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¤Premier essai

Racontez-vous des histoires et déposez-les ici. Brèves, longues, belles ou imparfaites, à dormir debout, passionnantes ou enivrantes. Silencieuses. Ici, vous pouvez lire et commenter aussi celles des autres. Faites voyager les mots vers l'imaginaire.
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¤Premier essai

Messagede WinKat » 29 Juin 2010 0:40

- "Mais, qu'est-ce que je fous là ? Non..."

La femme aux cheveux ébouriffés se redressa lentement sur les coudes. Elle balaya d'un regard circulaire la pièce plongée dans le noir, remplie d'une odeur d'amour récent. Agréable et subtil auparavant, un mélange de doux et amer, paraissait vouloir y rester encore pour longtemps ; ça devenait insupportable. Elle savait que, si elle était là, c'était parce qu'elle l'avait décidé elle-même. Son attention s'arrêta sur la serviette de bain humide, abandonnée près du lit. Tout à l'heure, bien serrée autour de sa poitrine, à la sortie de la minuscule salle de bain, la serviette a fini par glisser par terre, découvrant ses petits seins et son ventre musclé. Une fumée chaude, parfumée par un seul produit, "qui sent vraiment bon", dans son répertoire beauté, l'avait suivie embaumant la pièce. Un joli tableau. Terminé, à présent.

- "Ça commence toujours comme ça..." se fit-elle remarquer, genre "arrêt sur image". Sourire du coin des lèvres, elle avait presque envie de se féliciter. Obligée de s'allonger de nouveau, les coudes endoloris, ses yeux commençaient à distinguer quelques formes.

Dans le gris des ombres calquées sur les murs, couverts d'un papier peint d'un très vilain goût, se dessinaient, avec ses arrêts nettement plus sombres, quasiment noirs, les contours d'une télévision suspendue dans un coin près du plafond, d'un cadre renfermant la photo en noir et blanc d'un monument connu tout proche, d'un placard carré en face et d'une table assez grande à droite, où on trouve habituellement toutes ces brochures qui invitent à des visites culturelles enrichissantes, activités sportives extraordinaires, bons restaurants de la région, brocantes pas chères du tout, ballades en calèche et autres trucs à remplir le triste week-end de la famille de Monsieur et Madame Bidochon avec leurs trois larrons, partis voir la tante Lucette avec ses chers acouphènes, demeurant un bled paumé, près de Villefranche de Rouergue.

Une chambre d'hôtel, quoi.

- "Une miteuse chambre d'hôtel..." a dû se le répéter à plusieurs reprises, pour réaliser qu'elle se trouvait allongée dans un lit qui n'était pas le sien, à côté d'un type qui respirait régulièrement, plongé dans un sommeil profond, paisible.

Malgré la sensation d'une fatigue persistante, qui ne la quittait plus depuis plusieurs semaines, là, après ces deux heures de répit, elle avait l'impression d'être en forme. Cependant, l'envie de se féliciter, pour quoi que ce soit, ressentie il y a quelques instants, a disparu au moment où, de nouveau, un léger sifflement lui est parvenu aux oreilles. Le type à côté dormait à poings fermés.

"Au bar... le type au bar... les p'tites lunettes... un, deux, trois, sourire... super belle gueule quand même, non mais... les traces de cervelle détectables... une bouteille de Châteaubriand vidée, pas mauvaise du tout, la bouteille... ensuite, bah, quoi en suite... mon spectacle... la nana branchée, dégourdie et super à l'aise... il a quand même souri de toutes ses dents... oh oui, charmant le coup de la portière, c'était une Jaguar, je crois... un "coupé" en tout cas, je ne sais plus quel modèle... hé oui, on a fait l'amour. Voilà, à peu près le déroulement de ma soirée..." Elle tourna la tête dans le sens opposé à l'homme et son corps l'a suivi dans un mouvement lent et voluptueux, pour finir par s'enrouler dans la couverture.
"L'envie de douceur, cette terrible envie de coton, non, plutôt de soie, choisis ce que tu veux... qui protège. L'envie de bras tendres, de doigts souples dans les cheveux et de longues baises..." La femme soupira et ferma les yeux en remontant encore plus haut le drap serré dans ses poings.

- "Merde, quelle heure il est, là?"

Elle commença à tâter la table de nuit pour trouver son téléphone portable d'un mouvement nerveux. Tout en essayant de rester calme, veillant à bien écarter les doigts, elle bloqua sa respiration pour plus de précision. Malgré les précautions, elle heurta un objet. La petite bouteille d'eau, entamée à peine il y a deux heures et trente minutes exactes, chuta, entraînant dans le vide les clés de la Mini bleue, garée juste devant les fenêtres de l'hôtel, ainsi que ces merdeux, petites bricoles que l'on retire de poches avant de se mettre à l'aise. On ne sait pas par quelle opération de grâce céleste, la pauvre moquette, délavée et aspirée jusqu'à la moelle, a réussi à absorber le bruit.

- "Aïe, je vais réveiller la moitié de ce foutu patelin," la femme étouffa un nerveux éclat de rire. "Et lui avec..." elle jeta un regard effaré par-dessus de son épaule et constata avec soulagement que l'autre dormait toujours.

- "C'est comment déjà son... ah, oui, Laurent, Laurent... promets-moi de m'emmener au septième ciel... essaie de me faire oublier le trou béant creusé au fond de moi... mes tripes arrachées, j'espère que ça ne s'est pas vu ?.. Tu étais si doux, fin, drôle même..."
Elle sentit enfin sous ses doigts un petit objet lisse qui remplissait parfaitement la paume de sa main. Son téléphone.

La sensation de toucher son petit bigot, tripoté habituellement du bouts des doigts, au fond de la poche, sur la table de la cuisine près du café, dans un restaurant entre le sel et le poivre, perdu dans le sac à main, tombé sous le siège de la voiture, oublié sur le bureau... ce petit truc qui assiste à la vie de trois quarts de la planète et cela dans les moindres détails, lui a soudainement fait voir la tristesse du tableau.

Elle avait l'impression de presque l'entendre: "Coucou, c'est moi, ton meilleur pote ! Je te suis partout, à n'importe quelle heure, dans n'importe quelles circonstances. Tu ne peux pas dire que je ne suis pas impliqué ! Je te sonne quand je veux et tu te jettes sur moi comme une lionne ! Combien de fois tu m'as caressé tendrement, espérant je n'sais quoi, le cœur battant à tout rompre? C'est souvent grâce à moi, que ta vie accélérait, et tu ne m'en as encore jamais voulu... Je te connais maintenant, ma cocotte, et je sais que tu n'es pas ici à ta place!"

Panique à bord!

- "Elle est où, ma culotte?"

En repoussant la couverture d'un geste exagéré, son bras tendu avait dessiné un grand demi-cercle et atterri lourdement près de l'oreille de l'autre. Elle s'arrêta net, ensuite s'approcha doucement pour vérifier qu'il dormait toujours et vint remarquer sur le lobe de son oreille, une toute petite trace de rouge à lèvres.

- "Vraiment, il est temps que je change de couleur..."

Ses longues jambes dégagées, une fois posées par terre, impossible de les arrêter.

- "Vite, merde, où ai-je posé mon soutif ? Là, c'est bon, maintenant le reste... magne-toi, bordel !... Putain, cette braguette, tu vas l'exploser... OK, ça y est, les godasses, zut, les talons, ce n'est pas vraiment ce qu'il te fallait... Ouais, tu savais, toi, que tu vas simuler un cambriolage à l'envers à quatre heures du matin?... Heureusement que t'as pas joué "la poupée en porte-jarretelles", tu serais bien dans la merde maintenant.... Chemise, pas celle-ci, la tienne ! Le pull, bien, mais il est à l'envers ce con, vas-y, enfile, on verra ça plus tard... Le sac... Les clés de la bagnole, mon Dieu, t'as failli laisser les clés, quelle gourde ! Comment l'ouvrir cette porte ?!... Oh non, la carte, prends la carte ! Où ça ? Sur la table de nuit ! Putain de serrure ! Ouééé... doucement.... dans quel sens déjà ? Vite, il va se réveiller! Allez!... Plus vite, sors! Tire-toi! Tire-toi!!!.."

Avec les chaussures et son sac dans une main, le téléphone portable et les clés de la voiture dans l'autre, trébuchant sur la petite bouteille qui se faufila entre ses pieds, tout en pestant dans son col roulé mis à l'envers, la fille sortit de la chambre et ferma la porte derrière elle avec beaucoup plus de douceur qu'il n'en fallait.
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Re: ¤Premier essai

Messagede Junayme » 29 Juin 2010 13:17

c'est un peu trop décousu à mon goût ! J'ai du mal à saisir le sens :-( Dommage, j'aime comme tu écris. Très cinématographique :hi:
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Re: ¤Premier essai

Messagede WinKat » 29 Juin 2010 20:23

Merci pour ta réaction!
C'est la toute première fois que je sors un texte. Je n'ai jamais rien écris auparavant... Je ne maîtrise pas très bien le français, c'est peut-être la cause de pas mal de bâtises dans ce récit? Bref, cela ma fait plaisir de savoir que tu as aimé! Même décousu (j'ai trouvé un tas de choses à retravailler en me relisant), ce texte me plaît, à moi! Je pense que c'est le plus important. Je me fais du bien, de plus un retour agréable me surprend... merci! Je reste ouverte à toute critique :-)
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Re: ¤Premier essai

Messagede Salwin » 04 Juil 2010 11:21

L'histoire en elle-même... ben il n'y en avait pas tellement une. C'était volonté de raconter qqch d'assez banal au fond j'imagine. En tout cas l'histoire en elle-même n'est pas des plus passionnante selon mes goûts.

J'ai néanmoins assez bien aimé comment tu décrivais la panique de la femme exagérée. On ressentait bien ce qu'elle, elle ressentait. Un très bon point.

J'ai été étonné par la description de la chambre, qui ne se laisse pas lire comme ça ! Il m'a fallu volonté réelle de lire jusqu'au bout pour comprendre tout ce qui y était écrit !
Pourquoi ? Parce-que tu trouves le moyen de faire tout ça en une seule phrase !! N'est pas Proust qui veut :
WinKat a écrit:Dans le gris des ombres calquées sur les murs, couverts d'un papier peint d'un très vilain goût, se dessinaient, avec ses arrêts nettement plus sombres, quasiment noirs, les contours d'une télévision suspendue dans un coin près du plafond, d'un cadre renfermant la photo en noir et blanc d'un monument connu tout proche, d'un placard carré en face et d'une table assez grande à droite, où on trouve habituellement toutes ces brochures qui invitent à des visites culturelles enrichissantes, activités sportives extraordinaires, bons restaurants de la région, brocantes pas chères du tout, ballades en calèche et autres trucs à remplir le triste week-end de la famille de Monsieur et Madame Bidochon avec leurs trois larrons, partis voir la tante Lucette avec ses chers acouphènes, demeurant un bled paumé, près de Villefranche de Rouergue.
Tu savais que tu n'avais fait qu'une seule et unique phrase là ?! :siffle:
Un conseil : découpe ta description en plusieurs phrases sincèrement !

C'est le seul réel point noir pour moi du texte. Le vocabulaire est bien choisi sinon. Non le reste, je l'ai lu naturellement :bien:
Nous n'avons que les mots pour transmettre nos émotions et sentiments.
L'écriture nous enseigne combien notre langage est insuffisant pour les retransmettre inchangés au lecteur.
Y parvenir au mieux, à défaut de parfaitement : voilà mon but d'écrivain.
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Re: ¤Premier essai

Messagede pandemonium » 04 Juil 2010 11:51

Je pense comme Salwin que l'histoire, bien que banale, est très bien écrite mais que ta description de la chambre est trop longue et en devient difficile à lire =s. C'est le seul passage vraiment "lourd" du texte.
Sinon, ton écriture est bien "vivante" et on sent que tu t'es vraiment fais plaisir en l'écrivant ce qui le rend d'autant plus agréable à lire. =)
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Re: ¤Premier essai

Messagede WinKat » 20 Juil 2010 17:48

Merci pour vos remarques!
Oui, je suis consciente que que j'ai utilisé une seule phrase pour reunir beaucoup d'informations. L'opération voulue de ma part, pour créer un sentiment d'opression... perçue comme une longeur inutile! Ha ha ha! Il doit y'avoir de moyens plus adaptés à cela?... Qui peut aider?
L'histoire est quasiment nulle - ce n'est pas vraiment elle qui compte - juste une occasion pour mettre à nue nos attentes jamais accomplies, loupées et finalement non désirées. Bref, je n'ai pas vraiment cherché - c'est une première! C'est bien d'écrire, je trouve ça jouissif comme activité! Pas vous? Même si je ne maîtrise pas grand chose!
Sur ce site, j'ai l'impression de "fouiller" un peu dans le carnet secret de mon voisin... sans être vue! C'est génial! Et puis ça me fait plaisir d'étre lue, je n'ai jamais ressentie ce sentiment... c'est très agréable de trouver vos opinions. Merci.
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