Chance honteuse
Pour prendre au plus tôt le métro, je marchais vite
Pestant sur ma vie, priant pour une place assise
Et fuyant l’exhalaison souterraine gratuite
Lorsque j’entendis soudain basses geignardises.
Sur le bas côté, où eaux sales ruisselaient
Une forme humaine avachie maugréait.
Horribles et inlassables relents jaillissaient
Rictus de dégoût, mes narines se plissaient !
Et pourtant je demeurais là, à contempler :
Face hérissée de poils, haillons sales et fripés
Corps squelettique incapable de se soulever.
Son fétide parfum m’aida à m’échapper.
Dans mon wagon, hélas debout et compressé
Pour paysage, de noires conduites paradaient.
Mais vite cette distraction fut délaissée :
Sous torride chaleur, ma répugnance fondait.
Pitié m’envahissait au lieu de compassion :
La fortune devait lui tenir quelque rancœur.
C’est donc que j’avais peut-être place en son cœur !
Jubilation naissait de son humiliation !
A le voir de si haut, vertige m’envahit.
Qui étais-je pour me sentir ainsi supérieur ?
A être moqueur n’étais-je pas inférieur ?
Face à ces questions, mon bonheur me trahit.
De ces disparités, rébellion naissait.
Contre elles il me fallait dorénavant lutter.
Hélas je devrais de mon piédestal chuter
Et je ne sus me résoudre à le délaisser.
Honte de cette incapacité m’imprégnait.
Révolte face au grand escalier des richesses !
Révolte face aux marches d’une telle bassesse !
Honte de l’égoïsme humain à jamais.
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Première version (quasi premier jet en fait) :
Dégoût, pitié, honte
En vue d’attraper mon métro, je marchais vite
Pestant sur ma vie, priant pour une place assise
Et fuyant l’exhalaison souterraine gratuite
Lorsque soudain j’entendis basses geignardises.
Sur le bas côté, où eaux sales ruisselaient
Une forme humaine avachie maugréait.
Horribles et inlassables relents jaillissaient !
Rictus de dégoût, mes narines se plissaient !
Et pourtant je demeurais là, à contempler :
Face hérissée de poils, haillons sales et fripés
Corps squelettique incapable de se soulever.
L’odeur fut cependant cause de mon échappée.
Dans mon wagon, hélas debout et compressé
Pour paysage, de noires conduites paradaient.
Mais vite cette distraction fut délaissée :
Sous torride chaleur, ma répugnance fondait.
Pitié m’envahissait au lieu de compassion :
La fortune devait lui tenir quelque rancœur.
C'est donc que j'avais peut-être place en son cœur !
Jubilation naissait de son humiliation !
A le voir de si haut, vertige m’envahit.
Qui étais-je pour me sentir ainsi supérieur ?
A être moqueur n’étais-je pas inférieur ?
Brusquement mon bonheur retrouvé me trahit.
Révolte face à ces disparités naissait !
Contre elles il me fallait dorénavant lutter.
Hélas je devrais de mon piédestal chuter
Et je ne sus me résoudre à le délaisser.
Honte de cette incapacité m’imprégnait.
Révolte d’un si grand escalier des richesses !
Révolte de ces marches d’une telle bassesse !
Honte de l’égoïsme humain à jamais.
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C'est un poème que je n'estime pas fini... J'espére que vos commentaires pourront m'aider dans sa finition.








