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Ecriture & tristesse

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Ecriture & tristesse

Messagede carmenita » 31 Jan 2010 20:43

Depuis le temps que j'écris (les années ne se comptent plus ^^), je m'aperçois d'un truc : la plupart de mes textes (que ce soit poésie, prose, ou autre) sont teintés de tristesse. Plus ou moins forte, mais c'est très souvent le thème premier. Dans toutes ses variantes : peine, chagrin, désespoir, peur, mort, frustration, doutes, ... Pourtant dans la vie, les pensées noires ne sont pas, je pense, la première chose qui me caractérise. Mais il me semble que la tristesse est le sentiment le plus facile à mettre en mots. Le plus riche.
Alors, qu'en pensez-vous ??????
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede lulli » 31 Jan 2010 20:49

Ah ! déjà merci de ne pas avoir mis qu'on écris sur la tristesse quand on est triste !


Ensuite : il est plus simple d'écrire sur la tristesse sans doute parce qu'il se passe quelque chose (on veut sortir de cet état)... Si on écris sur le bonheur et qu'on veut y rester... le texte n'aurait-il pas tendance à stagné ?

Pour ma part, je plonge plus dans une veine absurde et violente que triste et peur... Mais mes textes les plus "sombre" (sic) je les écris quand je vais bien...
amicalement vôtre,
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede Ragne » 31 Jan 2010 21:17

La tristesse n'est peut être pas le sentiment le plus facile a mettre en mots. C'est peut être juste celui auquel on veut echapper, et qu'on veut voir en face. Pour sa on met des mots dessus.
C'est peut être aussi que décrire le bonheur est assez dur. Peur de paraitre niais face a nos joies, crainte de paraitre faux.
Les explications sont varié. On fuis nos maux dans des mots, c'est la plus logique explication. Je suis moi même plus tourné vers les écrits a tendance pathétique et triste.
Oui, j'enfonce des portes ouvertes! Et alors?

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Re: Ecriture & tristesse

Messagede VoldeNuit » 31 Jan 2010 22:12

topic intéressant O_O

Hum...ça me fait penser à ça :

Gene Wolfe dans L'Ombre du bourreau a écrit:L'utilisation du langage de la souffrance avait fini par recouvrir ma souffrance d'un tampon: et tel est le charme puissant des mots, qu'ils nous permettent de réduire en entités neutres et manipulables les passions qui, autrement, nous rendraient insensés et nous détruiraient.


Plus précisément, je pense qu'on met de mots sur la tristesse parce que c'est celle que l'on veut réussir à manipuler... pour la faire disparaître. On écrit sur ce qui menace de nous rendre fou, pour rester lucide. La tristesse fait peur, on a peur qu'elle soit trop forte, alors on la manipule. C'est un point de vue, c'est tout, c'est ce que je fais bien souvent. Des mots pour "fixer" pour "contrôler" quelque chose qui autrement nous échapperait...
Ou bien des mots justement pour s'ouvrir, en tant que point de départ.

Peut-être qu'on écrit sur la tristesse parce qu'il y a là plus de choses à dire que sur le bonheur, pour ne pas virer dans le trop niais, en effet =)
Ou peut-être aussi parce que la peine est quelque chose auquel tout le monde est un jour confronté... ainsi... les autres s'y reconnaissent aussi, d'une certaine manière.

Par extension, cette fois, c'est peut-être aussi parce qu'on ne peut pas décrire le bonheur tant qu'on n'a pas fait le tour de tout ce qui est triste. Par élimiation, alors, ou par contraste, on peut définir le bonheur en disant : le bonheur c'est ce qui n'est pas triste.
xD mon raisonnement est peut-être un peu trop tiré par les cheveux pour le coup ^^
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede bleu » 01 Fév 2010 0:43

Sans tristesse je ne suis rien. Alors, personnellement, je ne souhaite pas qu'elle cesse. Après, comme le dit si bien Lulli, "merci de ne pas avoir mis qu'on écris sur la tristesse quand on est triste ! ". Mes textes sont plutôt gais lorsque je suis triste, et vice versa.
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede carmenita » 01 Fév 2010 23:38

Intéressant, intéressant tout ce que vous dites. Très intéressant même ! Sujet qui mérite, me semble-t-il, d'être creusé. Mais donc en gros, à vous lire, le fait de se focaliser sur la tristesse n'a rien de "mauvais" ... je peux donc "déculpabiliser" d'orienter très souvent mes textes sur ce thème alors :1: Merci ! :sauter:
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede Mornip » 02 Fév 2010 22:39

L'écriture, c'est une tristesse. Celle de ne pas pouvoir vivre le monde que l'on écrit, celle de se rendre compte que la lumière apaisante que nous renvoie notre imagination n'est apaisante qu'à cause de la vérité de notre vie.
Moi j'aime écrire la tristesse. C'est preuve que des situations pire que nos existences peuvent être imaginées, et c'est aussi se rendre compte que nous pouvons jouer avec des choses qui nous frustre et nous dépasse dans la réalité.
Je ne sais s'il faut être triste pour écrire de la tristesse, mais je pense que nous pouvons voir deux tristesses bien distinctes ; Celle qu'on écrit pour fracasser ce miroir qui nous renvoie cette frustration permanente quelle que soit l'endroit ou nous regardons. Et celle que l'on écrit pour le plaisir énorme de réussir à jouer avec nos émotions, nos violences, nos ratés que sur papier du moins nous pouvons maîtriser.
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede lulli » 03 Fév 2010 11:57

Mornip a écrit:L'écriture, c'est une tristesse. Celle de ne pas pouvoir vivre le monde que l'on écrit, celle de se rendre compte que la lumière apaisante que nous renvoie notre imagination n'est apaisante qu'à cause de la vérité de notre vie.


Etrange idée... pour moi. Je n'invente pas de monde pour ma part juste des situations, je n'est donc en aucun cas envie (non, la violence c'est pas mon truc dans la vrais vie faut pas croire, le romantisme non plus quoi qu'il en soit) de vivre dans le monde inventer et surtout pas de vivre ce que mes personnages endure (les pauvres chéris, on est tous fait pour souffrir au moins eux n'étant pas ne souffre pas de ce que je leur inflige).

Mon imagination est bien trop torturer pour être une lumière appaisante je pense surtout...
amicalement vôtre,
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede rêveuse38 » 22 Fév 2010 12:27

La tristesse est un sujet inepuisable puisque chacun ( en théorie ) a déja ressentit une souffrance en soi, que l'on interprête par la tristesse.
Peut-être que ton inspiration vient de se sentiment assez destabilisant, et alors?

Une source d'inspiration est propre à chacun, et quelle désigne la tristesse ou le bonheur, le résultat vient simplement du coeur ...
L'avenir n'est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n'as pas à le prévoir, mais à le permettre. ( Antoine de Saint-Exupéry )
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede lulli » 22 Fév 2010 17:01

du coeur ?

non, non, du travail, c'est pas tout à fait le même point de vu...
je n'écris que par contrainte (enfin presque uniquement)... et donc, c'est un travaille et non plus un "élan du coeur"... ce qui ne change rien quand au texte une fois fait.
amicalement vôtre,
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede rêveuse38 » 22 Fév 2010 20:44

chacun à sa façon d'écrire. Si la tienne ne consiste qu'à du "travail", et bien tant mieux et continue à travailler...
L'avenir n'est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n'as pas à le prévoir, mais à le permettre. ( Antoine de Saint-Exupéry )
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede lulli » 23 Fév 2010 22:27

C'est exactement ça que je voulais dire : chacun à sa façon d'écrire et il n'y a pas de "mieux" ou de "moins bien"... on ne peu pas vraiment "généralisé"...
amicalement vôtre,
lulli.
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Re: Ecriture & tristesse

Messagede Kendaï » 20 Mar 2010 18:05

L'homme étant un éternel insatisfait, il est normal qu'il soit en perpétuel insatisfaction, ce qui peut conduire à la tristesse. Même en étant heureux, on sait qu'on retombera inévitablement dans la noirceur. Écrire serait peut-être nous protéger en quelque sorte ?

De plus, comme cela a été dit précédemment, c'est vrai qu'écrire nous donne un sentiment de contrôle. Écrire sur la tristesse, c'est déjà reconnaitre qu'elle ne nous quitte jamais vraiment mais qu'on peut faire avec. Poser se sentiment, c'est le comprendre, l'accepter. Une fois compris, il ne nous fait plus peur.

Personnellement cela me permet de prendre du recul, afin d'y réfléchir et d'ensuite de le ranger dans un coin genre "bon ca c'est fait !'.
Comme un goût de déjà-vu...

"Nous exigeons une stricte définition des zones de doute et d'incertitude !" H2G2

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Re: Ecriture & tristesse

Messagede Broke » 20 Juin 2010 15:18

Je pense que c'est une conséquence de différents facteurs:

je crois d'abord que l'imaginaire collectif voit la tristesse comme quelque chose que tout un chacun connaît, elle parle et nous parle...état passé, présent ou future, on a l'impression d'écrire quelque chose de presque "universel".
Et c'est cette universalité (faute de mot plus adéquat) qui est étonnante. Pourquoi la "tristesse" et plus généralement les émotions fortes négatives inspirent elles plus les esprits?

Je dirais que la plupart des gens qui écrivent sont des personnes qui de façon générale se posent beaucoup de questions. Bon ça peut paraître stupide, mais on se pose rarement des questions sur ce qui "va bien"...
Par ailleurs l'écriture se pose comme un moyen de s'auto-analyser, et encore une fois on rechercherait peut être plus à savoir les causes d'un problèmes que d'une chose cool

Après c'est vrai que écrire, c'est souvent partager. Or soyons francs, qui veut partager ce qu'il a de bon? Que ce soit de l'égoïsme ou juste un fait intellectuel, il est clair qu'on ne va pas écrire pour montrer qu'on est heureux ! Bon, ce n'est pas toujours vrai mais après tout je parle d'une généralité, et la généralité c'est que la plupart des textes sont sad. (Les cas comme ceux des gens amoureux sont particuliers..)

Pis autre chose, c'est gonflant de lire quand ça va bien pour les autres. Enfin, souvent... non?

Attention je ne parle pas des textes joyeux, juste de ceux qui vantent "la parfaite vie que untel a".

rêveuse38 a écrit:chacun à sa façon d'écrire. Si la tienne ne consiste qu'à du "travail", et bien tant mieux et continue à travailler...


C'est très vrai. Mais j'ai franchement du mal avec cette notion de "travail" moi...

Kendaï a écrit:Même en étant heureux, on sait qu'on retombera inévitablement dans la noirceur. Écrire serait peut-être nous protéger en quelque sorte ?


Je ne crois pas qu'on puisse parler de protection. Parce que souvent les textes sont plus des constats qu'autre chose ou encore des aveux d'impuissance....


Mais le thème de la tristesse a quelque chose de toute façon de franchement attirant. Peut être qu'on se sent plus vivant quand on a mal que quand on va bien et que ça se retrouve dans l'écriture...?
« Je suis passé par cette porte en entrant ce matin et c'est par cette porte que je repartirai. »
« Tout le monde meurt un jour, petit. Qu'on soit mendiant ou empereur. »

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Re: Ecriture & tristesse

Messagede lulli » 21 Juin 2010 11:49

je crois d'abord que l'imaginaire collectif voit la tristesse comme quelque chose que tout un chacun connaît, elle parle et nous parle...état passé, présent ou future, on a l'impression d'écrire quelque chose de presque "universel".
Et c'est cette universalité (faute de mot plus adéquat) qui est étonnante. Pourquoi la "tristesse" et plus généralement les émotions fortes négatives inspirent elles plus les esprits?

Je suis assez de ton avis : la tristesse (tout comme l'amour positif ou négatif puisque ce sentiment peu être les deux), la haine ou le désir de vengeance son propre à chacun et à tous... Universel en un sens (mais pas identique pour chacun, juste compréhensible je dirai, avec une faculté à se projeter dans le sentiment de l'autre, facilement).
Je ne suis pas sur que la joie soi moins universelle en fait mais étant positive elle n'existe que parce qu'on a connu les sentiments négatifs (qui étant eux plus dur à vivre marque plus)...


Je dirais que la plupart des gens qui écrivent sont des personnes qui de façon générale se posent beaucoup de questions. Bon ça peut paraître stupide, mais on se pose rarement des questions sur ce qui "va bien"...
Par ailleurs l'écriture se pose comme un moyen de s'auto-analyser, et encore une fois on rechercherait peut être plus à savoir les causes d'un problèmes que d'une chose cool

Autant la première partie me semble juste autant la seconde dépend réellement du mode d'écriture, de la manière... Personnellement je ne m'auto-analyse pas quand j'écris et aucun de mes écris ne s'apparente à cela. Dés qu'on quitte le "fil de plume" dite "écriture (semi)-automatique" et que l'on construit une forme, on s'éloigne de l'auto-analyse je pense... ça peu rester en sous jasent mais je n'en suis même pas sur...

Après c'est vrai que écrire, c'est souvent partager. Or soyons francs, qui veut partager ce qu'il a de bon? Que ce soit de l'égoïsme ou juste un fait intellectuel, il est clair qu'on ne va pas écrire pour montrer qu'on est heureux ! Bon, ce n'est pas toujours vrai mais après tout je parle d'une généralité, et la généralité c'est que la plupart des textes sont sad. (Les cas comme ceux des gens amoureux sont particuliers..)

Pour avoir lu énormément je ne suis pas sur que tant de textes soit triste, sombre et horrible bien souvent les livres possèdent une gamme élargis de sentiments (on ne choisis pas et pour que la déchéance soit plus grande il faut que le bonheur le fut tout autant... Inversement pour une happy and à l'américaine il faut de l'horreur avant !).
L'idée de partage ne me fait pensé qu'au sentiment joyeux.
L'idée d'écrire ne me fait pas pensé au partage (j'écris pas nécessairement pour être lus... plein de mes textes ne seront jamais lu que par moi... les manuscrits et il y en a des cahiers entiers !) Ensuite par le biai du net effectivement écrire c'est partagé mais je ne sais pas si c'est une fin en soit (en parlant de livre : le lecteur ne fait pas de retour, il n'y a pas vraiment de "partage" mais plus un "don" peu être, le terme ne me plais pas... mais j'en ai pas d'autre)

Pis autre chose, c'est gonflant de lire quand ça va bien pour les autres. Enfin, souvent... non?

Là encore tu parle d'autre... Réel, or à l'écris on est dans du fictif. Au niveau du fictif le bon comme le mauvais doivent coexisté pour trouver un bon équilibre je pense.
Il y a des personnages qui vont bien, envers et contre tout (tous ?), ils ne sont pas forcément les plus insupportable... tout dépend ce que l'auteur en fait.

Mais je te rejoint quand même sur un point : les récit heureux écris moyennement bien sont tout à fait insupportable !

Attention je ne parle pas des textes joyeux, juste de ceux qui vantent "la parfaite vie que untel a".

sont-ce des textes littéraire ?


chacun à sa façon d'écrire. Si la tienne ne consiste qu'à du "travail", et bien tant mieux et continue à travailler...

C'est très vrai. Mais j'ai franchement du mal avec cette notion de "travail" moi...

Oui, enfin, on est pas des écrivains quoi. Duras parle de torture d'écrire (mais qu'il le faut bien, se mettre à sa table... tout les jours)...
D'autre se donne des horaires de bureau... un nombre de page à écrire... un exercice par jour... un poème...



Kendaï a écrit:Même en étant heureux, on sait qu'on retombera inévitablement dans la noirceur. Écrire serait peut-être nous protéger en quelque sorte ?


Je ne crois pas qu'on puisse parler de protection. Parce que souvent les textes sont plus des constats qu'autre chose ou encore des aveux d'impuissance....


Pourtant je comprend bien Kendaï : écrire c'est prendre une distance... et de ce fait, on peu se protégé par cette mise à distance de quelque chose qui nous touche...

évidement ici on part du principe qu'écrire triste c'est écrire sur soi, ce en quoi je suis en désaccord, ça peu l'être mais pas forcément.


Mais le thème de la tristesse a quelque chose de toute façon de franchement attirant. Peut être qu'on se sent plus vivant quand on a mal que quand on va bien et que ça se retrouve dans l'écriture...?

Bof, la thèse masochiste me parle jamais... Je crois qu'on mesure son bonheur passé au douleur présente et que c'est cette mise en relief qui fait souffrir : une réinvention du bonheur d'avant... une envie de bonheur à venir... des illusions qu'on perpétue en espérant sortir de ce moment difficile...
Alors que chaque moment à ces difficulté.
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