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Une petite idée du contenu du roman.
Quand il vit ce sur quoi il allait tomber, il hurla et battit des bras. Quelques gardes étaient restés à l’endroit où il était passé à l’aller et où il avait bêtement laissé sont grappin. Ils avaient simplement étendu un filet à l’endroit où ils supposaient qu’il toucherait terre. « Ne jamais sous-estimer ses ennemis ! se dit-il en atterrissant droit dans le filet tendu. Pris au piège comme un poisson ! » Il avait beau se débattre, le piège se refermait sur lui, inexorablement. Bientôt, il cessa de remuer, comprenant que la partie était perdue. On lui attacha les mains et les pieds, puis on lui banda les yeux. Un moment passa, durant lequel il n’entendit rien d’autre que le bruit du vent dans les arbres et la respiration du garde qui était resté auprès de lui, l’autre étant parti auprès de son maître pour lui dire qu’il lui avait ramené son nonos ! Puis un bruit de botte se fit entendre dans l’herbe et une voix mielleuse qu’il commençait à détester retentit dans la nuit : - Allons, allons ! Théo, pensiez-vous vraiment pouvoir m’échapper, à moi le Grand Conseiller ? Il l’imaginait bien, sa longue chevelure blanche flottant dans l’air comme un nuage et ses yeux bleus calculateurs fixés sur son corps. Il voyait déjà le sourire faux peint sur le faciès de l’albinos, ses dents blanches étincelantes de triomphe. Il n’en éprouva qu’un peu plus de haine. - Oh non ! répliqua-t-il Disons que je trouvais plus amusant de sauter dans un filet ! Remerciez bien vos gardes de m’avoir bandé les yeux, cela me permet d’éviter d’avoir votre face de rat dans ma ligne de vision, j’en aurais la nausée ! - Des insultes, maintenant ! Mais dites-donc, n’avez-vous pas été éduqué ? On va bien s’entendre, j’en suis sûr… Enfin, si vous voulez la vie sauve, bien sûr ! Sinon, je crois que ma parole a bien plus de poids que la votre face au roi ! - C’est vrai que vous êtes quelqu’un de lourd et pas simplement votre parole ! railla Théo. Mais j’ai un ami qui vous battrait dans la vanité ! Voulez-vous que je lui dise de venir ? J’ai aussi découvert une bonne dizaine d’autre Sang-de-Loups dans ma famille, qui n’attendent que ma disparition pour s’incruster dans vos petites affaires… « Ça c’est un bon mensonge, plausible, et qui pourrait lui donner matière à réfléchir ! » - Mes petites affaires ? Et quelles sont-elles, s’il vous plait ? - Oh ! Je n’en parlerais pas en public, cela pourrait compromettre vos plans ! Vous savez bien lesquels, voyons, ne m’obligez donc pas à le crier à tue-tête ! - Bâillonnez-le ! cracha alors le Grand Conseiller. Qu’il cesse de dire des âneries, cela m’ennui. - Mais vous êtes quelqu’un d’ennuyeux et, en parlant d’âneries, je ne suis pas sûr d’être l’âne… ou le dindon de la farce, si vous préférez ! Vous manquez sérieusement de jugeote, si je puis me permettre, Grand Conseiller ! - Permettez-vous ce que vous voulez, vous faire fouetter ne m’en sera que plus doux, jeune homme. Jusqu’à ce que vous mourriez… Ce serait un accident, mais tellement plaisant accident ! Un peu comme sucer un bonbon, un carambar que fabriquent vos semblables ! - Quel dommage ! Je pensais que vous étiez un homme plus intelligent que ça ! Répondre à l’insulte par la violence démontre précisément que je me trompais. Vous savez, en parlant de friandises, on dit souvent des gardes du corps que ce sont des malabars, parce qu’ils sont carrés mais ont peu d’esprit, utiles pour taper, mais pas vraiment pour résoudre une équation. En seriez-vous donc un, cher monsieur ? Remarquez, dans ma langue, les initiales de Grand Conseiller, c’est G.C… comme Grand Con ! Je… Un coup lui atterrit durement sur l’arrière du crâne, aussi soudainement que gronde le tonnerre, l’arrêtant net dans sa phrase. Il sentit son esprit se brouiller et se faire vague. Il sombra dans les ténèbres de l’inconscience, emportant tout de même son ironie avec lui, une dernière pensée avant de ne plus rien voir, ne plus rien sentir. « Carambar, malabar, ça rime ? Seuls les imbéciles font des rimes sans le savoir, à ce qu’on dit. Bon, j’avoue avoir été bête, aujourd’hui… en fait. Mais, après tout, comment aurais-je pu me douter qu’ils auraient apporté des filets ? En tout cas, c’est bon à savoir, le Grand Conseiller n’aime pas être contrarié ! »
Une cellule grise, exigüe, froide et inconfortable. Voilà l’endroit dans lequel il se réveilla, grelottant et tout endolori, le crâne prêt à éclater. Il n’y avait même pas de fenêtre ! Juste des murs de pierre qui n’avaient plus vu le jour depuis des années, un lit de la même matière recouvert d’une couverture dans un piteux état, et un pot en fer blanc dans un coin. Une large porte barrée de fer trônait au centre à l’opposé de son lit et seule la lumière d’un flambeau qui passait au travers d’une lucarne sur cette dernière éclairait sa cellule de sa lueur jaunâtre et tremblotante. - Génial, dit-il en se massant la nuque, c’est tout ce dont je rêvais depuis toujours, un chambre spacieuse et bien éclairée ! Que vouloir de plus ? - Un petit déjeuner copieux, peut-être ? lui répondit une voix derrière la porte. Tu as de la chance, nous n’avons pas l’habitude de maltraiter nos prisonnier. Tiens, en voilà un. Un plateau passa par la lucarne et Théo alla le récupérer. Il remercia son geôlier et emporta son petit déjeuner sur son lit. Du lait froid et un quignon de pain dur. « Quel petit déjeuner, dis-donc ! On se croirait dans un hôtel quatre étoiles ! »
_________________ [-Rien ne vit si rien ne vaut!-]
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