Bonjour à tous, désolé si ce n'est pas la bonne section mais je n'ai pas trouvé ailleurs :oops:
Voilà un extrait d'une pièce absurde pleine de non-sens que j'ai écrite et qui, je pense, nécessite encore quelques retouches ici et là au niveau des transitions... (je suis conscient que le genre absurde est très subjectif et peut plaire comme déplaire très facilement alors n'hésitez pas à critiquer ^^)
Le fait que l'extrait soit un bout pris au hasard n'est pas dérangeant vu le style absurde.
L'histoire :
Trois personnages que rien ne rattache se retrouvent dans une pièce blanche avec un magnifique coffret qu'ils convoitent tous trois. Seulement il s'avère qu'ils ne peuvent pas sortir avec le coffret dans la main. Ils vont donc meubler leur attente d'un "ils ne savent quoi" par des discussions stériles, des échanges philosophiques, des moqueries et autres complicités...
Présentation des personnages :
Parméline est une femme, elle est « à l'ouest » sans arrêt, il suffit qu'elle arrête de parler et d'écouter pour ne plus savoir où elle est, ce qu'elle fait et qui sont ces gens avec elle.
Eschyle est un homme coupable d'être par définition, qui passe son temps à s'excuser et à couper la parole. Il est philosophe à ses heures et quelque peu illuminé dans ses discours quand ça lui prend.
Cartanège est un être irascible, colérique, sombre, cynique et violent.
-----------------
CARTANEGE -
Dites-moi, Madame Parméline, quelle est la raison qui vous a poussée à venir en ces lieux ?
ESCHYLE - qui n'écoutait pas
Moi ?
CARTANEGE -
Mais non, pas vous. (A Parméline, qui n’a pas écouté ; ailleurs) Vous, madame.
Silence
Parméline ?
un temps, elle ne répond pas
Parméline ?
Un temps, elle ne répond toujours pas. Il lui pose la main sur l’épaule
Parméline ?
PARMELINE – sursautant
Oh pardon, c’est à moi que vous parlez ?
CARTANEGE –
Oui, Parméline c’est à vous.
PARMELINE – étonnée
Ha bon ? (Un petit temps ; joyeuse) Ah oui, oui, Parméline c’est moi, c’est vrai, c’est mon prénom !
CARTANEGE – pour lui
C’est effectivement un prénom difficile à retenir…
PARMELINE – riant
Oui… effectivement, je m’en rends compte ! D’ailleurs quelqu’un m’a fait la remarque il y a peu de temps !
CARTANEGE – amusé
Oui, c’était moi.
PARMELINE – le regardant attentivement
Ha… C’est vrai que vous avez un visage qui m’est familier… Vous me rappelez quelqu’un.
CARTANEGE – même jeu
Un dénommé Cartanège, non ?
PARMELINE – souriant, le visage illuminé
Oui ! Oui, Cartanège c’est ça, c’est exactement ça ! Le connaissez-vous aussi ?
CARTANEGE – fier
Oui, évidemment que je le connais puisque je suis lui…
PARMELINE – admirative
Oh, d’accord ! C’est pour ça que vous m’êtes si familier alors !
ESCHYLE – à Cartanège
Vous savez, il ne vous suffit pas d’être lui pour bien le connaître…
CARTANEGE – qui ne l’a pas écouté
Quoi donc ?
ESCHYLE – articulant
Je vous dis qu’il ne suffit pas d’être quelqu’un pour mieux se connaître que ceux qui nous connaissent.
CARTANEGE – sceptique
Vous pensez ?
ESCHYLE –
Tout à fait oui. Tenez, moi même, je suis moi, mais ce n’est pas pour autant que je me connais mieux que vous ne me connaissez… je me découvre sans arrêt de nouvelles choses, des qualités comme des défauts au contact des autres. Par exemple, le fait que je m’excuse sans cesse et que je coupe la parole à chaque instant. Jusqu’à aujourd’hui je n’étais pas conscient de ces défauts.
CARTANEGE – réfléchissant à ce qu’il vient d’entendre
Ha… oui, vous avez sûrement raison, oui… C’est vrai que je ne me connais pas énormément non plus…
ESCHYLE – pédant
Merci de reconnaître mes théories sur l’existence, monsieur.
CARTANEGE – modeste
Ho, mais je vous en prie, c’est tout naturel, je suis là pour cela … (un temps. À Parméline) Et vous, madame, qu’êtes-vous venu faire ici ?
PARMELINE –
Pourquoi me demander « et vous ? » ; c’est une construction de phrase interrogative que l’on fait pour retourner sa question à une personne qui l’a posée auparavant. Or je ne vous ai pas posé cette question.
ESCHYLE –
Si, si, madame, vous la lui avez posée.
PARMELINE – après un léger temps de réflexion
Oh, oui, c’est vrai, en effet, je m’en souviens. Seulement, je ne l’écoutais déjà plus lorsqu’il m’a répondu… enfin… (un temps) Et vous, pourquoi ?
ESCHYLE –
Moi, madame ?
PARMELINE – exaspérée
Et bien oui, vous, qui d’autre à part vous ?
ESCHYLE –
Oui, vous avez raison.
CARTANEGE – sombre
Moi, par exemple ! Je suis encore là….
PARMELINE – négligemment
Mais oui, mais bien sûr ; mais vous ne comptez pas, vous.
CARTANEGE – vexé
Pourquoi cela ?
PARMELINE –
Et bien vous avez déjà répondu.
CARTANEGE –
C’est vrai… Vous non, en revanche.
PARMELINE – dubitative
Vous en êtes sûr ?
CARTANEGE –
Approximativement, oui.
PARMELINE – victorieuse
Ah, alors vous n’en êtes pas certain !
ESCHYLE –
Je le suis moi.
PARMELINE et CARTANEGE –
Quoi donc ?
ESCHYLE –
Et bien, certain !
PARMELINE –
Certain de quoi ?
ESCHYLE –
Et bien que vous n’y avez pas répondu, madame !
PARMELINE – vaincue
Ha, si vous en êtes certain alors, ce doit être vrai… Je vais donc y répondre.
CARTANEGE –
Nous vous écoutons.
ESCHYLE –
Nous n’attendons que cela.
Alors que Parméline commence à parler, Cartanège va caresser le coffret et Eschyle monte sur sa chaise pour remettre la pendule blanche à l’heure de sa montre. Aucun des deux ne prête plus attention à ce que dit Parméline.
PARMELINE –
Eh bien, il me semble avoir entendu parler de cet endroit auparavant… Oui, ce sont deux très bons amis à moi qui m’en ont parlé. Un certain Cartanège et un certain Eschyle me semble-t-il… Oui, oui, c’est cela, c’est bien eux dont il s’agit. Alors par curiosité je suis moi-même venue jeter un coup d’œil et, effectivement, ils n’avaient pas tort…
Silence.
Eschyle redescend de sa chaise et va mettre la petite horloge à l’heure de sa montre tandis que Cartanège reste près du coffret, le caressant toujours, du bout des doigts, d’un air rêveur.
Silence.
Deux badauds entrent, l’un côté cour, l’autre côté jardin.
Ils se croisent.
BADAUD 1 – au badaud 2
Vous auriez l’heure s’il vous plaît ?
Les trois personnages répondent très vite successivement.
ESCHYLE –
14 h 92
PARMELINE –
15 h 15
CARTANEGE –
17 h 89
BADAUD 2 – au badaud 1
Non, désolé.
BADAUD 1 – déçu
Merci quand même ; passez une bonne journée.
BADAUD 2 –
Merci, vous aussi.
Ils se saluent et sortent .
Un temps.
CARTANEGE – toujours debout ; à la façon d’un enquêteur
Ne m’avez-vous pas dit que vous désiriez posséder ce coffret, Eschyle ?
ESCHYLE – distrait
Ce n’est pas impossible, oui.
CARTANEGE –
Et vous-même, madame ?
PARMELINE – offusquée
Cela m’étonnerait beaucoup… Je ne suis pas du genre à convoiter des biens purement matériels, voyez-vous ; je serais plutôt à classer dans la catégorie des…
ESCHYLE – la coupant ; calme
Ne mentez pas, vous savez que vous le voulez ce coffret…
PARMELINE – cédant immédiatement
Oui, je l’admets.
CARTANEGE – agacé
Vous recommencez !
PARMELINE et ESCHYLE –
Quoi donc ?
CARTANEGE – à Eschyle
A interrompre les gens !
PARMELINE –
Pardonnez-moi, je ne m’en suis pas rendu compte…
CARTANEGE –
Mais non, pas vous, madame, (à Eschyle) Vous !
ESCHYLE – ahuri
Moi ?
CARTANEGE –
Oui, vous, évidemment vous ! Qui d’autre puisque j’ai dit à Parméline que ce n’était pas à elle que je m’adressais !
ESCHYLE –
Vous, par exemple !
CARTANEGE –
Je ne vais pas m’adresser la parole à haute voix, vous êtes idiot !
ESCHYLE – outré
Non, je ne suis pas idiot !
CARTANEGE – simple
Eh bien, si, vous l’êtes !
Un temps.
Cartanège retourne s’asseoir.
ESCHYLE –
Je suis désolé de vous avoir coupé la parole, en tout cas…
CARTANEGE – excédé
Mais pas à moi, voyons, je ne disais rien… Vous avez coupé la parole à Parméline qui était en train de nous expliquer qu’il fallait la classer dans une certaine catégorie.
ESCHYLE –
Laquelle ?
CARTANEGE – perdu
Quoi donc ?
ESCHYLE –
Catégorie.
CARTANEGE – contenant une colère montante
Je ne le sais pas puisque vous lui avez coupé la parole à ce moment-là !
PARMELINE – intervenant, détachée
Ecoutez, je crois que vous vous trompez lourdement, Cartanège, je n’ai rien dit depuis près de vingt minutes et je peux même ajouter que…
ESCHYLE – la coupant à nouveau
Ah, non, vous mentez ! Vous avez parlé il n’y a pas deux minutes !
CARTANEGE – à Eschyle, explosant
Vous recommencez ! !
ESCHYLE – culpabilisant, honteux
Oui… je m’en suis rendu compte mais il était trop tard… désolé…
PARMELINE – agacée
Ah, et vous continuez avec vos excuses !
Cartanège prend sur lui pour se calmer
ESCHYLE – même jeu
Oui, là aussi, je m’en suis rendu compte trop tard… (se retenant, puis cédant) Désolé… (déçu) Ah ! J’y étais presque ! [/b]









