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D'une conscience douloureuse.

Le "je" vous habille et ne parle que de vous. Il vous tutoie, vous décrit, vous évoque, vous triture, vous cajole, vous console. Les "nous" les "eux" les "ils" et les "elles" ne vous diront pas un mot ; ils ne feront que vous écouter sans un mot.
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D'une conscience douloureuse.

Messagede bleu » 21 Jan 2010 19:39

J'attends. J'attends même lorsque je n'attends plus. Tous les jours j'attends. J'attends. Je suis comme une chrysalide, j'attends le retour du printemps. J'attends que les gens changent. J'attends de changer.
"Que fais-tu?
-J'attends, te dis-je.
-Mais à quoi bon? A trop attendre, tu n'es plus que le simple téléspectateur qui délaisse sa vie pour des rêves "clés en main".
-Cela fait longtemps que je ne rêve plus. Je suis mort quelques années plus tôt. On m'a noyé, Maintenu dans un océan de honte dont je ne ressens même plus le reflux. J'ai beau avoir l'apparence du vivant, je n'en suis plus que l'ombre.
-Tu dis être mort, cependant tu me parles, à la première personne.
-Tu n'es que le reflet de ce que je fut. Je te hais au moins autant que je les tiens en horreur. Tu es tout ce qui me rattache à l'avant. J'aimerais tant te faire taire pour de bon. Laisse-moi évoluer dans mon noir, dans mon néant. Je préfère ne plus voir ces fleurs que tu as cueillis pour moi, plutôt que de les voir se faner ou être arrachées par ce jardinier que j'ai toujours abhorré".
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Re: D'une conscience douloureuse.

Messagede bleu » 25 Jan 2010 11:01

Plusieurs jours sans écrire. Pas envie. Enfin si, mais c'était plutôt un manque de motivation. J'en serais presque à m'en vouloir d'avoir fuit ma feuille de papier et mon bic noir. L'écriture est la seule chose stable dans ma vie. Je peux toujours compter sur elle, et ce quelques soit les doutes, les peines, la dépression. Je l'ai délaissé, abandonné, trahi. Cependant, elle est accommodante; elle ne peut pas m'en vouloir. Cela doit être pour ça qu'elle est ma meilleure amie.
Aujourd'hui, ça fait 18 jours que j'ai arrêté le cannabis. Pas par choix, j'y suis contraint. Je ne suis rien sans mon écran de fumée. Alors je n'en suis pas si fier. Que ce serait-il passé si une condition extérieure à moi n'était pas apparue? Il est fort probable que, à cette heure-ci, je serais sur les bancs de la fac, la tête à moitié anesthésiée.
J'aime pas la fac.
Aujourd'hui, ça fait 1 semaine et un jour que je ne suis pas allez en cours. C'est devenu trop dur de se lever. J'ai pas envie de voir tous ces gens. Je ne me sens pas comme eux. Au fil du temps j'ai l'impression de devenir asocial. Pourtant, au fond, personne n'est original. On n'est qu'un "individu lambda, x parmi les alpha".
Aujourd'hui, ça fait 1 semaine que l'on n'est plus ensemble. On a beau se dire qu'une relation était vouée à l'échec, ça fait quand même mal. Très mal. En plus, je suis hypersensible. Quelque chose produit un effet douloureux chez une personne X. Chez moi, cet effet est multiplié par 100; 1000; 10000... Impossible de quantifier ça. C'est comme si je mourrais chaque jour, comme si l'on m'assénait des coups de poignard. Pourtant, je suis toujours en vie. Peut-être est-ce cela qui me fait le plus mal. Être ramené à la vie par ces agressions extérieures alors que je me sens tellement mort.
J'ai envie de développer, mais il faut que je me prépare. Je vais essayer d'aller en TD à défaut de ne pas être allez en amphi ce matin. C'est pas que j'en ai envie, mais plutôt que cela devient urgent. Si je ne retourne pas en cours cette semaine, je risque fort de ne plus y aller du tout.
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Re: D'une conscience douloureuse.

Messagede bleu » 26 Jan 2010 12:13

J'écris mal en ce moment. Je n'arrive pas à mettre de l'ordre dans mes idées, tout se mélange. Il en résulte une écriture confuse, anarchique. C'est frustrant.
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Re: D'une conscience douloureuse.

Messagede bleu » 01 Fév 2010 0:37

"Cette question m'entête: mais que faire de ces miettes, de ce noir en copeaux, quand on en broie de trop?"
Nouveau passe-temps: broyer du noir. Je ne m'y adonne qu'en solo. Pas envie de passer pour ce que je ne suis pas, à savoir un pauvre adolescent qui traverse sa période "Je suis trop triste. Je hais tout le monde. Tout le monde me hait". Quoique, peut-être que je hais tout le monde au fond. J'aime la noirceur. Ca se résume à ça. Pas besoin que l'on me plaigne, de regards chargés de pitié qui me donnent la nausée.

"Et je délire, je débloque; mais y'a un moment où ça bloque, y'a pas plus noir que le noir, y'a pas plus bas qu'en bas. Alors je délire, je débloque; mais y'a un moment où ça bloque, y'a pas plus vide que rien d'plus négatif, que moi."

00h20: Le problème, c'est que je commence à me perdre dans l'ombre que j'affectionne tant. Et puis, au fond, peut-être que je prétexte cela [aimer les heures sombres plus que les moments radieux] afin de me leurrer, afin de maintenir encore une fois la distance. Les ténèbres comme forteresse édifiée pour résister aux assauts des sentiments? J'aime bien cette métaphore.

Démêler le vrai du faux, le faux du vrai, c'est pas si facile. Ai-je peur de me livrer? Peur de l'amour? Peur des gens? Peur de la vie? Est-ce pour ça que mes tableaux ne sont que nuances de noir?

"Même moi je suis perdu, même moi je ne comprends plus qui je suis à l'intérieur et qui je suis de l'extérieur."

Je ne sais pas ce que je veux. Je ne suis même plus sûr de la vouloir. Tout ça pour ça? Je suis un vrai con. "T'es adorable, t'es vraiment quelqu'un d'exceptionnel" EH OH, NON! Je suis un connard de première doublé d'un abruti (pas) fini. Tu vois pas? Vraiment? Alors je suis le seul à voir qui je suis? Non, même pas. Et même lorsque je fais n'importe quoi avec elle, elle pense que c'est parce que je suis maladroit, que je ne sais pas dire les choses. Seulement, pour dire les choses, il faut savoir quoi dire. Moi, je ne sais pas. Je ne sais même pas qui je suis, alors comment veux-tu que je te dise?

Amitié, amour, haine? Je ne sais ce que je veux pour nous, pour toi, pour moi. Je suis déjà un tel sac de noeuds, comment veux-tu que l'on devienne quoi que ce soit nous deux? Et toi, que veux-tu? Je suis déjà si compliqué, j'ai déjà tant à faire avec moi-même, alors comprends que je finisse par me perdre. Comprends que j'oscille entre le blanc et le noir, le chaud et le froid, avec toi.

De toute façon, tout cela est inutile. Je voudrais tant te dire toutes ces choses, mais je ne fais que m'adresser à une illusion de mon esprit. Je t'assure que j'aimerais tant avoir le courage de démêler, d'expliquer. C'est trop dur. Penser m'est devenu une épreuve trop douloureuse. Alors, encore une fois, je vais me cacher derrière un rideau de fumée, esprit anesthésié.

"J'suis le junkie malheureux, désormais amoureux."
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