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¤19h69, titre provisoire. (théâtre absurde, extrait)

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¤19h69, titre provisoire. (théâtre absurde, extrait)

Messagede Eschyle » 08 Sep 2006 14:36

Bonjour à tous, désolé si ce n'est pas la bonne section mais je n'ai pas trouvé ailleurs :oops:
Voilà un extrait d'une pièce absurde pleine de non-sens que j'ai écrite et qui, je pense, nécessite encore quelques retouches ici et là au niveau des transitions... (je suis conscient que le genre absurde est très subjectif et peut plaire comme déplaire très facilement alors n'hésitez pas à critiquer ^^)
Le fait que l'extrait soit un bout pris au hasard n'est pas dérangeant vu le style absurde.

L'histoire :
Trois personnages que rien ne rattache se retrouvent dans une pièce blanche avec un magnifique coffret qu'ils convoitent tous trois. Seulement il s'avère qu'ils ne peuvent pas sortir avec le coffret dans la main. Ils vont donc meubler leur attente d'un "ils ne savent quoi" par des discussions stériles, des échanges philosophiques, des moqueries et autres complicités...

Présentation des personnages :
Parméline est une femme, elle est « à l'ouest » sans arrêt, il suffit qu'elle arrête de parler et d'écouter pour ne plus savoir où elle est, ce qu'elle fait et qui sont ces gens avec elle.
Eschyle est un homme coupable d'être par définition, qui passe son temps à s'excuser et à couper la parole. Il est philosophe à ses heures et quelque peu illuminé dans ses discours quand ça lui prend.
Cartanège est un être irascible, colérique, sombre, cynique et violent.
-----------------
CARTANEGE -
Dites-moi, Madame Parméline, quelle est la raison qui vous a poussée à venir en ces lieux ?

ESCHYLE - qui n'écoutait pas
Moi ?

CARTANEGE -
Mais non, pas vous. (A Parméline, qui n’a pas écouté ; ailleurs) Vous, madame.

Silence

Parméline ?

un temps, elle ne répond pas

Parméline ?

Un temps, elle ne répond toujours pas. Il lui pose la main sur l’épaule

Parméline ?

PARMELINE – sursautant
Oh pardon, c’est à moi que vous parlez ?

CARTANEGE –
Oui, Parméline c’est à vous.

PARMELINE – étonnée
Ha bon ? (Un petit temps ; joyeuse) Ah oui, oui, Parméline c’est moi, c’est vrai, c’est mon prénom !

CARTANEGE – pour lui
C’est effectivement un prénom difficile à retenir…

PARMELINE – riant
Oui… effectivement, je m’en rends compte ! D’ailleurs quelqu’un m’a fait la remarque il y a peu de temps !

CARTANEGE – amusé
Oui, c’était moi.

PARMELINE – le regardant attentivement
Ha… C’est vrai que vous avez un visage qui m’est familier… Vous me rappelez quelqu’un.

CARTANEGE – même jeu
Un dénommé Cartanège, non ?

PARMELINE – souriant, le visage illuminé
Oui ! Oui, Cartanège c’est ça, c’est exactement ça ! Le connaissez-vous aussi ?

CARTANEGE – fier
Oui, évidemment que je le connais puisque je suis lui…

PARMELINE – admirative
Oh, d’accord ! C’est pour ça que vous m’êtes si familier alors !

ESCHYLE – à Cartanège
Vous savez, il ne vous suffit pas d’être lui pour bien le connaître…

CARTANEGE – qui ne l’a pas écouté
Quoi donc ?

ESCHYLE – articulant
Je vous dis qu’il ne suffit pas d’être quelqu’un pour mieux se connaître que ceux qui nous connaissent.

CARTANEGE – sceptique
Vous pensez ?

ESCHYLE –
Tout à fait oui. Tenez, moi même, je suis moi, mais ce n’est pas pour autant que je me connais mieux que vous ne me connaissez… je me découvre sans arrêt de nouvelles choses, des qualités comme des défauts au contact des autres. Par exemple, le fait que je m’excuse sans cesse et que je coupe la parole à chaque instant. Jusqu’à aujourd’hui je n’étais pas conscient de ces défauts.

CARTANEGE – réfléchissant à ce qu’il vient d’entendre
Ha… oui, vous avez sûrement raison, oui… C’est vrai que je ne me connais pas énormément non plus…

ESCHYLE – pédant
Merci de reconnaître mes théories sur l’existence, monsieur.

CARTANEGE – modeste
Ho, mais je vous en prie, c’est tout naturel, je suis là pour cela … (un temps. À Parméline) Et vous, madame, qu’êtes-vous venu faire ici ?

PARMELINE –
Pourquoi me demander « et vous ? » ; c’est une construction de phrase interrogative que l’on fait pour retourner sa question à une personne qui l’a posée auparavant. Or je ne vous ai pas posé cette question.

ESCHYLE –
Si, si, madame, vous la lui avez posée.

PARMELINE – après un léger temps de réflexion
Oh, oui, c’est vrai, en effet, je m’en souviens. Seulement, je ne l’écoutais déjà plus lorsqu’il m’a répondu… enfin… (un temps) Et vous, pourquoi ?

ESCHYLE –
Moi, madame ?

PARMELINE – exaspérée
Et bien oui, vous, qui d’autre à part vous ?

ESCHYLE –
Oui, vous avez raison.

CARTANEGE – sombre
Moi, par exemple ! Je suis encore là….

PARMELINE – négligemment
Mais oui, mais bien sûr ; mais vous ne comptez pas, vous.

CARTANEGE – vexé
Pourquoi cela ?

PARMELINE –
Et bien vous avez déjà répondu.

CARTANEGE –
C’est vrai… Vous non, en revanche.

PARMELINE – dubitative
Vous en êtes sûr ?

CARTANEGE –
Approximativement, oui.

PARMELINE – victorieuse
Ah, alors vous n’en êtes pas certain !

ESCHYLE –
Je le suis moi.

PARMELINE et CARTANEGE –
Quoi donc ?

ESCHYLE –
Et bien, certain !

PARMELINE –
Certain de quoi ?

ESCHYLE –
Et bien que vous n’y avez pas répondu, madame !

PARMELINE – vaincue
Ha, si vous en êtes certain alors, ce doit être vrai… Je vais donc y répondre.

CARTANEGE –
Nous vous écoutons.

ESCHYLE –
Nous n’attendons que cela.

Alors que Parméline commence à parler, Cartanège va caresser le coffret et Eschyle monte sur sa chaise pour remettre la pendule blanche à l’heure de sa montre. Aucun des deux ne prête plus attention à ce que dit Parméline.

PARMELINE –
Eh bien, il me semble avoir entendu parler de cet endroit auparavant… Oui, ce sont deux très bons amis à moi qui m’en ont parlé. Un certain Cartanège et un certain Eschyle me semble-t-il… Oui, oui, c’est cela, c’est bien eux dont il s’agit. Alors par curiosité je suis moi-même venue jeter un coup d’œil et, effectivement, ils n’avaient pas tort…

Silence.

Eschyle redescend de sa chaise et va mettre la petite horloge à l’heure de sa montre tandis que Cartanège reste près du coffret, le caressant toujours, du bout des doigts, d’un air rêveur.
Silence.

Deux badauds entrent, l’un côté cour, l’autre côté jardin.
Ils se croisent.


BADAUD 1 – au badaud 2
Vous auriez l’heure s’il vous plaît ?

Les trois personnages répondent très vite successivement.

ESCHYLE –
14 h 92

PARMELINE –
15 h 15

CARTANEGE –
17 h 89

BADAUD 2 – au badaud 1
Non, désolé.

BADAUD 1 – déçu
Merci quand même ; passez une bonne journée.

BADAUD 2 –
Merci, vous aussi.

Ils se saluent et sortent .

Un temps.

CARTANEGE – toujours debout ; à la façon d’un enquêteur
Ne m’avez-vous pas dit que vous désiriez posséder ce coffret, Eschyle ?

ESCHYLE – distrait
Ce n’est pas impossible, oui.

CARTANEGE –
Et vous-même, madame ?

PARMELINE – offusquée
Cela m’étonnerait beaucoup… Je ne suis pas du genre à convoiter des biens purement matériels, voyez-vous ; je serais plutôt à classer dans la catégorie des…

ESCHYLE – la coupant ; calme
Ne mentez pas, vous savez que vous le voulez ce coffret…

PARMELINE – cédant immédiatement
Oui, je l’admets.

CARTANEGE – agacé
Vous recommencez !

PARMELINE et ESCHYLE –
Quoi donc ?

CARTANEGE – à Eschyle
A interrompre les gens !

PARMELINE –
Pardonnez-moi, je ne m’en suis pas rendu compte…

CARTANEGE –
Mais non, pas vous, madame, (à Eschyle) Vous !

ESCHYLE – ahuri
Moi ?

CARTANEGE –
Oui, vous, évidemment vous ! Qui d’autre puisque j’ai dit à Parméline que ce n’était pas à elle que je m’adressais !

ESCHYLE –
Vous, par exemple !

CARTANEGE –
Je ne vais pas m’adresser la parole à haute voix, vous êtes idiot !

ESCHYLE – outré
Non, je ne suis pas idiot !

CARTANEGE – simple
Eh bien, si, vous l’êtes !

Un temps.
Cartanège retourne s’asseoir.


ESCHYLE –
Je suis désolé de vous avoir coupé la parole, en tout cas…

CARTANEGE – excédé
Mais pas à moi, voyons, je ne disais rien… Vous avez coupé la parole à Parméline qui était en train de nous expliquer qu’il fallait la classer dans une certaine catégorie.

ESCHYLE –
Laquelle ?

CARTANEGE – perdu
Quoi donc ?

ESCHYLE –
Catégorie.

CARTANEGE – contenant une colère montante
Je ne le sais pas puisque vous lui avez coupé la parole à ce moment-là !

PARMELINE – intervenant, détachée
Ecoutez, je crois que vous vous trompez lourdement, Cartanège, je n’ai rien dit depuis près de vingt minutes et je peux même ajouter que…

ESCHYLE – la coupant à nouveau
Ah, non, vous mentez ! Vous avez parlé il n’y a pas deux minutes !

CARTANEGE – à Eschyle, explosant
Vous recommencez ! !

ESCHYLE – culpabilisant, honteux
Oui… je m’en suis rendu compte mais il était trop tard… désolé…

PARMELINE – agacée
Ah, et vous continuez avec vos excuses !

Cartanège prend sur lui pour se calmer

ESCHYLE – même jeu
Oui, là aussi, je m’en suis rendu compte trop tard… (se retenant, puis cédant) Désolé… (déçu) Ah ! J’y étais presque ! [/b]
Eschyle
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théâtre absurde

Messagede marine » 13 Sep 2006 18:58

loin d'être absurde ce petit théatre, et même plutôt bien vu !!!!
même si inconnu est le reste de la pièce,

si l'avis est très subjectif, en tout cas, moi j'ai apprécié,
aussi bien dans l'écriture que dans le jeu de scène,
je ne sais dire pourquoi (!) j'ai eu la sentation d'avoir eu un vécu similaire ....
donc pas mal du tout Eschyle continue si tu le veux bien à me permettre et à d'autres bien entendu d'avoir le plaisir de découvrir tes écrits.
et un grand merci de nous donner ce plaisir


Eschyle a écrit:Bonjour à tous, désolé si ce n'est pas la bonne section mais je n'ai pas trouvé ailleurs :oops:
Voilà un extraits d'une pièce absurde pleine de non-sens que j'ai écrite et qui, je pense, nécessite enore quelques retouches ici et là au niveau des transitions... (je suis conscient que le genre abusrde est très subjectif et peut plaire comme déplaire très facilement alors n'hésitez pas à critiquer ^^)
Le fait que l'extrait soit un bout pris au hasard n'est pas dérangeant vu le style absurde.

L'histoire :
Trois personnages que rien ne rattache se retrouvent dans une pièce blanche avec un magnifique coffret qu'ils convoitent tout trois. Seulement il s'avère qu'ils ne peuvent pas sortir avec le coffret dans la main. Ils vont donc meubler leur attente d'un "ils ne savent quoi" par des discussions stériles, des échanges philosophiques, des moqueries et autres complicités...

Présentation des personnages :
Parméline est une femme, elle est à l'ouest sans arrêt, il suffit qu'elle arrête de parler et d'écouter pour ne plus savoir où elle est, ce qu'elle fait et qui sont ces gens avec elle.
Eschyle est un homme coupable d'être par définition qui passe son temps à s'excuser et à couper la parole. Il est philosophe à ses heures et quelque peu illuminé dans ses discours quand ça lui prend
Cartanège est un être irascible, colérique, sombre, cynique et violent.
-----------------
CARTANEGE -
Dites-moi, Madame Parméline, quelle est la raison qui vous a poussée à venir en ces lieux ?

ESCHYLE - qui n'écoutait pas
Moi ?

CARTANEGE -
Mais non, pas vous. (A Parméline, qui n’a pas écouté ; ailleurs) Vous, madame.

Silence

Parméline ?

un temps, elle ne répond pas

Parméline ?

Un temps, elle ne répond toujours pas. Il lui pose la main sur l’épaule

Parméline ?

PARMELINE – sursautant
Oh pardon, c’est à moi que vous parlez ?

CARTANEGE –
Oui, Parméline c’est vous.

PARMELINE – étonnée
Ha bon ? (Un petit temps ; joyeuse) Ah oui, oui, Parméline c’est moi, c’est vrai, c’est mon prénom !

CARTANEGE – pour lui
C’est effectivement un prénom difficile à retenir…

PARMELINE – riant
Oui… effectivement, je m’en rends compte ! D’ailleurs quelqu’un m’a fait la remarque il y a peu de temps !

CARTANEGE – amusé
Oui, c’était moi.

PARMELINE – le regardant attentivement
Ha… C’est vrai que vous avez un visage qui m’est familier… Vous me rappelez quelqu’un.

CARTANEGE – même jeu
Un dénommé Cartanège, non ?

PARMELINE – souriant, le visage illuminé
Oui ! Oui, Cartanège c’est ça, c’est exactement ça ! Vous le connaissez-vous aussi ?

CARTANEGE – fier
Oui, évidemment que je le connais puisque je suis lui…

PARMELINE – admirative
Oh, d’accord ! C’est pour ça que vous m’êtes si familier alors !

ESCHYLE – à Cartanège
Vous savez, il ne vous suffit pas d’être lui pour bien le connaître…

CARTANEGE – qui ne l’a pas écouté
Quoi donc ?

ESCHYLE – articulant
Je vous dis qu’il ne suffit pas d’être quelqu’un pour mieux se connaître que ceux qui nous connaissent.

CARTANEGE – sceptique
Vous pensez ?

ESCHYLE –
Tout à fait oui. Tenez, moi même, je suis moi, mais ce n’est pas pour autant que je me connais mieux que vous ne me connaissez… je me découvre sans arrêt de nouvelle chose, des qualités comme des défauts au contact des autres. Par exemple, le fait que je m’excuse sans cesse et que je coupe la parole à chaque instant. Jusqu’à aujourd’hui je n’étais pas conscient de ces défauts.

CARTANEGE – réfléchissant à ce qu’il vient d’entendre
Ha… oui, vous avez sûrement raison, oui… C’est vrai que je ne me connais pas énormément non plus…

ESCHYLE – pédant
Merci de reconnaître mes théories sur l’existence, monsieur.

CARTANEGE – modeste
Ho, mais je vous en pries, c’est tout naturel, je suis là pour cela … (un temps. À Parméline) Et vous, madame, qu’êtes vous venu faire ici ?

PARMELINE –
Pourquoi me demander « et vous ? » ; c’est une construction de phrase interrogative que l’on fait pour retourner sa question à une personne qui l’a posée auparavant. Hors je ne vous ai pas posé cette question.

ESCHYLE –
Si, si, madame, vous la lui avez posé.

PARMELINE – après un léger temps de réflexion
Oh, oui, c’est vrai, en effet, je m’en souviens. Seulement, je ne l’écoutais déjà plus lorsqu’il m’a répondu… enfin… (un temps) Et vous, pourquoi ?

ESCHYLE –
Moi, madame ?

PARMELINE – exaspérée
Et bien oui, vous, qui d’autre sinon à part vous ?

ESCHYLE –
Oui, vous avez raison.

CARTANEGE – sombre
Moi, par exemple ! Je suis encore là….

PARMELINE – négligemment
Mais oui, mais bien sûr ; mais vous ne comptez pas vous.

CARTANEGE – vexé
Pourquoi cela ?

PARMELINE –
Et bien vous avez déjà répondu.

CARTANEGE –
C’est vrai… Vous non, en revanche.

PARMELINE – dubitative
Vous en êtes sûr ?

CARTANEGE –
Approximativement, oui.

PARMELINE – victorieuse
Ah, alors vous n’en n’êtes pas certain !

ESCHYLE –
Je le suis moi.

PARMELINE et CARTANEGE –
Quoi donc ?

ESCHYLE –
Et bien, certain !

PARMELINE –
Certain de quoi ?

ESCHYLE –
Et bien que vous n’y avez pas répondu, madame !

PARMELINE – vaincue
Ha, si vous en êtes certains alors, ce doit être vrai… Je vais donc y répondre.

CARTANEGE –
Nous vous écoutons

ESCHYLE –
Nous n’attendons que cela.

Alors que Parméline commence à parler, Cartanège va caresser le coffret et Eschyle monte sur sa chaise pour remettre la pendule blanche à l’heure de sa montre. Aucun des deux ne prête plus attention à ce que dit Parméline.

PARMELINE –
Eh bien, il me semble avoir entendu parlé de cet endroit auparavant… Oui, ce sont deux très bons amis à moi qui m’en ont parlés. Un certain Cartanège et un certain Eschyle me semble-t-il… Oui, oui, c’est cela, c’est bien eux dont il s’agit. Alors par curiosité je suis moi-même venue jeter un coup d’œil et, effectivement, ils n’avaient pas tort…

Silence.

Eschyle redescend de sa chaise et va mettre la petite horloge à l’heure de sa montre tandis que Cartanège reste près du coffret, le caressant toujours, du bout des doigts, d’un air rêveur.
Silence.

Deux badauds entrent, un coté cour, l’autre coté jardin.
Ils se croisent.


BADAUD 1 – au badaud 2
Vous auriez l’heure s’il vous plait ?

Les trois personnages répondent très vite successivement.

ESCHYLE –
14h92

PARMELINE –
15h15

CARTANEGE –
17h89

BADAUD 2 – au badaud 1
Non, désolé.

BADAUD 1 – déçu
Merci quand même ; passez une bonne journée.

BADAUD 2 –
Merci, vous aussi.

Ils se saluent et sortent.

Un temps.

CARTANEGE – toujours debout ; à la façon d’un enquêteur
Ne m’avez vous pas dit que vous désiriez posséder ce coffret Eschyle ?

ESCHYLE – distrait
Ce n’est pas impossible, oui.

CARTANEGE –
Et vous-même, madame ?

PARMELINE – offusquée
Cela m’étonnerait beaucoup… Je ne suis pas du genre à convoiter des biens purement matériels, voyez-vous ; je serais plutôt à classer dans la catégorie des…

ESCHYLE – la coupant ; calme
Ne mentez pas, vous savez que vous le voulez ce coffret…

PARMELINE – cédant immédiatement
Oui, je l’admets.

CARTANEGE – agacé
Vous recommencez !

PARMELINE et ESCHYLE –
Quoi donc ?

CARTANEGE – à Eschyle
A interrompre les gens !

PARMELINE –
Pardonnez-moi, je ne m’en suis pas rendue compte…

CARTANEGE –
Mais non, pas vous, madame, (à Eschyle) Vous !

ESCHYLE – ahuri
Moi ?

CARTANEGE –
Oui, vous, évidemment vous ! Qui d’autres puisque j’ai dis à Parméline que ce n’était pas à elle que je m’adressais !

ESCHYLE –
Vous, par exemple !

CARTANEGE –
Je ne vais pas m’adresser la parole à haute voix, vous êtes idiot !

ESCHYLE – outré
Non, je ne suis pas idiot !

CARTANEGE – simple
Eh bien, si, vous l’êtes !

Un temps.
Cartanège retourne s’asseoir.


ESCHYLE –
Je suis désolé de vous avoir coupé la parole, en tout cas…

CARTANEGE – excédé
Mais pas à moi, voyons, je ne disais rien… Vous avez coupé la parole à Parméline qui était en train de nous expliquer qu’il fallait la classer dans une certaine catégorie.

ESCHYLE –
Laquelle ?

CARTANEGE – perdu
Quoi donc ?

ESCHYLE –
Catégorie.

CARTANEGE – contenant une colère montante
Je ne le sais pas puisque vous lui avez coupé la parole à ce moment là !

PARMELINE – intervenant, détachée
Ecoutez, je crois que vous vous trompez lourdement, Cartanège, je n’ai rien dis depuis près de vingt minutes et je peux même ajouter que…

ESCHYLE – la coupant à nouveau
Ah, non, vous mentez ! Vous avez parlé il n’y a pas deux minutes !

CARTANEGE – à Eschyle, explosant
Vous recommencez ! !

ESCHYLE – culpabilisant, honteux
Oui… je m’en suis rendu compte mais il était trop tard… désolé…

PARMELINE – agacée
Ah, et vous continuez avec vos excuses !

Cartanège prend sur lui pour se calmer

ESCHYLE – même jeu
Oui, là aussi, je m’en suis rendu compte trop tard… (se retenant, puis cédant) Désolé… (déçu) Ah ! J’y étais presque ! [/b]
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Messagede Eschyle » 15 Sep 2006 6:47

Coucou Marine !
Heureux de voir que cette petite pièce te plait !
Voilà, non pas la suite, mais le début de la pièce avec l'arrivée des trois personnages (je mets des extraits un peu en vrac ^^):

DECORS :

Une pièce aux meubles blancs, encadrée de deux portes blanches. Trois chaises blanches, une table blanche sur laquelle se trouve une lampe blanche et une petite horloge blanche. Au mur, au-dessus des trois chaises blanches, est accrochée une pendule blanche. Sur l’avant scène se trouve un petit meuble bas blanc sur lequel est posé est coffret de bois clair ; peut être peint en jaune ou argenté. Le coffret doit être rond, de taille relativement grande et son couvercle sculpté, peint ou orné de manière à ce que, ouvert, face au public, il fasse penser à une petite lune. La ressemblance doit être proche. Les jeux de lumière en reflet sur le couvercle peuvent aider également.


PROLOGUE

Quelques badauds, hommes et femmes, vont et viennent d’une pièce à l’autre en prenant soin de refermer les portes derrières eux. Certains s’arrêtent un instant sur le plateau, ils consultent leur montre, discutent entre eux puis repartent rapidement. Toutes et tous sont sobrement habillés ; surtout de noir et de couleurs sombres. Ce va et vient dure quelques instants. Aucun ne fait attention au coffret sur l’avant scène. La scène se vide petit à petit de ses occupants de passage.

φφφ

Scène I :
La scène reste vide quelques instants.

Entre Cartanège d’un pas assuré, coté court. Grand, droit, distingué et maniéré il sera habillé intégralement de bleu. Une fois la porte refermée derrière lui, il consultera sa montre et les horloges présentes sur la scène. Satisfait il voudra faire demi tour et repartir sur ses pas mais son regard sera attiré par le coffret posé sur le meuble. Il s’en approche, le regarde sous tout les angles sans le toucher, en se courbant et se contorsionnant. Puis il le prend de ses deux mains, regarde sa base, le repose et se met à caresser la surface et les motifs sculptés d’un air rêveur avec un sourire. Il repose le coffret et va s’asseoir sur la chaise du milieu sans quitter le coffret du regard ; comme intrigué et attiré. Il se relève aussitôt, prend le coffret à pleine main et le porte à son oreille en le secouant délicatement. Il y a un objet à l’intérieur. Il repose le coffret sur son meuble, tente d’en ouvrir le couvercle mais sans succès. Il regarde autour de lui, va entrouvrire les deux portes à pas rapides pour s’assurer que personne n’arrive, puis il va s’emparer du coffret et se dirige à pas rapides vers la porte coté jardin. Il tente de l’ouvrir une fois mais la porte reste fermée. Il fait un pas en arrière et considère la porte. Il s’avance d’un pas et retente de l’ouvrir mais toujours sans succès. A pas plus rapides il se dirige vers la porte coté court et se retrouve au même problème ; la porte refuse de s’ouvrir. Il s’arrête un instant, réfléchit et va reposer le coffret sur son meuble. Il va ouvrir les portes qui ne résistent plus. Il les laisse ouvertes et se place au centre de la scène, concentré. Brusquement Cartanège s’empare du coffret et se dirige en courant vers la porte coté jardin mais la porte se referme violemment devant lui. Il se retourne et se précipite vers la porte coté cours. Même phénomène. Sombre et violent il va reposer le coffret à sa place et s’asseoir sur la chaise du milieu. Jambes croisées, sourcils froncés, un bras sur une cuisse et la tête dans une main il contemple l’objet fixement. Soudain il se lève et met les deux pendules à l’heure de sa montre puis il retourne s’asseoir, sur la chaise de gauche.


φφφ

Scène II :
Parméline entre coté jardin à petits pas saccadés. Brusque dans ses mouvements et toujours souriante elle est habillée de rouge. Elle lance un sourire timide à Cartanège qui ne le lui rend pas. Elle s’en offusque mais oublie rapidement en apercevant le coffret. Son visage s’illumine d’une lueur gourmande.

PARMELINE –
Bonjour, cher monsieur.

CARTANEGE –
… Madame…

Parméline s’assoit sur la chaise du milieu.
Silence.


PARMELINE –
Vous êtes ici pour le coffret, je suppose.

CARTANEGE –
… Possible…

PARMELINE –
Il vous appartient ?

CARTANEGE –
Peut-être bien.

PARMELINE – souriante
Ou peut-être pas !

Silence.

PARMELINE –
Vous êtes ici depuis longtemps ?

CARTANEGE –
Pardonnez-moi, madame, mais je ne me sens sincèrement pas d’humeur à deviser avec vous pour le moment…

PARMELINE –
Oh, d’accord, entendu ! Je comprends…

Très long silence pendant lequel Parméline n’a de cesse de gesticuler sur sa chaise et de regarder le coffret ainsi que Cartanège du coin de l’œil. Au bout de quelques instants, elle se lève pour regarder dans le coffret. Émerveillée, elle écarquille les yeux en découvrant le contenu. Cartanège, tête baissée, ne la regarde pas. Elle retourne s’asseoir, toujours en silence et au bout d’un temps, elle se remet à gesticuler. Gênée, elle toussote. Cartanège relève la tête, l’air exaspéré.

CARTANEGE –
Bon ! Discutons…

PARMELINE –
Vous vous sentez d’humeur à présent ?

CARTANEGE –
Non, toujours pas, non. Mais entre les silences gênés et la conversation forcée entre inconnus qui se retrouvent seuls dans une même pièce, je préfère opter pour la conversation forcée. Donc… Je m’appelle Cartanège !

PARMELINE –
Enchantée, monsieur. Je m’appelle Parméline. (Ils se serrent la main) Alors dites-moi : vous êtes là depuis combien de temps ?

CARTANEGE –
Je suis arrivé quelques minutes avant vous… Bel objet, n’est-ce pas ?

PARMELINE –
Quoi donc ?

CARTANEGE –
Le coffret.

PARMELINE –
Oh, le coffret ! Oui, vraiment un bel objet. Du très bel ouvrage !

CARTANEGE –
On peut le dire, oui…

PARMELINE –
Et vous avez vu ce qu’il y a dedans ?

CARTANEGE –
Ah, non, je n’ai pas poussé la curiosité jusque là.

PARMELINE –
Il faut absolument que vous voyez cela !

Ils se lèvent tout deux et s’approche du meuble bas. Parméline, dos au public, ouvre le couvercle. À son tour, Cartanège écarquille les yeux de surprise devant la splendeur de l’objet.

CARTANEGE –
Oh ! C’est… vraiment… c’est… c’est…

PARMELINE –
… Magnifique !

CARTANEGE –
Ha, oui, tout à fait ! Ma-gni-fique ! C’est exactement le mot qui convient !

PARMELINE – refermant le couvercle, satisfaite.
Ce coffret ne vous appartient donc pas, monsieur Cartanège !

CARTANEGE – soupirant
Hélas, non…

PARMELINE –
Bien. dans ce cas, je peux le prendre. N’est-ce pas ?

CARTANEGE – retournant s’asseoir
Non.

PARMELINE –
Plaît-il ?

CARTANEGE –
Non, madame, vous ne pouvez pas le prendre.

PARMELINE –
Et pourquoi donc, je vous prie ?

CARTANEGE –
Parce que j’étais ici avant vous. Donc, de nous deux, c’est à moi de repartir avec…

PARMELINE – pour elle-même
C’est ce que nous allons voir…

Renfrognée, elle retourne s’asseoir et se détourne.
Silence.
Cartanège replonge tête baissée. Parméline en profite pour se ruer sur le coffret et tenter une sortie par les deux portes qui ne s’ouvrent pas. Vexée, elle repose le coffret.


CARTANEGE –
J’ai déjà essayé bien avant vous de sortir d’ici avec le coffret…

PARMELINE – amère
J’en conclu que vous avez également échoué… (Un temps) Comment cela se fait-il ?

CARTANEGE –
Vraiment, je ne le sais pas, madame Par… Perm… Pardonnez-moi, j’ai déjà oublié la suite de votre nom !

PARMELINE –
Parméline…

CARTANEGE –
Parméline, voilà ! Tout de même c’est un prénom difficile à retenir…

PARMELINE –
Oui, moi-même j’ai parfois du mal à m’en souvenir.

CARTANEGE -
Vous plaisantez !

PARMELINE –
Mais pas du tout, je suis très sérieuse, monsieur. C’est la stricte vérité.

CARTANEGE – bas
Tout de même ! Il faut être un peu stupide pour oublier jusqu’à son prénom…

PARMELINE – qui a entendu
Non mais dites-donc, je ne vous permets pas !

CARTANEGE – honteux
Pardonnez-moi, nous nous connaissons à peine. Je n’aurais pas dû.

PARMELINE – péremptoire
Ca ira pour cette fois… Mais surveillez-vous à l’avenir, monsieur Cartanège. J’ai en horreur les gens qui se permettent des jugements prématurés.

CARTANEGE – penaud
Veuillez m’excuser… Je n’ai pas cette habitude.

PARMELINE –
Je note tout de même votre grossièreté. Vouloir discuter avec vous pour passer le temps n’était manifestement pas la meilleure des idées.

CARTANEGE –
Je vous assure que cela ne se reproduira plus, madame…

PARMELINE –
Je l’espère bien ! J’en suis même sure, car dorénavant nous garderons le silence. Je n’ai pas pour habitude d’entretenir des conversations avec un foutriquet, voyez-vous !

CARTANEGE –
… Un foutriquet ? Qu’entendez-vous exactement par-là ?

PARMELINE –
Je ne le sais pas, monsieur, mais je trouve que ce mot vous convient parfaitement…

Silence.
Cartanège est très sombre et jette des regards noirs à Parméline qui est occupée à regarder la pièce.
Un badaud entre coté jardin sans refermer la porte et ressort coté cour en refermant derrière lui. Cartanège en profite pour s’emparer du coffret et tenter une sortie coté jardin mais la porte lui claque au nez.
Parméline éclate d’un rire mauvais. Cartanège retourne s’asseoir.


PARMELINE –
Oui, il semblerait que nous allons passer un peu de temps ensemble…

CARTANEGE –
…À notre plus grand plaisir…

PARMELINE -
Vous allez pouvoir goûter à loisir ce silence que vous chérissez tant.

Elle éclate à nouveau de son rire méchant. Puis elle se lève soudain pour mettre les deux pendules à l’heure de sa montre comme l’a précédemment fait Cartanège pendant que celui-ci contemple le coffret

φφφ

Scène III :
Entre Eschyle, coté cour, d’un pas lent et fort mal assuré. Il a des gestes timides et lents, le dos un peu courbé. Il sera habillé tout de violet. Ni Parméline ni Cartanège ne feront attention à lui.
Un temps.


ESCHYLE -
Bon… bonjour…

Parméline et Cartanège ne réagissent pas. Eschyle, le cou tendu, attend, espère une réponse. Il se résigne.

ESCHYLE – dépité
Cela ne fait rien, je suis habitué…

Eschyle fait quelques pas dans la pièce, il n’a pas encore vu le coffret. Parméline et Cartanège ne font pas attention à son va et vient.

ESCHYLE – plus sûr, à Parméline
Bonjour, madame !

Cartanège relève la tête, regarde autour de lui, comme ne sachant pas d’où provient la voix, puis ses yeux voient Eschyle.

CARTANEGE – simple
Bonjour.

ESCHYLE –
Monsieur, bonjour à vous également.

PARMELINE – froide
Bonjour.

Silence.

ESCHYLE –
Avez–vous l’heure s’il vous plait ?

CARTANEGE –
Navré monsieur, mais je dois vous confier que je n’ai pas foi en la notion du temps…

ESCHYLE –
Oh ! Je comprends… (un temps) Et vous, avez vous l’heure s’il vous plait ?

PARMELINE – après avoir regardé sa montre
Non, désolée.

ESCHYLE –
Merci ! Je m’appelle Eschyle, et vous même ?

CARTANEGE –
Cartanège, enchanté !

ESCHYLE –
Enchanté Cartanège. (A Parméline) Et vous êtes ?

Parméline troublée lance des regards à Cartanège qui lui porte secours en lui soufflant.

CARTANEGE –
Par – mé – line…

PARMELINE – joyeuse
Parméline ! Oui, oui c’est ça, je m’appelle Parméline !

ESCHYLE –
Bien, merci.

Il s’assoit sur la dernière chaise libre et regarde à son tour le coffret de bois roux avec avidité mais il n’en fait aucun commentaire. Il regarde tour à tour les deux autres personnages qui eux aussi ont les yeux rivés sur le coffret avec un sourire de convoitise
Eschyle
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costumes et décors du théatre absurde

Messagede marine » 16 Sep 2006 19:34

salut Eschyle
j'ai pris le temps de lire "l'entrée en matière" de ta pièce
et au fur et à mesure de ma lecture, les personnages se sont mis à m'apparaitre, en fait je ne voyais qu'eux et le coffret dans ce décor tout blanc..., est ce le but recherché, ou ma représentation ou encore l'absurdité du décor inexistant ??

peu importe si c'est en vrac, les morceaux du puzzle sont faciles à raccorder

Eschyle a écrit:Coucou Marine !
Heureux de voir que cette petite pièce te plait !
Voilà, non pas la suite, mais le début de la pièce avec l'arrivée des trois personnages (je mets des extraits un peu en vrac ^^):

DECORS :

Une pièce aux meubles blancs, encadrée de deux portes blanches. Trois chaises blanches, une table blanche sur laquelle se trouve une lampe blanche et une petite horloge blanche. Au mur, au-dessus des trois chaises blanches, est accrochée une pendule blanche. Sur l’avant scène se trouve un petit meuble bas blanc sur lequel est posé est coffret de bois clair ; peut être peint en jaune ou argenté. Le coffret doit être rond, de taille relativement grande et son couvercle sculpté, peint ou orné de manière à ce que, ouvert, face au public, il fasse penser à une petite lune. La ressemblance doit être proche. Les jeux de lumière en reflet sur le couvercle peuvent aider également.


PROLOGUE

Quelques badauds, hommes et femmes, vont et viennent d’une pièce à l’autre en prenant soin de refermer les portes derrières eux. Certains s’arrêtent un instant sur le plateau, ils consultent leur montre, discutent entre eux puis repartent rapidement. Toutes et tous sont sobrement habillés ; surtout de noir et de couleurs sombres. Ce va et vient dure quelques instants. Aucun ne fait attention au coffret sur l’avant scène. La scène se vide petit à petit de ses occupants de passage.

φφφ

Scène I :
La scène reste vide quelques instants.

Entre Cartanège d’un pas assuré, coté court. Grand, droit, distingué et maniéré il sera habillé intégralement de bleu. Une fois la porte refermée derrière lui, il consultera sa montre et les horloges présentes sur la scène. Satisfait il voudra faire demi tour et repartir sur ses pas mais son regard sera attiré par le coffret posé sur le meuble. Il s’en approche, le regarde sous tout les angles sans le toucher, en se courbant et se contorsionnant. Puis il le prend de ses deux mains, regarde sa base, le repose et se met à caresser la surface et les motifs sculptés d’un air rêveur avec un sourire. Il repose le coffret et va s’asseoir sur la chaise du milieu sans quitter le coffret du regard ; comme intrigué et attiré. Il se relève aussitôt, prend le coffret à pleine main et le porte à son oreille en le secouant délicatement. Il y a un objet à l’intérieur. Il repose le coffret sur son meuble, tente d’en ouvrir le couvercle mais sans succès. Il regarde autour de lui, va entrouvrire les deux portes à pas rapides pour s’assurer que personne n’arrive, puis il va s’emparer du coffret et se dirige à pas rapides vers la porte coté jardin. Il tente de l’ouvrir une fois mais la porte reste fermée. Il fait un pas en arrière et considère la porte. Il s’avance d’un pas et retente de l’ouvrir mais toujours sans succès. A pas plus rapides il se dirige vers la porte coté court et se retrouve au même problème ; la porte refuse de s’ouvrir. Il s’arrête un instant, réfléchit et va reposer le coffret sur son meuble. Il va ouvrir les portes qui ne résistent plus. Il les laisse ouvertes et se place au centre de la scène, concentré. Brusquement Cartanège s’empare du coffret et se dirige en courant vers la porte coté jardin mais la porte se referme violemment devant lui. Il se retourne et se précipite vers la porte coté cours. Même phénomène. Sombre et violent il va reposer le coffret à sa place et s’asseoir sur la chaise du milieu. Jambes croisées, sourcils froncés, un bras sur une cuisse et la tête dans une main il contemple l’objet fixement. Soudain il se lève et met les deux pendules à l’heure de sa montre puis il retourne s’asseoir, sur la chaise de gauche.


φφφ

Scène II :
Parméline entre coté jardin à petits pas saccadés. Brusque dans ses mouvements et toujours souriante elle est habillée de rouge. Elle lance un sourire timide à Cartanège qui ne le lui rend pas. Elle s’en offusque mais oublie rapidement en apercevant le coffret. Son visage s’illumine d’une lueur gourmande.

PARMELINE –
Bonjour, cher monsieur.

CARTANEGE –
… Madame…

Parméline s’assoit sur la chaise du milieu.
Silence.


PARMELINE –
Vous êtes ici pour le coffret, je suppose.

CARTANEGE –
… Possible…

PARMELINE –
Il vous appartient ?

CARTANEGE –
Peut-être bien.

PARMELINE – souriante
Ou peut-être pas !

Silence.

PARMELINE –
Vous êtes ici depuis longtemps ?

CARTANEGE –
Pardonnez-moi, madame, mais je ne me sens sincèrement pas d’humeur à deviser avec vous pour le moment…

PARMELINE –
Oh, d’accord, entendu ! Je comprends…

Très long silence pendant lequel Parméline n’a de cesse de gesticuler sur sa chaise et de regarder le coffret ainsi que Cartanège du coin de l’œil. Au bout de quelques instants, elle se lève pour regarder dans le coffret. Émerveillée, elle écarquille les yeux en découvrant le contenu. Cartanège, tête baissée, ne la regarde pas. Elle retourne s’asseoir, toujours en silence et au bout d’un temps, elle se remet à gesticuler. Gênée, elle toussote. Cartanège relève la tête, l’air exaspéré.

CARTANEGE –
Bon ! Discutons…

PARMELINE –
Vous vous sentez d’humeur à présent ?

CARTANEGE –
Non, toujours pas, non. Mais entre les silences gênés et la conversation forcée entre inconnus qui se retrouvent seuls dans une même pièce, je préfère opter pour la conversation forcée. Donc… Je m’appelle Cartanège !

PARMELINE –
Enchantée, monsieur. Je m’appelle Parméline. (Ils se serrent la main) Alors dites-moi : vous êtes là depuis combien de temps ?

CARTANEGE –
Je suis arrivé quelques minutes avant vous… Bel objet, n’est-ce pas ?

PARMELINE –
Quoi donc ?

CARTANEGE –
Le coffret.

PARMELINE –
Oh, le coffret ! Oui, vraiment un bel objet. Du très bel ouvrage !

CARTANEGE –
On peut le dire, oui…

PARMELINE –
Et vous avez vu ce qu’il y a dedans ?

CARTANEGE –
Ah, non, je n’ai pas poussé la curiosité jusque là.

PARMELINE –
Il faut absolument que vous voyez cela !

Ils se lèvent tout deux et s’approche du meuble bas. Parméline, dos au public, ouvre le couvercle. À son tour, Cartanège écarquille les yeux de surprise devant la splendeur de l’objet.

CARTANEGE –
Oh ! C’est… vraiment… c’est… c’est…

PARMELINE –
… Magnifique !

CARTANEGE –
Ha, oui, tout à fait ! Ma-gni-fique ! C’est exactement le mot qui convient !

PARMELINE – refermant le couvercle, satisfaite.
Ce coffret ne vous appartient donc pas, monsieur Cartanège !

CARTANEGE – soupirant
Hélas, non…

PARMELINE –
Bien. dans ce cas, je peux le prendre. N’est-ce pas ?

CARTANEGE – retournant s’asseoir
Non.

PARMELINE –
Plaît-il ?

CARTANEGE –
Non, madame, vous ne pouvez pas le prendre.

PARMELINE –
Et pourquoi donc, je vous prie ?

CARTANEGE –
Parce que j’étais ici avant vous. Donc, de nous deux, c’est à moi de repartir avec…

PARMELINE – pour elle-même
C’est ce que nous allons voir…

Renfrognée, elle retourne s’asseoir et se détourne.
Silence.
Cartanège replonge tête baissée. Parméline en profite pour se ruer sur le coffret et tenter une sortie par les deux portes qui ne s’ouvrent pas. Vexée, elle repose le coffret.


CARTANEGE –
J’ai déjà essayé bien avant vous de sortir d’ici avec le coffret…

PARMELINE – amère
J’en conclu que vous avez également échoué… (Un temps) Comment cela se fait-il ?

CARTANEGE –
Vraiment, je ne le sais pas, madame Par… Perm… Pardonnez-moi, j’ai déjà oublié la suite de votre nom !

PARMELINE –
Parméline…

CARTANEGE –
Parméline, voilà ! Tout de même c’est un prénom difficile à retenir…

PARMELINE –
Oui, moi-même j’ai parfois du mal à m’en souvenir.

CARTANEGE -
Vous plaisantez !

PARMELINE –
Mais pas du tout, je suis très sérieuse, monsieur. C’est la stricte vérité.

CARTANEGE – bas
Tout de même ! Il faut être un peu stupide pour oublier jusqu’à son prénom…

PARMELINE – qui a entendu
Non mais dites-donc, je ne vous permets pas !

CARTANEGE – honteux
Pardonnez-moi, nous nous connaissons à peine. Je n’aurais pas dû.

PARMELINE – péremptoire
Ca ira pour cette fois… Mais surveillez-vous à l’avenir, monsieur Cartanège. J’ai en horreur les gens qui se permettent des jugements prématurés.

CARTANEGE – penaud
Veuillez m’excuser… Je n’ai pas cette habitude.

PARMELINE –
Je note tout de même votre grossièreté. Vouloir discuter avec vous pour passer le temps n’était manifestement pas la meilleure des idées.

CARTANEGE –
Je vous assure que cela ne se reproduira plus, madame…

PARMELINE –
Je l’espère bien ! J’en suis même sure, car dorénavant nous garderons le silence. Je n’ai pas pour habitude d’entretenir des conversations avec un foutriquet, voyez-vous !

CARTANEGE –
… Un foutriquet ? Qu’entendez-vous exactement par-là ?

PARMELINE –
Je ne le sais pas, monsieur, mais je trouve que ce mot vous convient parfaitement…

Silence.
Cartanège est très sombre et jette des regards noirs à Parméline qui est occupée à regarder la pièce.
Un badaud entre coté jardin sans refermer la porte et ressort coté cour en refermant derrière lui. Cartanège en profite pour s’emparer du coffret et tenter une sortie coté jardin mais la porte lui claque au nez.
Parméline éclate d’un rire mauvais. Cartanège retourne s’asseoir.


PARMELINE –
Oui, il semblerait que nous allons passer un peu de temps ensemble…

CARTANEGE –
…À notre plus grand plaisir…

PARMELINE -
Vous allez pouvoir goûter à loisir ce silence que vous chérissez tant.

Elle éclate à nouveau de son rire méchant. Puis elle se lève soudain pour mettre les deux pendules à l’heure de sa montre comme l’a précédemment fait Cartanège pendant que celui-ci contemple le coffret

φφφ

Scène III :
Entre Eschyle, coté cour, d’un pas lent et fort mal assuré. Il a des gestes timides et lents, le dos un peu courbé. Il sera habillé tout de violet. Ni Parméline ni Cartanège ne feront attention à lui.
Un temps.


ESCHYLE -
Bon… bonjour…

Parméline et Cartanège ne réagissent pas. Eschyle, le cou tendu, attend, espère une réponse. Il se résigne.

ESCHYLE – dépité
Cela ne fait rien, je suis habitué…

Eschyle fait quelques pas dans la pièce, il n’a pas encore vu le coffret. Parméline et Cartanège ne font pas attention à son va et vient.

ESCHYLE – plus sûr, à Parméline
Bonjour, madame !

Cartanège relève la tête, regarde autour de lui, comme ne sachant pas d’où provient la voix, puis ses yeux voient Eschyle.

CARTANEGE – simple
Bonjour.

ESCHYLE –
Monsieur, bonjour à vous également.

PARMELINE – froide
Bonjour.

Silence.

ESCHYLE –
Avez–vous l’heure s’il vous plait ?

CARTANEGE –
Navré monsieur, mais je dois vous confier que je n’ai pas foi en la notion du temps…

ESCHYLE –
Oh ! Je comprends… (un temps) Et vous, avez vous l’heure s’il vous plait ?

PARMELINE – après avoir regardé sa montre
Non, désolée.

ESCHYLE –
Merci ! Je m’appelle Eschyle, et vous même ?

CARTANEGE –
Cartanège, enchanté !

ESCHYLE –
Enchanté Cartanège. (A Parméline) Et vous êtes ?

Parméline troublée lance des regards à Cartanège qui lui porte secours en lui soufflant.

CARTANEGE –
Par – mé – line…

PARMELINE – joyeuse
Parméline ! Oui, oui c’est ça, je m’appelle Parméline !

ESCHYLE –
Bien, merci.

Il s’assoit sur la dernière chaise libre et regarde à son tour le coffret de bois roux avec avidité mais il n’en fait aucun commentaire. Il regarde tour à tour les deux autres personnages qui eux aussi ont les yeux rivés sur le coffret avec un sourire de convoitise
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Messagede Eschyle » 17 Sep 2006 4:30

Coucou Marine,
Eh bien, c'est effectivement le but recherché vu que l'action se passe entre trois personnages aux vêtements de couleurs différentes dans une pièce aux éléments blancs (chaises, horloges, portes, meuble bas) avec seul un coffret de bois roux. Donc on peut dire que tu as parfaitement bien visualisé l'ensemble du cadre :)

Le but recherché est une uniformisation neutre du décors (blanc) mis en contraste avec les personnages (en couleur) et les badauds (noir).
Le décors est donc le lieu, il est neutre.
Les badauds sont les humains devenus sobres sombres et austères au fil des siècles avec les aspirations de gloire, d'argent et leur convoitise.
Et les personnages sont les entités un peu fantaisistes propulsées dans ce décors neutre et confrontés à la sobriété des humains.

J'espère que ça te plaît toujours autant sur cette entrée en matière !
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Messagede eric » 26 Sep 2006 15:09

pas si absurde que ça ... chacun son Grall... l'histoire pour commencer nécessite un même centre d'interet...
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