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Galaxia- chapitre 1

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Galaxia- chapitre 1

Messagede zeraquiel » 01 Aoû 2009 4:05

CHAPITRE I
La mystérieuse inconnue


L’orphelinat de Saint André est un bâtiment plutôt ancien, là-bas les enfants recueillis y vivent des jours plutôt paisibles. Tristan est un garçon qui fut intégré bébé. Il y vit donc depuis un peu plus de dix années.
Bien des parents adoptifs se sont présentés, mais aucun jusqu’ici ne prêta vraiment d’intérêt à cet enfant délaissé.
Plutôt petit de taille, les cheveux noirs et la coupe au bol, Tristan est un petit gosse rachitique qui compte cependant une différence physique bien particulière des autres enfants. En effet, la nature l’a doté de deux magnifiques yeux de couleurs différentes. Le premier étant d’un bleu azur glacial et le deuxième d’un vert émeraude brûlant.

C’est les vacances d’été à l’orphelinat. Le soleil illumine le parc du bâtiment et presque tous les enfants et les adultes sont dehors en train de profiter du plein air et de cette magnifique journée. Tous ? Non. Tristan est resté à la bibliothèque presque tout l’après midi. Assis par terre entre deux grandes étagères de livres, notre petit garçon est plongé dans la lecture passionnante d’un roman fantastique.
Les heures passent et le vieil homme responsable de la bibliothèque fait des allers-venus pour simplement faire acte de présence. L’enfant reste là, assis à l’abri des regards indiscrets. Il tourne les pages minute après minute dévorant son livre qu’il est sur le point de finir en une seule journée.
Tout à coup il s’arrête et referme son volume en soupirant. Le petit garçon s’ennuie. Ce bouquin comme beaucoup d’autre est bien trop ennuyant. Pas vraiment décidé à rejoindre ses camarades dehors, notre jeune asociale se lève et s’approche d’une grande fenêtre pour regarder dehors.

La vue imprenable sur les bois avoisinants l’apaise. Son visage se décontracte mais rapidement son air redevient soucieux et ennuyé. C’est déjà le soir et les enfants rentrent pour le souper. Tristan les regarde circuler vers la cantine.
Ses yeux se posent petit à petit sur chaque détail du parc désormais désert. Il aperçoit un écureuil qui ne tarde pas à sauter d’arbres en arbres pour aller se cacher.
Soudain son regard s’affine et ses sourcils se lèvent d’étonnement. Pratiquement dissimulé derrière un épais buisson, à demi-éclairé par la lune argenté, le regard d’une petite fille l’observe à l’instant même.
À l’instant où les regards se croisent, la lumière de la pièce s’éteint subitement laissant l’obscurité s’installer dans la bibliothèque. Il sursaute avant de poser sa main sur son cœur en soupirant encore quand la voix du responsable de la salle résonne :
- Bon ça suffit la lecture pour aujourd’hui. Il est temps d’aller dîner mon garçon !
Le vieil homme se caresse la barbe et murmure quelques mots inaudibles. Il ouvre la porte et sort espérant ainsi faire hâter le jeune garçon.
Tristan reste figé observant la grande salle obscure avec une légère angoisse. Il se retourne pour à nouveau porter ses yeux vers le buisson mais n’y découvre plus de petite fille.


Les enfants se retrouvent tous dans la cantine. Tristan s’assoit à côté de ses camarades sans un mot. Aux tables les enfants discutent de bon train. A côté de lui, son ami Sofiane l’observe d’un air désintéressé puis doucement il lui met un petit coup de coude taquineur en déclarant :
- Alors t’étais où ? T’as raté quelque chose dehors ! On a tous jeté de l’eau sur Monsieur Tibernier ! Il était complètement mouillé de la tête au pied ! Tu l’aurais vu crier... Il a même poursuivi Fabien pour l’arroser.
Sofiane est un petit garçon gentil de onze ans. Plutôt rondouillard, c’est un enfant très sociable. Il connaît Tristan depuis plus de deux ans. Ils se retrouvent souvent pour lire des bandes dessinées à la bibliothèque.
Tristan marmonne avec désinvolture :
- J’étais en train de lire un livre...
- Encore à traîner à la biblio ! Tu vas finir pas te transformer en rat !

Non loin de là sur la table d’en face, une table de garnements dévisagent sournoisement le petit Tristan et son ami. À leur tête : le terrible Thomas Portaz. Un sale gosse de quatorze ans qui terrorise tout le monde. Le groupe des cinq pré-ados n’hésitent pas à se moquer de nos deux amis. Sofiane comprend vite qu’ils vont s’en prendre encore à Tristan et raconte :
- Ne fais pas attention à eux. Ce ne sont que des abrutis... De toute façon ils restent encore que quelques mois à les supporter !
L’effrayant Thomas se lève de la table et vient s’asseoir à côté de Tristan. De ses yeux si méprisant, il dévisage notre ami qui tente de l’ignorer en continuant de manger sa purée de pommes de terre. L’infâme voyou, à la réputation si mauvaise, le provoque en disant :
- Salut le bouffon ! Elle est bonne ta purée aujourd’hui le bouffon ?
- Ouai...
- On t’a pas vu aujourd’hui le bouffon... Comment ça se fait ?
- J’étais à la bibliothèque...
Thomas ricane puis tourne sa tête pour tenter au mieux de regarder son interlocuteur dans les yeux. À la table d’en face les autres vauriens n’en ratent pas une miette et raillent telles des hyènes méprisantes. Leur chef en profite pour surenchérir :
- T’as peur ou quoi ?
- Non j’ai pas peur...
Pendant ce temps, Sofiane se contente d’ignorer la scène en plongeant son regard dans son assiette. Dans la cantine les conversations ont baissé en intensité et beaucoup observe le spectacle avec une certaine frayeur.
Le petit caïd sort de sa poche une photo où l’on aperçoit Tristan plus jeune avec une femme au visage rassurant. L’adolescent sourit comme un serpent en murmurant :
- Et maintenant t’as toujours pas peur ? Je l’ai trouvé sous ton oreiller pauvre bouffon ! Tu la prenais pour ta mère cette surveillante !? Pff ! Je suis sûr que ta mère devait être bien plus laide que ça !
- Rends la moi s’il te plaît…
Tristan arrête subitement de manger. Il garde sa main sur son assiette pleine de purée puis doucement il porte son regard sur son agresseur qui rajoute :
- J’veux que tu le dises.
- Dire quoi !?
- J’veux que tu cries devant tout le monde que t’es un pétochard et un gros bouffon ! Sinon je déchire cette photo pourrie et je la brûle !
- Thomas ! Veux-tu retourner à ta table maintenant ! S’il te plaît Thomas !
- T’as du bol le bouffon...
Tout en se levant du banc en bois, le jeune adolescent jette un œil sévère à la surveillante qui est déjà retourné dans les cuisines puis s’écrie pour bien se faire entendre par toute la salle.
- Oh regarde il y a une mouche dans ta purée !
Tristan regarde son assiette et le sale garnement lui plonge la tête dedans en poussant un rire désagréable. La cantine entière se met à éclater de rire tandis que Thomas se faufile jusqu’à sa table tel un serpent perfide.


Il est minuit passé et tout le monde dort dans les dortoirs de l’orphelinat de Saint André. Pratiquement côte à côte, dans leurs deux lits respectifs, Tristan et Sofiane chuchotent encore dans l’obscurité de la vaste pièce :
- J’ai vu une fille à la bibliothèque ce soir.
- Hein ? Une fille ? Et alors ?
- Non mais t’a pas compris... J’ai vu une fille dans le parc !
- Okay... Super... T’a vu une fille dans le parc... Génial ça va passer dans le journal du vingt heure !
- Non mais je t’explique... La fille…
- Ouais!?
- Elle était pas de l’orphelinat. J’en suis sur !
- Ah bon c’était qui alors ?
- Et bien j’en sais rien mais… Oh et puis laisse tomber !
Sofiane rigole tout à coup en se cachant la bouche dans les draps. Tandis que Tristan l’observe en demandant :
- Quoi !?
- T’es amoureux !
- Mais n’importe quoi !
La lumière s’allume au fond du dortoir et un adulte ouvre la porte avec une lampe torche à la main. Le sévère surveillant déclare :
- Si j’entends encore un bruit... Le prochain qui parle ou même qui éternue ! Il dormira dans la cave !


Quelques heures plus tard, les enfants dorment tous à poings fermés. Seul Tristan ne trouve pas le sommeil. Il se lève pour aller boire, mais arrivé dans le couloir le surveillant l’attrape brusquement en murmurant agressivement :
- Qu’est-ce que tu fabriques encore à te balader dans les couloirs ? Bon ça suffit ! Je veux même pas entendre la réponse. Suis moi t’iras dormir tout seul dans la chambre du fond.
Sans vraiment réagir l’enfant se fait conduire dans une pièce isolé du reste du groupe où le surveillant l’enferme en expliquant :
- Je suis vraiment trop crevé pour supporter toutes vos bêtises... Maintenant tu dors et que je ne t’entende plus jusqu’à demain !
Tristan est seul dans la pièce. Au bout de quelques minutes, il se décide enfin à s’allonger dans le petit lit et observe la sombre chambre si silencieuse pour lui habitué aux dortoirs.
L’inquiétude le gagne tant le silence est pesant autour de lui. Le sommeil ne vient toujours pas du fait de la chaleur étouffante. Face à son lit, un large placard et une petite fenêtre. A l’extérieur un orage s’annonce car des éclairs déchirent le ciel.

Une heure passe et le marchand de sable semble l’avoir oublié. Il observe la petite fenêtre et se perd dans son imagination. Soudain une angoissante ambiance envahit la pièce. Le gamin détourne les yeux vers l’armoire et semble avoir entendu un bruit. La peur l’envahit aussitôt car cette pièce est vraiment lugubre. Un léger courant d’air froid parcoure tout son dos jusqu’à sa nuque. Tristan scrute l’armoire avec insistance mais rien d’autre ne se produit. Quand l’enfant se retourne dans le lit en soupirant, le bruit se répète rappelant un étrange toc-toc de porte. Aucun doute possible, le son provient de l’armoire. La peur s’agrandit peu à peu et le petit garçon avale difficilement sa salive.
Encore le même retentissement un peu plus fort cette fois-ci à tel point que l’atmosphère devient glaciale.
Un chat blanc apparaît devant la fenêtre qui éclaire la pièce d’une faible lueur vers le lit. C’est Théophile, le chat de l’orphelinat que tous les enfants connaissent. L’animal miaule pour rentrer ce qui rassure un peu plus l’enfant. Le chat gratte sur la vitre tandis que la pluie commence à tomber à l’extérieur. Pas vraiment encore rassuré, Tristan se lève tout de même et ouvre la fenêtre à l’animal qui se faufile sans hésiter dans la pièce. L’air frais ramène l’enfant à la réalité mais le temps est trop mauvais pour garder la fenêtre ouverte. Il guette l’extérieur hésitant même à sauter dans le parc pour fuir cet endroit si désagréable.
Brusquement l’armoire résonne du même bruit beaucoup plus violent et Tristan sursaute en se retournant. Il découvre avec stupeur que l’armoire s’est ouverte. Effrayé, il saute dans le lit se blottir dans les draps, les yeux rivés vers l’armoire sans vraiment comprendre ce qui se passe. Un courant d’air referme la vitre violement et l’enfant sursaute encore. Cette fois-ci c’est le chat qui pousse un bref cri de douleur tout à fait terrorisant. Les secondes suivantes paraissent des heures tant la tension est grande. Le petit garçon comprend que le chat était sous le lit. Il resserre les draps contre lui en murmurant d’une voix tremblante :
- Théophile ?
Et comble de l’horreur c’est une voix caverneuse qui lui répond en chantonnant avec sadisme :
- Connaissez-vous Croque-Mitaine ?
Miton, miton, mitaine !
Il a deux yeux grands et perçants !
Une grande bouche, de grosses dents !

Tristan écarquille les yeux sous les virulents battements de son coeur. Il n’ose réagir tant la peur est gigantesque. Son nez se débouche littéralement sous l’épouvante. Complètement paralysé par l’effroi l’enfant voit ses draps happés très farouchement sous le lit. Naturellement il crie sous l’épouvantable scène surnaturelle qu’il est en train de vivre. Figé sur le matelas l’enfant ne peut s’empêcher d’écouter le silence en tremblotant. Resté tapis dans l’obscurité une grosse masse se déplace du dessous du lit vers l’armoire laissant n'apparaître qu’une houppelande rouge. Dissimulant derrière lui un grand sac de jute, la silhouette s’abrite dans le noir tirant la porte de l’armoire. À nouveau, la diabolique chose déclare :
- N’aie pas peur mon enfant...
Une large et horrible main griffue sort de l’ouverture du placard en tendant quelques petits objets en son creux qu’on ne distingue pas dans l’obscurité. La ténébreuse voix reprend avec vice :
- Ne voudrais-tu pas un bonbon... Un chocolat ou un caramel ? J’ai même des bâtons de réglisse et des roudoudous pour toi si tu veux...
L’armoire vibre violemment tout à coup tandis qu’un grotesque claquement de dent se fait entendre. La créature reprend doucement en soupirant d’impatience :
- Aie confiance... Je suis le Père-Noël et je t’offre des friandises... Approche mon enfant... N’aie pas peur...


La serrure de la porte résonne et le surveillant rentre brusquement dans la pièce sous un nouveau cri du petit Tristan. L’adulte s’étonne de ne pas pouvoir allumer la petite chambre. L’homme tient une lampe torche à la main et éclaire l’enfant en demandant :
- Qu’est-ce que tu fabriques encore ? Où sont les draps !?
Tristan reste muet et tremblant en constatant que l’ampoule semble avoir disparu. Le gamin pétrifié n’arrive pas à réagir tandis que le surveillant poursuit :
- Tu as fait un cauchemar ou tu fais le pitre ?
L’adulte éclaire le sol et découvre avec étonnement du sang et des poils au bas du lit. Il s’avance dans la pièce en marmonnant :
- Mais c’est quoi tout ce...
L'adulte stupéfié suit du regard les éclaboussures sanguinolentes qui recouvrent le carrelage. Mais tandis que l’homme détourne son attention, l’ignoble créature cachée dans le placard reçoit sur son horrible main par hasard, un peu de lumière du faisceau de la lampe torche. La réaction du monstre est immédiate. La bête pousse un cri de douleur absolument épouvantable. Sous l’intensité du bruit toutes les vitres de l’orphelinat explosent littéralement. Même les miroirs et les autres ampoules du bâtiment partent en morceau. Le surveillant tombe en arrière sous l’effet de surprise et reste médusé devant l’infâme silhouette qui pulvérise les portes du placard en hurlant de plus belle dans sa direction. Sans même avoir le temps de respirer la masse obscure se jette sur lui en le plaquant très violemment à terre.

Cette fois-ci le cri vient du surveillant qui se débat frénétiquement comme si la morsure de cette chose était particulièrement insoutenable. Mais le monstre semble posséder une force colossale. La créature à forme humaine soulève sa proie brutalement en la maintenant contre le mur cette fois-ci. Tristan complètement tétanisé reste impuissant face à la scène cauchemardesque. Bloqué entièrement contre la paroi de la petite chambre l’adulte observe l’enfant en murmurant dans son agonie :
- Cours... Cours... Vite... Va...

Mais la terreur est trop grande pour bouger le moindre cil. Le garçon se contente de pleurer quand à nouveau le monstre tourne son attention vers lui. Un éclair tombe à l’extérieur ce qui illumine la pièce et pendant un bref instant, l’enfant découvre le monstre face à lui. La bête hurle à nouveau comme si la lumière l’avait brûlé. Le surveillant retombe au sol tandis que la créature se précipite à nouveau sous le lit. Cette fois encore le son était si violent que les oreilles du gamin sifflent. Il regarde le surveillant qui rampe vers lui en hurlant des phrases qu’il n’entend même plus. A l’extérieur l’orage est évidemment là et la pluie tombe sans retenue. L’ouïe revient peu à peu et Tristan parvient à entendre l’adulte qui hurle de ces dernières forces :
- ... fou ! Mais dégages d’ici bon sang !
Tristan réagit aussitôt et bondit du lit vers la fenêtre qu’il s’empresse d’ouvrir. Il tente de sauter vers l’extérieur mais le monstre saisit brusquement sa frêle cheville du dessous du lit en expliquant de sa voix abyssale :
- Nous sommes tous venus te chercher... Je suis venu te chercher depuis si loin... J’ai attendu ce moment depuis si longtemps... Nous ne sommes que deux à t’avoir retrouvé... Mais c’est moi le premier ! Je ne suis pas méchant mon garçon... Viens donc sous le lit avec moi... Maintenant !
Un autre éclair illumine la chambre et la créature terrorisante relâche sa prise en hurlant encore. Tristan saute dans le parc sans hésiter. Sans se retourner l’enfant court de toutes ses forces, tout droit sans réfléchir. Ses pieds nus glissent sur le sol boueux. En short et en débardeur blanc sous une pluie interminable, il court si vite que même la fatigue semble l’avoir oublié. Il traverse les bois sans hésiter, franchissant les buissons épineux sans marquer la moindre gêne à s’égratigner. Il court sans distinguer sur quoi ses pieds vont se poser à chaque pas. Aucune distance ne semblera assez longue pour fuir ce cauchemar.

Deux-cents mètres à peine et il tombe bêtement en s’accrochant le pied dans une racine. En se relevant péniblement, il se rend compte qu’il fait froid tout à coup comme si on était en plein hiver. Le petit garçon a le cœur qui s’emballe quand la pluie s’arrête soudainement. Une étrange impression l’envahit, cette fois-ci c’est sûr, quelque chose l’observe. Tristan tourne autour de lui-même en observant le sommet des grands arbres. Il a la chair de poule et frissonne encore…
Brusquement un puissant grognement se fait entendre au loin, jamais de sa vie il en avait entendu de pareil. Figé par la terreur, il se retourne dans la direction du bruit surréaliste. À nouveau le grognement se fait entendre mais plus longuement cette fois-ci.
Sans s’en rendre compte l’enfant recule et colle son dos au tronc de l’arbre quand une légère brise glaciale le caresse et le fait trembler davantage. Les fines branches de l’arbre s’écartent pour laisser passer la brise gelée. Ses yeux sont écarquillés de panique quand il aperçoit la petite fille de la veille courir vers lui à toute allure. Il crie quand celle-ci s’agrippe à son bras en lui ordonnant :
- Cours !
La fillette lui maintient fermement le bras et l’emporte sur quelques mètres avec elle en le tirant vigoureusement. Tristan est complètement déboussolé et trébuche à nouveau. Elle hurle de plus belle :
- Relèves-toi !
La petite inconnue tourne la tête avec frayeur en arrière, ses longs cheveux lui cachant le visage. Elle s’égosille encore sans lâcher Tristan :
- Il faut courir ! Ils arrivent !
Sans se poser de question, le garçon se relève tandis que le grognement s’amplifie et semble se rapprocher. La fillette reprend sa course effrénée à travers les buissons du parc en criant à nouveau :
- Suis-moi !
La gamine le lâche brusquement. Il décampe comme si sa vie en dépendait. Malgré toute son énergie le petit garçon est stupéfait de constater que la fillette court beaucoup plus vite. Elle s’écrie avec vigueur devant lui :
- Cours plus vite !
- Je… Attends…
Devant lui l’inconnue s’arrête brutalement à côté d’une rangée d’épais buisson. Lorsqu’il arrive à sa hauteur, la fillette le plaque pour qu’ils puissent tomber ensemble dans les arbustes. Couchés tous les deux par terre, les deux enfants semblent terrorisés. Au dessus de leurs têtes, les fourrés les cachent de la vue de tout intrus.
Encore sous l’effet de la panique, Tristan n’ose guère demander la moindre explication. Son cœur bat la chamade et il comprend vite que le danger est grand. La fillette se rétracte et chuchote :
- Quand ils vont arriver... Ne les regarde surtout pas dans les yeux... Et pense aussi à arrêter ta respiration !

Tristan la regarde avec stupeur puis il entend tout à coup une sorte de très gros animal cavaler vers leur cachette. Se resserrant contre lui, la fillette rajoute dans un murmure :
- Ils peuvent pas nous voir quand on respire plus...
Les bruits de pattes lancées en pleine course s’arrêtent à quelques mètres d’eux. À travers les herbes le petit garçon aperçoit avec terreur les membres de ce qui lui paraît plus être les pattes d’un monstre que celles d’un gros animal.
Les deux enfants sont tétanisés et le gamin sous les conseils de l’inconnue s’est arrêté de respirer. L’énorme créature est imperceptible à cause des branches. Seules les formes démoniaques de ses quatre énormes pattes poilues se distinguent dans la nuit. La créature renifle violemment l’air en grognant sauvagement à nouveau.
Le terrifiant monstre se tourne et se retourne frénétiquement en faisant vibrer le sol sous le regard terrifié des deux petits enfants bien cachés et toujours en apnée. Tristan plisse davantage les yeux encore espérant peut-être se réveiller de cet horrible cauchemar, tandis que la fillette a posé ses mains sur sa bouche en serrant son nez.
Les secondes semblent interminables et la température est plus que glaciale. Le gamin ouvre les yeux doucement et semble s’asphyxier mais la terreur est tellement grande qu’il préfère mourir étouffer plutôt que de prendre le risque d’inspirer.
Chaque seconde est un calvaire pour les nerfs des deux enfants. L’abominable créature semble comprendre qu’ils sont tout proches. Le dantesque monstre s’approche du buisson et le renifle furieusement en grognant très fort. Puis sans plus d’explication, l’énorme chose bondit et disparaît en détalant férocement plus loin. Soudain la fillette se relève en déclarant d’une voix peureuse :
- Ils vont revenir ! Nous devons partir d’ici !
Tristan et l’inconnue sortent des buissons en courant à vive allure. Encore une fois, le petit garçon s’étonne de la rapidité quasi-surnaturelle de la gamine. Ils arrivent aux limites du parc dont le grand mur semble infranchissable. Tout en courant l’inconnue entrelace ses mains puis comme par magie elle traverse le mur tel un fantôme !
Le petit garçon reste bouche bée avant de s’arrêter devant le considérable mur. Il touche la paroi qui est pourtant bien solide. La fillette réapparaît à sa droite mais cette fois-ci ce n’est que la moitié de son corps qui est visible et qui ressort du mur. Elle déclare sans hésiter :
- Mais qu’est-ce que tu fais !? Sers-toi vite de ton anneau !
- Quoi !?
- Non ! C’est pas vrai ? Ne me dit pas que tu n’as plus d’anneau !?
- Je fais comment !?
La fillette disparaît à nouveau dans le mur tandis que notre jeune héros observe ses mains par curiosité. La gamine crie de l’autre côté de la rue :
- Je vais te lancer le mien !
- D’accord…
Celui-ci se retourne vers les bois en tremblant. Le silence ne le rassure en rien. L’enfant regarde le haut du mur en espérant y apercevoir l’anneau passer de son côté. De l’autre côté la fillette demande :
- Tu l’as ?
- Non je ne le vois pas !
Tristan inspecte les herbes avec la plus grande concentration mélangée à une épouvantable panique. L’anneau n’apparaît toujours pas à sa vision. Il se retourne pour scruter les bois et la paralysie de la terreur fait encore son effet. Il se ressaisit et fouille encore le sol ténébreux en se baissant cette fois-ci sur ses genoux. La gamine persiste de l’autre côté de la rue en déclarant d’un ton angoissant :
- Dépêches-toi ! Ils vont revenir ! Dès que tu l’as trouvé enfile-le sur ton petit doigt et traverse le mur en courant !
- Je ne le trouve pas ! Je vois rien !
- Cherche le bien ! Il ne peut pas être bien loin !
Le pétrifiant grognement reprend non loin de là. L’enfant entend déjà le monstre courir vers lui. Ses jambes ressentent le tremblement qu’imprime la course de cette immense bête au sol quand il se rend compte que la seule chance de s’en sortir, de la semer, c’est de trouver l’anneau.
L’effroyable créature fonce vers lui mais instantanément le gamin arrête sa respiration. Derrière les arbres, l’énorme masse monstrueuse freine sa course sur le champ.
La colossale silhouette grogne à nouveau en reniflant la direction de l’enfant. Tristan se relève doucement et l’énorme bête avance de quelques mètres vers lui en s’arrêtant encore.
Il aperçoit les phénoménaux et terrifiants yeux rouges luminescents de ce qui semble ressembler à un très grand loup, à une sorte de monstre démesuré pourvu d’un poitrail de boeuf, d’un dos de crocodile et d’une queue qui semble interminable. Les pupilles abominables de l’animal diabolique semblent interpréter la peur de l’enfant.
Trop effrayé pour soutenir ce regard si perçant le gamin baisse les yeux. Par miracle il aperçoit l’anneau reflétant la lueur de la lune apparaissant à travers les nuages.
Paralysé par l’épouvante, il n’ose pas se baisser pour ramasser l’anneau. L’affreuse bête disproportionnée renifle violemment l’air à tel point que même le tee-shirt de Tristan semble littéralement être aspiré par la truffe du monstre !
L’air manque rapidement à l’enfant et celui-ci prend le risque de se baisser précipitamment pour ramasser l’anneau. Sans lever les yeux et dans la même seconde il enfile l’anneau sur son petit doigt.
L’immonde créature fonce vers lui en dégageant un grondement aussi bruyant que le tonnerre. Lorsqu’elle attaque, elle paraît avec la gueule ouverte, une houppe de poils sur les yeux qui se redresse, de même que les poils d’une bande noire qu’elle a le long de l’échine. Ses yeux étincellent sous les houppes de feu et de rage. Cet animal parait avoir la grandeur d’un taureau de corrida, le poitrail fort large, la tête et le col fort gros, les oreilles plus longues que celles du loup, le museau à peu près comme celui du cochon.
A cheval sur l’immense loup monstrueux, le dos tourné vers la tête de la bête, parce qu’il ne saurait aller autrement à cause de la rapidité de la créature, l’immonde croquemitaine brandit un grand martinet qu’il fait tournoyer en récitant ces paroles de sa voix caverneuse :
- Viens, bête à laine, c’est l’agneau d’humilité ; je te garde. Va droit, bête grise, à gris agrippeuse ; va chercher ta proie !
Heureusement Tristan traverse le mur avant même que la bête ait eu le temps de l’attraper !
L’enfant aperçoit la rue et la petite fille. Il se retourne hâtivement et découvre que l’épais mur se fend brutalement sous un énorme choc causé côté parc.
La créature vient de percuter le grand mur violemment. L’énorme monstre grogne encore sauvagement. Tristan continut de courir dans la rue sous les lumières des lampadaires. La petite fille lui crie aussitôt :
- Attends ne cours plus. Ici nous n’avons plus rien à craindre de lui. Ils détestent tous les deux la lumière vive !
L’inconnue montre d’un signe de la main les pylônes au garçon. Tandis que de derrière le mur l’infâme monstre rugit de fureur avant de se retirer plus loin. La fillette baisse la tête en racontant :
- Il faut se garder d’évoquer son nom, si l’on ne veut pas le voir apparaître, comme le dit l’adage fameux : « Quand on parle du loup, on en voit la queue. »
Tristan, déboussolé, se rapproche de la mystérieuse jeune fille et tente d’apercevoir son visage sous la lueur des réverbères. Il est encore inquiété mais persiste à découvrir l’apparence de cette enfant qu’il n’a jamais vu. La gamine poursuit ses explications sans broncher comme si tout ceci lui paraissait naturel :
- De même, l’haleine et le regard du loup ont le pouvoir de…
C’est une magnifique petite fille qui a environ le même âge que lui. Ses longs cheveux sombres sont parsemés de mèches dorées. Son visage est angélique et Tristan n’avait jamais vu de fille aussi ravissante de sa vie.
-…faire perdre la voix à celui ou celle qui a le malheur de croiser le fauve. ..
Ses yeux sont comme les siens : L’un est d’un bleu azur glacial et le deuxième d’un vert émeraude brûlant. Le cœur du petit garçon ne percute plus sa poitrine de peur ; la simple vue de cet ange le rassure. Il se sent apaisé et serein.
- …Au mieux, il en ressort enroué.
La gamine l’observe aussi avec insistance. Ses vêtements sont aussi étranges qu’elle. Jamais le garçon n’en avait vu de semblables ils semblent avoir était fabriqués dans un autre monde.
Il ne se lasse pas de la regarder malgré sa timidité. Elle semble lui apporter de la compassion et du courage par son simple regard.
Il observe l’éblouissante fillette qui regarde les alentours. Le petit Tristan est gêné par la beauté de cette gamine et finit par détourner le regard. Elle tend alors la main en déclarant de sa voix si douce :
- Tu peux me rendre l’anneau maintenant…
- Euh… Oui tiens !
Il ôte l’anneau multicolore de son petit doigt et lui rend. La jeune inconnue le récupère et le place cette fois-ci sur son pouce et comme par magie le bijou semble s’adapter à la taille de son doigt.
La fillette regarde le bout de la route et une voiture arrive. Le véhicule passe devant eux comme si de rien était. Tristan ne peut s’empêcher de cacher son visage par appréhension en marmonnant :
- Je… Je dois retourner à l’orphelinat maintenant. Les surveillants vont s’inquiéter... S’ils me retrouvent dehors ça va barder ! En plus je pourrais les prévenir pour le…
- Je suis désolé mais dans une heure ton orphelinat n’existera plus…
- Comment ça l’orphelinat n’existera plus ?
- Oui ! Ils l’auront sûrement renouveler.
- Quoi !?
- Nous en parlerons plus tard car notre rendez-vous va arriver d’un instant à l’autre. Espérons juste qu’il sera là à l’heure ! Si jamais il est encore en retard « La Contribution » nous anéantira tous les deux et nous serons effacer comme tous les autres… Vaut mieux pour nous que notre rendez-vous arrive !
- Mais de quoi tu parles !? Qui es-tu ?
L’inconnue regarde toujours le fond de la rue dans l’attente de quelque chose tandis que le gamin regarde autour de lui avec panique. Tout à coup, au bout de la route, une fumée apparaît et quelque chose de très rapide semble déjà freiner.
Un bruit strident résonne dans les environs et Tristan n’en croit pas ses yeux : un escargot géant fonce à toute allure vers eux. Le gastéropode fume de toute part et dégage le fameux et étrange bruit strident avant de se mettre à rigoler comme un petit fou. Il finit par s’arrêter brusquement devant les deux enfants. Ses deux antennes projetant de larges yeux bleus observent l’inconnue et la créature déclare d’une voix lente et comique :
- Trop cooooool !!! J’ai explosé mon record poulette !
- Je n’ai jamais autant souhaité que tu n’arrives pas en retard !
L’escargot géant tourne ses antennes d’un coup sec vers Tristan. Un œil observant le bas de son corps, l’autre observant le visage de l’enfant. L’escargot sourit en répliquant :
- Cooooool C’est bien lui. Pas de doute.
Et encore sans paraître étonnée, la petite fille poursuit :
- Bien sûr que c’est lui, idiot !
Le gamin recule de quelques pas et devient pâle. Autant d’émotions à la fois semblent le dépasser. L’étrange gastéropode géant s’écrit subitement :
- Hey mon pote ! Sors pas de la lumière si tu tiens à tes fesses. Tu sais qui rôde dans le coin !
- Un escargot qui parle c’est pas possible ! C’est n’importe quoi... C’est une blague !?
La créature fantastique semble se vexer en rougissant puis précipitamment, l’escargot rentre sa tête dans sa coquille et rétorque :
- Va te faire voir le nain !
Tristan lève les bras au ciel en bondissant sur place et s’écrie :
- Haaa, c’est un vrai !
Plus calme, la fillette demande à l’escargot :
- Tu peux nous conduire loin d’ici Turbo ?
Il sort à peine sa tête souriante et cligne d’un oeil en répondant :
- Bien sur chérie ! Où tu voudras même sur une île déserte, poupée !
Tristan, fasciné, par le fantastique escargot demande :
- Tu t’appelles Turbo ?
Tout en se moquant gentiment l’escargot rétorque :
- Non c’est Maurice mon prénom ! Patate !
Prenant un air davantage sérieux la gamine déclare :
- Oui il s’appelle Turbo et nous devons monter dessus pour fuir tu sais qui. Dépêchons-nous il sera bientôt trop tard. La Contribution commencera quand la lune sera pleine !
La fillette toque trois fois sur la coquille et celle-ci s’ouvre pour libérer un petit espace avec fauteuil en cuir et ceinture. Le gastéropode sourit encore en faisant un autre clin d’oeil et réplique toujours avec humour :
- Ah j’adore quand tu touches ma coquille ma puce ! Vas-y bébé, pose tes fesses sur mon siège baquet spécial tunning !
L’inconnue grimpe et se tourne vers Tristan en disant :
- Monte !
Le garçon s’exécute en passant de l’autre côté de la coquille. Il hésite puis toque trois fois au même emplacement symétrique que la gamine. L’escargot réagit aussitôt en protestant sourire aux lèvres :
- Ah ! Ouh ! Berk ! Désolé mon pote, j’aime pas les hommes !
Mais la petite fille insiste en criant :
- Turbo ! On a plus le temps !
- Ouais… OK ! Allez ma poule, monte. Installes-toi mets ta ceinture et prépare le sac à vomis ! Et touche pas au poste, la musique je m’en occupe mon pote !
Un siège similaire apparaît devant notre jeune héros qui s’empresse d’y monter en accrochant sa ceinture. L’enfant n’est pas très rassuré à l’intérieur de cet étroit habitacle. L’escargot fantastique demande d’un ton joyeux :
- Bon je suppose qu’on a pas le temps de s’en griller une !?
Soudain de la musique très à la mode résonne du dessous de l’imposante coquille et Turbo retourne sa tête vers ses deux passagers en demandant :
- Tu préfères quoi mec ? Moi mon truc c’est le reggae. Tu connais quoi comme…
Mais la fillette insiste en criant de plus belle :
- Turbo ! La Contribution commence !
Tristan lève les yeux vers la pleine lune et observe les lieux avec appréhension quand instantanément l’escargot démarre sa course hallucinante. Son départ est tellement expéditif et virulent que les enfants sont complètement plaqués contre leurs fauteuils. Le vent siffle violemment dans les oreilles et le garçon paniqué s’écrie :
- J’arrive plus à respirer !
L’enfant baisse la tête entre ses genoux pour retrouver de l’oxygène tandis que l’escargot fonce à une allure surnaturelle en marquant le goudron de son passage derrière une épaisse fumée.
Jamais de sa vie Tristan n’aurait pensé aller aussi vite. Il relève sa tête et admire le prodige en voyant circuler le décor environnant à une vitesse ahurissante. Les yeux plissés dans le souffle incroyable et les cheveux dans le vent, il murmure tout seul :
- Trop bien...
Concentré dans sa course, le gastéropode nommé Turbo déclare :
- Y a des lunettes super à la mode dans la boîte à gants les amis !
Les deux enfants l’ouvrent et y découvre d’étranges lunettes fluorescentes en forme d’étoiles. Sans hésiter ils les mettent en souriant.

Les paysages s’enchaînent dans une vélocité incroyable et les deux enfants baissent la tête tant la pression de l’air est grande. Tristan ne peut s’empêcher de sourire : jamais il n’aurait cru vive pareille aventure.
Le fantastique escargot traverse même un lac à pleine vitesse. Le petit garçon n’en croit pas ses yeux et ne rate pas une miette de la course. Il détourne son regard vers la gauche et observe la lune avec curiosité. Une étrange éclipse vient à peine de débuter.
Les antennes de Turbo sont recroquevillées et l’escargot semble très concentré. A vive allure celui-ci slalome à travers les arbres d’une montagne sans même ralentir. D’un coup, il plonge même d’une falaise avant d’atterrir en souplesse sur un chemin en contrebas et ricane subitement tout en continuant sa course pratiquement supersonique. L’enfant se retourne vers sa droite et observe la fillette qui semble très soucieuse. Il repense à nouveau aux créatures si effrayantes qui les ont poursuivis dans le parc. Tristan se tourne vers l’inconnue en demandant :
- Où va t-on ?
- On est bientôt arrivé !
Le gastéropode accélère de plus belle et les deux enfants sont encore une fois littéralement plaqués contre leurs fauteuils tandis que leurs lunettes s’envolent. Turbo semble être au paroxysme de ses capacités. La gamine est obligée de crier dans le souffle pour se faire entendre :
- Pas si vite !
- Je vais exploser mon record chérie ! Je vais pulvériser le record du monde !

Tristan est accroché à son siège. Cette fois-ci la vitesse est telle que son visage se déforme à cause du vent déchaîné. Il baisse son menton contre son torse pour trouver le moyen de respirer convenablement.
Enfin Turbo ralentit quand la lumière du jour apparaît peu à peu au loin. L’escargot s’arrête enfin dans la fumée de son dérapage. Sous l’excitation il rigole encore de sa performance et déclare en souriant :
- Trop cooooool la virée ! Bon on est arrivé les amis... Bienvenue en Chine !
Tristan et la petite fille descendent de la grosse coquille en titubant. Les enfants vomissent tout à coup par terre. Et l’escargot soupire en commentant :
- Attention à pas gerber sur mes fauteuils les enfants !
La jeune fille se redresse en se maintenant le ventre et réplique :
- Je t’avais dit de pas aller aussi vite Turbo !

Les enfants récupèrent vite de cette ébouriffante balade. Notre jeune garçon regarde partout autours de lui. Sous une fine pluie du magnifique paysage semi-désertique le soleil apparaît et un arc-en-ciel se dévoile. Il n’arrive pas à en croire ses yeux en découvrant la Muraille de Chine à quelques pas de là. La petite inconnue demande à Turbo :
- Tu n’as trouvé que celui-là ?
- Non… Mais j’ai toujours rêvé de voir la muraille de Chine en vrai !
Le garçon s’étonne et demande sans vraiment rien comprendre :
- Vous cherchiez un arc-en-ciel ?
C’est la fillette qui répond :
- Écoutes-moi bien Tristan. Si tu veux rentrer dans notre monde. Tu dois te rendre au plus près du pied d’un arc-en-ciel et déclarer la formule que je vais t’apprendre tout à l’heure… Mais avant tout…
La gamine met la main dans une de ses poches. Elle en ressort une petite et étrange boule transparente. L’objet s’illumine de différentes couleurs en réactions aux lueurs du soleil. Surpris le gamin demande :
- Qu’est-ce que c’est ?
Tout en souriant niaisement, le gastéropode répond :
- T’es myope comme une taupe ou quoi mon pote ? Tu vois pas que c’est une boussole à arc-en-ciel !? Voyons mon mec ! Tout le monde sait ce que c’est !
La petite fille lui tend l’objet en forme de petit globe en murmurant doucement comme si c’était fragile :
- Prends-la.
Tristan s’empare de l’objet sans hésitation et son visage s’illumine d’excitation. Il ne peut s’empêcher de regarder à travers tandis que Turbo commente son acte :
- Et bien voilà bonhomme ! T’as trouvé de suite comment ça marche !
Et la gamine poursuit les explications :
- Si tu vois le paysage gris c’est que ce n’est pas la bonne direction d’un arc-en-ciel. Par contre si le paysage devient doré c’est que c’est la bonne route.
- J’ai compris…
L’enfant met son précieux cadeau dans le fond de sa poche avant droite de son short. La pluie s’arrête subitement au même moment. La petite fille annonce subitement :
- Dépêchons-nous le portail va se refermer !
Les enfants remontent sur leurs sièges dans la coquille de Turbo et celui-ci s’empresse de foncer vers le pied de l’arc-en-ciel. Ils y arrivent en une fraction de minute et Tristan est émerveillé par l’apparence sublime des rayons de lumière naturelle. La petite fille se redresse et révèle une formule secrète :
- Portail des Royaumes de Galaxia, Ouvres-toi !
Soudain les rayons de l’arc-en-ciel s’illuminent davantage à tel point que le garçon est obligé de fermer les yeux. Une étrange lueur éclaircit la région de par son intensité. Un immense et somptueux portail se matérialise au dessus de lui. L’enfant a l’impression d’halluciner tant le portique est titanesque !
La porte ronde et gigantesque, presque translucide, doit mesurer au moins cent mètres de hauteur ! Jamais de sa vie, il n’avait vu pareilles forme et décoration pour un portique. Le portail magique est tout simplement extraordinaire. L’étrange petite fille admire la magnifique porte s’ouvrir et le rassure en disant :
- N’aie pas peur, ça fait toujours bizarre les premières fois !
Tristan reste émerveillé par tant d’enchantements à la fois. Son visage s’illumine et ses yeux d’enfants s’écarquillent d’admiration devant ce chef d’œuvre qui paraît presque irréel.
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Re: Galaxia chapitre 1 (auteur déjà édité pour un autre livre)

Messagede zeraquiel » 21 Aoû 2009 2:24

Coucou, :coucou:

J'aimerai avoir des avis en fait ??? :bloblaugh:

Merci !

(PS : Mon autre livre s'appelle Les Chroniques d'Origine mais j'ai pas le droit de faire de la pub à mon éditeur il me semble...) :lang:
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Re: Galaxia chapitre 1 (auteur déjà édité pour un autre livre)

Messagede Wellan » 29 Aoû 2009 22:53

Personne n'as répondu ici (peut-être à cause de la longueur du texte ? ), donc je me lance.
J'ai adoré ! :glace:
Très accrocheur, la lecture devient facile et on est arrivé à la fin sans s'en apercevoir.
Le rythme est un peu rapide à mon goût et la description un peu trop ciblée ( le monstre est décrit trop copieusement par rapport au reste ). Mais à part ça, j'ai rien à redire. Le suspens reste total.
Bien jouer :bien:
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Re: Galaxia chapitre 1 (auteur déjà édité pour un autre livre)

Messagede zeraquiel » 31 Aoû 2009 13:26

C'est grâce à des gens comme toi, :consol:

Que je garde le goût d'écrire ! :bloblaugh:
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Re: Galaxia chapitre 1 (auteur déjà édité pour un autre livre)

Messagede Wellan » 03 Sep 2009 13:44

merci beaucoup ! :-)
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Re: Galaxia chapitre 1 (auteur déjà édité pour un autre livre)

Messagede cdwölf » 26 Sep 2009 13:30

Salut Zeraquiel,

Cela faisait longtemps que je n'étais pas venu sur le site et je te découvres. Au début, je n'ai pas trop accroché car je trouvais que l'écriture était un peu trop brouillon mais au fil de la lecture, je suis complètement rentré dans ton histoire.
J'aime toutes les histoires dans ce genre qui racontent l'intéraction d'un monde magique avec notre monde. J'aime voir un personnage découvrir des choses mystérieuses et inexplicables et rencontrer quelqu'un qui l'aide à y voir plus clair.
Je trouve les persos intéressants et surtout Turbo qui est très original.
J'espère pouvoir lire la suite bientôt.

Continue comme ça. C'est grâce à des gens comme toi qui ont une imagination débordante que l'on a la chance de lire des histoires qui font que l'on s'évade pour échapper un peu à notre quotidien.
Merci.
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Re: Galaxia- chapitre 1

Messagede zeraquiel » 27 Sep 2009 22:06

:confus:
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