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Umeria - prologue + Chap 1

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Umeria - prologue + Chap 1

Messagede MoughLee » 20 Mai 2010 13:08

Prologue / intro


Je me sens fatigué, mon corps est endolori, j'ai du mal à bouger. J’ai mal au crâne et la bouche pâteuse. Combien de temps suis-je resté évanoui ? Où suis-je ? Autour de moi tout me paraît à la fois flou et étrange ; une impression de déjà-vu m’obsède et me met mal à l’aise. J’aperçois une ombre, je distingue la silhouette d'une personne debout, avançant péniblement dans la pénombre qui nous entoure. Cette silhouette me parait familière. Elle s’arrête, pose la main sur une paroi au contour net. Je me lève précautionneusement, m’approche de celle-ci et reste interdit. Ses traits, son allure, ses vêtements ! C’est moi ! Cette personne que j’observe, c’est moi !

Une explosion, puis une deuxième, je sens le sol qui tremble, me heurte à des parois et tombe, vaincu par le souffle. Un nuage de poussière m’enveloppe, je n’y vois plus rien, les yeux me piquent et mes oreilles bourdonnent. Mes toussements se perdent dans le brouhaha des murs qui s’effondrent. L’ombre a disparu. Elle ne fait plus qu’un avec moi. Des flammes encerclent la pièce où je me tiens, ou plutôt ce qui en reste. La fumée noirâtre et acide atténue de plus en plus ma vision et rend difficille ma respiration. Je commence à suffoquer malgré les pans de vêtement que je viens de serrer autour de mon visage. Je sens la chaleur des flammes lécher goulûment mon corps affaibli et me dévorer les poumons. Je commence à vaciller et mes jambes ont de plus en plus de mal à me supporter. Le sentiment qu'il faille absolument que je reste envie me force à me ressaisirent. Mais pour quelles raisons ? Pourquoi je ressens ce besoin de survivre ? Qu’est-ce qui me pousse à continuer à avancer ? Je m’empresse de tâter autour de moi pour trouver de quoi m'appuyer. Je réussis à faire quelques pas et manque de me faire écraser par un pan de mur dont je fis perdre le peu d’équilibre qui lui restait. J'avance à tâtons et prend peur de tourner en rond, d'avancer dans le néant. Je ne me souviens de rien. La panique commence à m’envelopper dans ses bras, à me serrer lentement. Elle m’attire, elle m’agrippe comme une tique sur son hôte à l’aide de ses griffes. Je la sens maintenant en moi. Mes jambes flageolent, mes yeux pleurent, mon corps suinte. J'avance tout tremblant ne sachant pas ce qu'il se passe. Bientôt une paroi familière se fait sentir sous les paumes de mes mains écorchées et me fait sortir de cette torpeur dans laquelle je m'enfonçais avec de moins en moins de résistance. Une porte s’ouvre, un déclic, maintenant je sais où je suis et je sais où je vais…

J’ouvre les yeux. Je me souviens de tout, j’ai déjà vécu cette scène. Ce n’était pas qu’un simple rêve. Je hurle mon désespoir usant du peu de force que je possède. Je suis allongé sur un lit ; autour de moi un silence morbide animé de clignotements interminables de petites lumières provenant d'appareils électroniques. Des vertes, des rouges, des bleues, des blanches et autres festivals de couleurs scintillantes dans cet antre de silence. Un tombeau, mon tombeau.
Alors que pour mon esprit, il ne s’agit seulement d’un passé proche, trop proche, je scrute le cadran à portée de mon regard. Au vu de la date affichée, je suis pris d’une crise d’angoisse qu’un appareil à proximité de mon corps chétif détecte et prend soin d'apaiser en m’inoculant via un tuyau relié à mon nez, un liquide jaunâtre. De toute façon, là où je suis, le temps n’a plus lieu d’être. Je me souviens de ces événements comme s'ils s'étaient produits hier, mais c’était il y a déjà bien longtemps. Un temps qu'il ne sert plus à rien de compter. Stupéfait d’être éveillé, je me plonge dans mes souvenirs bercé par un incessant ballet de câbles et de machines qui s'affairent autour de ma chaire affablie par des années d'un sommeil artificiel, pour lui redonner sa force et forme originelle et lentement je me remémore.

a+ et à bientôt de vous lire
Dernière édition par MoughLee le 16 Aoû 2010 9:14, édité 3 fois.
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Re: Umeria - prologue

Messagede Mornip » 20 Mai 2010 21:03

C'est un peu tôt pour donner un avis, mais le récit est bon, l'histoire accrochante au premier abord. Je suis impatient de lire la suite !
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Re: Umeria - prologue

Messagede MoughLee » 09 Juin 2010 16:23

Merci.
à bientôt
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Re: Umeria - prologue

Messagede MoughLee » 13 Aoû 2010 16:06

Chapitre 1

Texte anonyme, Extrait de « Genèse d’une planète » par Inumine Salaté, année 359 Umère. Collection mœurs et mouvements sociaux.

L’idée du projet Uméria est née lors d’un colloque en 7700 année Nubienne réunissant des sociologues, des scientifiques et hautes autorités de la planète Nubis. Le but de ce colloque était de débattre des conséquences d'une surpopulation dont on ne pouvait plus nier les conséquences dramatiques sur toute la planète. De nombreux chercheurs avaient annoncé au cours des siècles passés que l’accroissement continu de la population entraînerai de grave trouble sur le plan sanitaire et vitale de la population ainsi que sur l’écosystème de toute la planète. Il a fallu attendre la «Grande Crise » 50 années auparavant, accompagnée de son lot de maladies et de misère sociale pour que l'ensemble de la population réagissent. Attendre que le lait déborde de la casserole pour diminuer le feu. Mais le lait de la nation avait déjà un fort goût de brûlé lorsque l'on commença à se poser des questions sur les actions que l'on pourrait éventuellement envisager. Un peu de sucre pour certains, un peu de cacao pour d'autre...Le professeur Jean-Marc Ibère-Dubois, un éminent savant de son non-vivant, avait été marginalisé par ses collègues pour ses théories, notamment l'ouvrage « l'Echelle des matières» où il plaçait l'homme au sein d'un tout et attaquait son ego ainsi que « Cycles » qui démontrait une non évolution de l'homme depuis des millénaires mais uniquement de son environnement dans un but non valorisant. Il avait publié une thèse 100 ans avant la Grand Crise dont le fil principal était la proscranisation. Dans son ouvrage en partant du thème que l'homme puisait plus à la planète que celle-ci ne pourrait produire, il dénonçait les réformes et révolutions technologiques car pour lui, celles-ci ne traduisaient qu'uniquement une fainéantise aigu du pouvoir et de la population qui se complaisaient à s'occuper des conséquences d'un problème et non du problème. Nul besoin de préciser qu'aucun de ses discours acérés ne le rendirent populaire et discriminèrent ainsi tous ses travaux.

Suite à la « Grande crise », de nombreuses actions, sortes d'expédient qui illustraient formidablement bien les propos du professeur Ibère-Dubois, avaient été mis en place pour pallier aux conséquences de ce qui était à l'époque un problème. Mais bientôt la densité de la population dépassa un seuil critique pour une viabilité durable de toute forme de vie encore existante sur la planète malgré les maisons et immeubles couvrant océans et mer, malgré les plus grandes comme des plus petites montagnes creusées de toute part, malgré les ingénieux Jardins Suspendus présent sur toute la planète sur des hauteurs digne des plus haut building pour fournir le pain quotidien. Monter, monter, monter. Toujours monter. Seul le niveau de l'eau baissait constamment et cela malgré les techniques les plus ingénieuses pour l'utiliser avec parcimonie.

A cette époque sur Nubis, chaque immeuble avait son système de traitement d'eau usé. Un système simple mais efficace et qui fut d'un grand secours et une belle révolution ou comme certain dirait « un gagne temps devant le prévisible ». De l'eau propre non potable mais pas mortelle était stockée dans de grand réservoir répartie sur différent étage d'un building. Généralement un réservoir tous les 10 étages. Dans un appartement l'eau d'usage dit courante destinée principalement à l'hygiène et à la cuisine, provenait de ces réservoirs. Une fois l'eau usée, elle était renvoyée vers ces mêmes réservoirs. Et c'est lors de son cheminement vers les fûts de stockage que celle-ci subissait un traitement pour la rendre viable. Traitement biologique et minéral bien souvent. La taille des réservoirs d'eau était définie en fonction du nombre d'habitant d'une tour et du quota défini pour chaque utilisateur. Celui-ci activait le robinet à son besoin grâce à une carte électronique de rationnement. L'eau potable quant à elle se trouvait dans des distributeurs automatiques actionnés par cette même carte électronique. L'eau potable était, elle aussi, rationnée.

Malgré de nombreuses prouesses technologiques pour gérer au mieux les ressources vitales pour la population qui furent définies comme bien commun, le besoin de se reproduire non pas pour la survie du groupe mais pour son plaisir était omniprésent. Des lois avaient été mis en place pour qu'aucune interdiction de procréer ne sois instaurée. Il était nécessaire et vitale sur la politique de la planète que le libre arbitre soit omniprésent ou simplement d'en donner l'illusion à son peuple. Il est évident que beaucoup de gens continuaient à se reproduire en dépit de la survie du groupe et de l'éthique de durabilité. L'allongement de la durée et du niveau de vie qui était d'une moyenne de 121 ans n'avait pas augmenté la natalité pour autant mais l'avais fait stagné voire diminué. Il était courant de faire des enfants à 50 ans. Les gens s’occupaient d'avantage de leur carrière et loisirs avant de se consacrer à la vie de famille. L'adoption était une chose courante car elle avait été promu et très plébiscité par les différents gouvernements se succédant ; enfin de père en fils serait ce bon de préciser. Nous ne cacherons pas que la communication de l'état cachait bien sur les desseins d'un ralentissement de la population. L'État utilisait pour appuyer ses projets, les établissements ou associations qui travaillaient pour l'adoption en faveur des gens stériles et des personnes déclarés non aptes à s'occuper des leurs. Pendant la période que l'on étudie en histoire sous le nom « la découverte des sciences moderne » ou appelée par d'autre de façon un peu ironique de « l'apprenti scientifique » qui avait laissé de lourdes séquelles à la planète et à toute forme de vie, la stérilité masculine s'était fortement développée. Ce fût une période de l'histoire ou tout le monde jouait avec l'inconnu tel un enfant avec un revolver chargé. Malgré cela, la population se densifiait. Un jour, quelques autorités politiques accompagnées de savant, avaient ds l'ombre exécuté l'opération Natalité 0. Au sein d'un laboratoire, des scientifiques avaient mis au point un produit contraceptif masculin et féminin : l'astranat. Celui-ci fut déversé pendant plusieurs années dans des réservoirs d'eau potable de façon aléatoire. Le jour où le projet fut rendu public, la population s'indigna et en guise de protestation se mis à procréer de plus belle. Ce boom des naissances allait provoquer un déséquilibre sociale et économique qu'il fallait à tous prix ne pas ignorer mais que nombre de politique et mercantile utilisèrent à leur fins personnel. Jusqu'au jour, ou tout le monde fut confronté à l'évidence et nous amena à ce colloque où naquit l'idée du projet Uméria.

« Nous avons besoin d'une deuxième terre comme l'enfant a besoin d'un père et d'une mère » fut lancé dans l’assemblée. La presse s'empara de cette phrase pour ses gros titres. Les gens chantaient se slogan sur des air patriotiques et les enfants paillardaient celle-ci. L'emballement pour cette idée démontra clairement le besoin de cette demande et encore plus le besoin d'un projet rassembleur devant un déchirement social né d’une incapacité à satisfaire tous les besoins devant la rareté de certaines ressources. Dans les mois qui suivirent, un engouement de plus en plus marqué pour les sciences astronomique atteignaient les plus jeunes enfants comme les personnes les plus âgées lesquelles ressortaient de leur mémoire les rares nom de constellation qu'ils avaient retenu – quitte à en inventer - et s'empressaient d'enseigner leur peu de sciences à leur voisin, enfants, petits enfant, petit petit enfants, ou bien même à l'inconnu croisé dans les transports public qui verbaçait avec panache pour se montrer fièrement aussi ignorant que son congénère. Le projet Pater Uméria fut né. La population n’avait jamais était aussi communicative, aussi social, aussi proche et une vague d’euphorie se transforma en raz de marée pour faire oublier à tous, les problèmes quotidiens. Mais cela ne dura pas. Bientôt, faisant suite à l’ignorance de la population qui avait pendant des mois retourné le sujet avec enthousiasme, aidé des média et du merchandising ambiant, une lassitude s’installa. Beaucoup de blabla mais rien d’autre ne s'était produit jusqu'à lors. L'euphorie rassembleuse déchanta et laissa place à une autre atmosphère, plus lourde et moins conviviale. De nouveaux slogan commençaient à parcourir les cités comme celui d’un groupe de femmes qui voyaient dans le premier slogan une dominance patriarche. Les femmes se plurent à chanter « Les enfants des étoiles ont besoin du deuxième sein de leur mère » Petit à petit des parties politiques se formèrent, des sectes et autres association défendant leur point de vue souvent spéculatif sur la création d'une nouvelle civilisation et l'éthique à porter. Suite à une population euphorique naquit une foule en colère retrouvant son habituel individualisme et sa violence coutumière à toute les foules en colère jurant par la politique de « c’est pas moi, c’est l’autre ».
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Re: Umeria - prologue + Chap 1

Messagede MoughLee » 16 Aoû 2010 14:51

Galaxie Stokase de l’Ure, planète Umeria, ville de la Grande Cité.

Jean se réveilla le corps trempé de sueurs comme s’il se trouvait dans bain de vapeur du Mont Chéshah de la contré de Valadeck Shata. La respiration haletante, l'air hagard, il ouvrit craintivement un œil après l’autre et donnait l’impression qu’il découvrait l’endroit où il se tenait allongé. Pourtant il était bien chez lui. Il reconnaissait les murs de sa chambre tapissés de fleurs séchées, l'odeur exaltante et vivifiante de l'Ornomélys Jacinthe qu'il cultivait avait grand soin. Il se leva avec sa nonchalance coutumière, ouvrit les volets et observa pensivement le ciel avant de s'étirer tel un chat pour évacué le trouble encore présent. Asgard, le deuxième Soleil était déjà haut dans le ciel. L’animation quotidienne avait repris son cours depuis plusieurs heures. Elle ne l’avait pas attendu pour commencer à s’épanouir. Appuyé sur le bord de sa fenêtre, l’air contemplatif, il aperçu à une cinquantaine de mètre un groupe d'agriculteur à l’ouvrage qui bénéficiaient de la fraîcheur encore présente.. Jean leva la main pour les saluer et l’agita avec mollesse le tout accompagné d’un bâillement digne d’un hyppoterra. Les agriculteurs brandillèrent en cœur et avec vivacité leurs outils en guise de réponse. En cette saison les habitants de cette contrée cultivent entre autre des champs de Péricons qu'ils allaient devoir bientôt récolter. Au lointain, sous le ciel bleu azur, cette plante médicale aux tons d'oranges bien mûres et de la taille d’un homme affichait un paysage avec un fort contraste dont les seules lignes présentes venant animé ce tableau minimaliste étaient les nombreuses collines dessinées à la lisière de l’horizon. Quelques animaux pâturaient au pied de sa maison et se disputaient quelques touffes d’herbes bien fournies tandis que leurs insectes de compagnie s’occupaient à les nettoyer de leurs parasites. Jean avait juste le temps de se débarbouiller et d'avaler un morceau de galantusse, pain local, avant de partir à son rendez-vous. Il s'était revêtu d'un pantalon brun large et d'une tunique bleu sur laquelle était cousu l'emblème révélant sa fonction au cœur de la cité ainsi que ses états de services civil. Jean était quelqu'un de chétif, le dos voûté, courbé par la nécessité de ne pas faire plus d'effort qu'il lui semblait nécessaire. Le haut de son corps frêle était surmonté d'une petite tête au visage fin presque androgyne et au nez aquilin avec une légère bosse en haut de l'arrête nasale. Sa chevelure rappelait les peintures représentant les tribus primitives de la forêt de Ouatapitèque. Afin donner un peu plus de volume à son visage, il entretenait une barbe et une moustache de quelques semaines. Sa barbe avait la particularité de comporter des poils roux, blond et noir bien que la dominante fût brune comme ses cheveux. La peaux de son visage était clair et parsemé de petites tâches de rousseur. Le reste de son corps était blanc hormis ses bras légèrement halés et ses main rose poupon. Quand le soleil était fort présent, des mèches blondes apparaissaient dans sa chevelure partant de son front et se révélait être du plus belle effet combiné à ses yeux vert. C’était le premier jour du 14ème mois de l’année. Il devait se rendre au Forum qui se situe côté Sud de la ville. La semaine passée, après la réunion hebdomadaire des doyens de la cité dont il était un des secrétaires, le doyen Oussimé Balamb'Bâ, lui avait demandé de venir aujourd’hui le rejoindre dans le secret au lever de Nébusa, le plus grand des trois Soleils. Doyen Oussimé lui avait paru inquiet et l’air tracassé. Chose très surprenante pour un homme de cette expérience. Un pressentiment de mauvais augure le troublait et l’inquiétait. De ce fait pour se rendre à son rendez-vous, Jean décida ne pas emprunter le chemin usuel.



Topia et Asgard, les deux premiers Soleils de la planète Umer brillaient de tous leurs éclats. La douce fraîcheur de la matinée faisait maintenant place à la tiédeur moite générée par la combinaison de ces astres et des centaines d’étangs et lacs environnant. A Proprement parlé, Topia et Asgard ne sont pas des soleils. Se sont les deux lunes en fusion restantes sur les trois de la planète Umer. Topia est d'apparence jaune pale et Asgard aux tons orangés parfois même aux tendances violines selon la saison. Quand le troisième astre solaire, Nébusa, se lèvera, Jean devrait arriver à mon rendez-vous. Après quelques heures de marche en chemin champêtre, il aperçu les premier bâtiments en périphérie de la Grande Cité. Il s’approcha doucement guettant alentours. Personne. Il se faufila à travers les ruelles ombragées puis se dirigea vers le marché aux fleurs. Au sortir des ces petites ruelles il arriva dans de plus grandes allées où badaud et marchand en tout genre s’agitait comme des fourmilles et chantait comme des grillons. L’air se faisait plus sec et le soleil mordant. Il continua quelques centaines de mètres pour se retrouver dans l’Avenue des Camélias donnant tout droit sur le marché des fleurs. Arrivant devant celui-ci, il ne pus que s'émerveiller de toutes les beautés de la nature. Un vrai festival de couleurs et de parfums, lesquels exaltaient ses sens. La foule était très dense. Les habitants cultivaient la passion des fleurs. Partout en trouvait. Dans chaque pièce de maison, sur les murs, dans les rues. Une vrai dévotion qui donna naissance à différent dogme dont le Fleurisme autour duquel s’exprimait différente pensée philosophique. Alors qu’il observait quelques spécimen de Cunulis Grandi, fleur à longue tige verte surmonté en son sommet de géantes pétales mauve de la taille d'une main parsemées de taches orange autour d'un pistil nacré, il se senti bousculé. Il jeta un regard dans la foule mais rien n’indiquait un signe d’hostilité à son encontre. A cette heure de grande influence, quoi de plus normal pensa t-il, puis il continua son chemin à travers les nombreux étales. L’extrait de cette fleur appelé communément la « Joie dans les Pleurs », était utilisée pour la fabrication d’arômes alimentaires et pour la fabrication d'une infusion aussi amer que la fleur est belle que l'on servait à tout moment de la journée. Malgré son amertume, on pouvait déceler en la goûtant, un arôme suave et enchanteur bien distinct en fonction de la personne qui en préparait le breuvage voire même de celui qui la buvait.

Après avoir zigzagué en long et en large dans les allés du marché comme s'il devait se défaire de quelques poursuivants, Jean pénétra à nouveaux dans d'obscures ruelles afin de quitter la ville. Il avait préalablement choisi de contourner la ville par le Nord – ce qui lui faisait une belle rallonge- , de traverser les Quartiers des Marchés aux Fleurs, un des plus fréquentés, puis de sortir de la ville car là, forêts et champs se succédaient. Aucun risque qu’on l’aperçoive ou que l’on devine son intention. Il ne savait pas vraiment pourquoi il en avait décidé ainsi. Quelques chose le poussait à s’avancer prudemment - chose inimaginable pour un habitant de cette contrée. C’était comme si agir de cette façon le rassurait. Pourtant il sentait comme une ombre, une présence le mettant mal à l’aise et qui l’enveloppait. Il ne pouvait se laisser distraire par cette désagréable sensation. Beaucoup d’autres questions lui parvenaient à l’esprit bien que la vu de cette forêt l'imprégna de nostalgie. Dans son enfance, Jean se baladait souvent dans ces bois. L’odeur de sapin l’inonde de souvenirs. Le chant des oiseaux, les diversités végétales et animales l’ont toujours fasciné. Lors de ces promenades, il les observait sans cesse. Il avait l’impression d’être le spectateur d’une grande pièce d’opéra où chaque acteur avaient le rôle principale. On aurait dit un ballet en continue car il y avait nombre d’acteur la nuit aussi. Au fil des jours il leur assignait des prénoms et des titres et interprétait l’histoire de sa planète telle qu’il la voyait à travers ceux-ci. Mais maintenant c'est avec un air soucieux qu'il les traversait. « Mais que me veut le Grand doyen ? Pourquoi du secret ? » remuait-il sans cesse dans sa tête en se mordillant les lèvres. Distrait il était voire plutôt perturbé au point de ne pas regarder où il posait les pieds; ce qui lui valut plusieurs cabrioles dont une que ses fesses écorchées par les ronciers sauvages se souviendront un petit moment. Après avoir pesté point en l'air à qui veut l'entendre, il reprit son chemin. Après quelques mètres il sortit de ses pensées, inquiété par le silence présent. Il ne bougea plus. Pas un souffle. Lentement il se mis à tourner la tête de chaque côté et ne comprenait pas ce silence. Il commençait à avoir peur. Un craquement se fit entendre, il se mis à presser le pas. « M'aurait-on suivi ? Comment peut-on arrêter la parole de la nature ? » Un long frisson lui parcouru l'échine et d'un pas pressé s'ensuit de petites foulées. Arrivé à la lisière de la forêt le front baigné de sueur tout haletant, il s'esclaffa d'un rire nerveux et s'écroula de tout son saoul dans la clarté de cette fin de mâtiné. « Nébusa ne vas pas tarder à pointer se dit-il. Mais quel frayeur je me fait murmura Jean. Un vrai gamin. Ce rendez vous avec le doyen ma fait perdre la tête. J'ai trop d'imagination. » Au fond de lui il ne se savait pas sincère mais essayait de se rassurer car le sentiment que quelque chose qui le dépassait prenait forme.
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