Lune,
Là-haut s’allume,
Chasse la brume,
Trahit mon amertume,
Et aiguise ma plume.
Lune,
Poupée de verre,
Reine solitaire,
Au milieu de tes pairs,
Je comprends ton calvaire.
Lune,
Comme moi tu es seule,
Et dans l’ombre tu pleures,
Déchire donc ce linceul !
Sors-toi de cette torpeur !
Lune !
Sous cette allure divine,
Se cache-t-il, fragile,
Une pauvre âme câline,
Prisonnière de l’argile ?
Lune !
Hurle moi ta souffrance,
Déchire donc cette nuit
De tes sottes espérances.
Parle moi de l’ennui,
Lune,
Parle moi de ta vie,
Parle moi qu’on en rit.
Je veux voir tes envies,
Tes délires proscrits !
Lune,
Désormais je comprends,
La tristesse de ton sort.
Pourquoi ce châtiment ?
C’est bien pire que la mort.
Lune,
Ton destin est cruel,
Bien que presque éternelle,
Tes envies de flanelles,
Sont hélas sans appel.


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