Qu'est-ce que tu en sais hein ? Toi l'égoïste ! Toi qui sème les souffrances chez les autres et qui se retourne et trouve les autres faibles !
Je n'ai pas à t'expliquer pourquoi je dis ça, je te pensais tout de même plus futé.
Et puis pourquoi tu veux partir hein ? Pourquoi ? Pou trouver quoi ? Il n'y a rien de plus ailleurs.
Ne change pas de sujet, oui j'ai souffert, je crois que c'est évident.
Qu'est-ce que tu as fait ? Tu te fous de moi ? Tu oses me le demander ?
Tu es vraiment trop con .. Trop con pour me faire dire toutes ces horreurs.
Tu veux savoir ? J'étais dans ma chambre, mes murs me rendaient folle tellement ils m'emprisonnaient loin de toi, moi qui avait accepté comme une conne, de te donner ce que tu demandes, mes murs me faisaient peur, mes murs je les ai lacérés. A coup d'ongles et de cris. Mes murs, on a du désincruster des bouts d'ongle resté enfoncés, mes murs on a du les peindre, parce que les couleurs me harcelaient. Mes meubles on les a brûlés, tout ce que tu avais touché, je le détruisais. Je me suis cassé les mains, les jambes à force de m'essouffler sur tout ce qui avait autour de moi, ces choses tellement vides, tellement mortes, que tu as fais mourir en partant. Ma chambre c'était un cadavre, comme moi, chaque soir vidée de forces et de larmes, mes yeux me brulaient et ma douleur restait inchangée, je devais sortir mais j'arrivais même plus à tenir debout, je devais pleurer mais j'avais plus la capacité de pleurer, je me retrouvais tremblante, agonisant sur le sol,en claquant des dents.
Quand je m'assoupissais, je me réveillais en sursaut en te cherchant partout, hurlant ton nom jusqu'à ce que ma voix sature, je poussais des grognements, n'ayant plus de voix, jusqu'à ce que mon souffle s'épuise. Mes murs étaient en lambeaux. Mes meubles m'enfonçaient des échardes épaisses à chaque coup que je remettais dedans. Comme si je ne souffrais pas assez.
Quand mon environnement était entièrement détruit, je m'attaquais à moi.
Moi la victime de moi même. Sais tu ce que ça fait que d'agripper ses cheveux à pleines mains, dans l'unique but de tirer dessus avec toute sa force pour qu'ils s'arrachent ? Sais tu ce que c'est de ses mordre les mains à s'en rendre la peau à vif ? Sais tu ce que c'est que de frapper ses pieds contre les murs pour qu'ils se brisent ?
Sais tu ce que c'est de vouloir se tuer en souffrant? Juste pour se punir, punir pour avoir accepté.
Et puis quand on a hospitalisée, tu es revenu.
Je ne veux pas recommencer tout ça pour que tu reviennes.
Ne pars pas. Ou tue moi maintenant.







