Bonjour,
Mademoiselle Greeny est un personnage de blog dessiné, elle est décroissante, adepte du bio et agace sa famille avec ses grandes idées (les scénarios sont de moi, les dessins de mon compagnon), voici l'adresse du site :
http://mademoisellegreeny.com/
J'ai repris les persos et imaginé un début de pièce qui serait jouée dans un appartement...
Merci pour vos conseils et remarques.
Dans un appartement, la famille Greeny est dans la partie cuisine, le public partie salon.
Miss Greeny expose ses idées de décroissance, ses enfants et son mari rétorquent.
Le public sera acteur : Miss Greeny les prendra parfois à témoin ; quand les personnages s’ennuieront, le public aussi s’ennuiera ; et il subira les lubies de Miss Greeny (ils auront des allumettes et bougies à dispo et ils auront froids en fin de soirée - Miss Greeny pourra leur proposer des couettes pour se réchauffer ;))
Miss Greeny lit un journal style Sciences et Vie (elle hallucine), M. lit sur son I Pad, les enfants jouent à la Wii.
Miss Greeny repose son journal sur la table avec fracas.
MISS GREENY : L’heure est grave ! (elle regarde son mari, ses enfants qui ne l’écoutent pas) Les glaciers fondent à vue d’oeil, le niveau des mers monte, la Terre se réchauffe ! (montrant une photo d’ours aux enfants qui jouent) des ours polaires meurent.
LES ENFANTS (gênés par leur mère) : Maman...! Bouge !
MISS GREENY : Les fuites de pétrôle saccagent nos océans, des espèces de poissons disparaissent chaque jour ! Les forêts tropicales sont détruites (à Monsieur Greeny) Tu sais que pour fabriquer tes chips, des familles entières sont chassées de leur terres pour planter des palmiers...? (elle sort de scène) Il faut sauver notre planète.
Noir
LES ENFANTS : ça marche plus !
MONSIEUR GREENY : Oh ! qu’est ce que t’as fait encore ?!
MISS GREENY (revient avec une bougie allumée et un fusible) : On va économiser l’énergie. En dépensant moins d’électricité, on aidera la planète... et notre pouvoir d’achat !
MONSIEUR GREENY : Ne me dis pas que tu as coupé le compteur...
MISS GREENY (fière) : On n’en a pas vraiment besoin. Après tout, nos ancêtres se débrouillaient très bien sans. Ils vivaient au rythme du soleil, c’est bien plus naturel.
MONSIEUR GREENY : Ils se levaient à cinq heures du matin, cultivaient leurs légumes, élevaient des poules et se couchaient en même temps qu’elles...
MISS GREENY (décontenancée) : On n’est pas obligé de se lever à cinq heures...
Miss Greeny distribue des allumettes et des bougies au public.
MONSIEUR GREENY : Si ! Il te faudra du temps pour faire la vaisselle, la lessive à la main, faire chauffer l’eau du bain, aller chercher du bois pour ton poêle.
MISS GREENY : On n’a pas de poêle.
MONSIEUR GREENY (souriant) : Ah ! J’te l’fais pas dire : on n’a pas de poêle, pas de cheminée, pas de gazinière... (conquérant) Comment comptes-tu cuisiner ?
Miss Grenny ouvre le frigo, sort chaque ingrédient et les tend à Monsieur Greeny.
MISS GREENY : On va bien trouver une solution.
MONSIEUR GREENY (à chaque ingrédient) : Cuire à la poêle, au four, réchauffer au micro-ondes.
Miss Greeny sort des steaks.
MISS GREENY (fière) : Des steaks tartare !
ENFANT : Avec des frites !
MISS GREENY (sortant les légumes) : Frites de carottes, de betteraves, de radis.
Miss Greeny pose tout sur la table et la famille commence la préparation du repas.
MONSIEUR GREENY (coupant les légumes) : Tu as pensé au frigo. Sans électricité, nos denrées vont pourrir.
MISS GREENY (fière) : Pas besoin. J’ai conçu un frigo naturel.
MONSIEUR GREENY : Un frigo naturel ?...
MISS GREENY (fière) : Sur notre palier. Il fait 6°, c’est parfait pour la conservation des aliments.
MONSIEUR GREENY (dubitatif) : Sur le palier... bien sûr... (inquiet) Tu as tout mis sous clef au moins...?
MISS GREENY (regarde le public, embêtée) : Tu crois qu’ils...
MONSIEUR GREENY (s’énervant) : Ils vont tout piquer, oui ! On n’aura plus rien à manger.
Monsieur Greeny sort laissant Miss Greeny embêtée.
MONSIEUR GREENY (en off) : Qu’est ce que je disais ?!
Il entre avec des emballages vides.
MISS GREENY (regarde le public, déçue) : ... Ils n’ont pas eu tort de se servir dans le fond... Ainsi, ils n’ont pas utilisé leur voiture pour aller faire leurs courses, pas de pétrôle... (moins sure d’elle), ils ne participent pas à la sur-consommation, ils... privilégient le commerce de proximité... (plus du tout sure d’elle) ils réduisent nos déchets (regardant le public) et ils vont manger sainement ! (se rapprochant du public) Allez... sortez tout. L’auberge espagnole est ouverte !
Des complices dans le public sortent des victuailles et les partagent avec les autres. Pendant ce temps, les Greeny termine de préparer leur repas et Miss Greeny amène des plateaux de frites de légumes au public.
Les Greeny dînent autour de leur table.
MISS GREENY (très enjouée) : Bon appétit ! Quel bonheur de partager un repas en famille. C’est de plus en plus rare, tu sais... Les gens n’ont plus le temps, ils ne font que se croiser. Les parents courent toujours, ils ne peuvent plus se poser avec leurs enfants, partager un moment avec eux autour d’une table.
MONSIEUR GREENY : Tu exagères un peu, là.
MISS GREENY : Mais pas du tout ! Parfois même, les enfants se préparent eux-mêmes leur plateau-repas... et mangent devant la télé. ça fait des générations d’obèses, ça ! (elle réfléchit) Tu sais, parfois je me dis que le progrès, finalement, nous a fait régressé !
MONSIEUR GREENY : Hein ?
MISS GREENY : Oui ! On passe notre vie à courir : sur les routes, au boulot, conduire les enfants en crèche ou à l’école à 8 heures, aller les rechercher à 19 heures, travailler 35 heures par semaine, on n’a plus le temps de se préparer des soupes, on mange des plats préparés, on engraisse, on se rend malade et couic ! c’est fini... Et tout ça pour quoi ? pour consommer, toujours plus ! Non... Le progrès devrait être que tout le monde puisse travailler de moins en moins et vivre plus et mieux.
MONSIEUR GREENY : Ce que tu veux, finalement, c’est revenir au temps de la Préhistoire : les hommes partent chasser et les femmes restent à la maison pour s’occuper des gosses et des légumes ?
MISS GREENY (heureuse) : Je suis tellement contente que tu me le proposes ! J’ai justement demander un mi-temps à mon patron.
MONSIEUR GREENY : Qu.. quoi... mais quand ?
MISS GREENY (se levant) : Aujourd’hui même. J’avais peur que tu ne me comprennes pas.
MONSIEUR GREENY : Mais... mais et ton salaire ?
MISS GREENY : J’en aurai encore la moitié. Et plein de temps à vous consacrer : plus de temps pour m’occuper de vous (elle l’enlace), plus de câlins... plus de plaisir...
Monsieur Greeny se laisse aller.
ENFANT : Nous aussi on arrête l’école ?
MONSIEUR GREENY : Ah non ! (inquiet soudainement regarde Miss Greeny), tu ne vas pas faire l’école à la maison, hein ?
MISS GREENY : Noooon. Pas tout de suite.
Le repas est terminé, les enfants s’installent devant la télé éteinte. Ils soupirent bruyamment. Miss et Monsieur Greeny font la vaisselle.
MONSIEUR GREENY : Comment on va faire pour acheter une maison sans ton salaire ?
MISS GREENY : On n’a pas besoin de maison.
MONSIEUR GREENY : Tu disais toi-même que c’était trop petit ici... Tu voulais un jardin.
MISS GREENY : J’ai réfléchi depuis.
MONSIEUR GREENY : C’était hier.
MISS GREENY : Je sais. Mais, avons-nous vraiment besoin d’une maison ? Regarde, nos amis passent leur temps à bosser pour payer une maison dans laquelle ils ne sont jamais. Si on voulait notre maison, on devrait s’éloigner de la ville pour pouvoir s’en payer une. Du coup, il nous faudrait une voiture, voire deux pour se rendre au travail, à l’école, faire les courses. Et puis, d’abord, tu devrais passer ton permis et ça, c’est pas gagné.
MONSIEUR GREENY : Qu’est ce que tu veux dire ?
MISS GREENY : Bin... tu devrais prendre beaucoup de cours... enfin, un peu plus que la moyenne... c’est qu’à ton âge, on apprend moins vite. Et puis, t’aimerais pas ça conduire, de toute façon.
MONSIEUR GREENY : Mais si ! Je suis très doué au GTA ! Et puis, il doit bien exister des simulateurs de permis de conduire sur PS.
MISS GREENY : On a débranché la télé. (elle voit enfin ses enfants qui boudent) Tiens. Qu’est ce que vous faites assis comme ça ?
ENFANT : On s’ennuie.
MISS GREENY (les rejoignant) : Faites un jeu.
ENFANT : Un jeu vidéo ?
MONSIEUR GREENY : Pas sans télé.
MISS GREENY (allumant plusieurs bougies sur scène) : Mes grands parents n’avaient pas de télé...
ENFANT : Quoi ?! Mais comment ils faisaient pour jouer à la Wii alors ?
Monsieur Greeny essaie de lire le journal de Miss Greeny à la lueur des bougies.
MISS GREENY : Ils n’avaient pas de jeux vidéo non plus. Ils avaient des jeux simples, en bois. Ils s’occupaient. On peut faire un jeu de l’oie ! (prenant le journal des mains de monsieur Greeny) ça va être très amusant.
Miss Greeny sort un jeu, pose les pions.
La partie se déroule.
Enfant voit que la télé des voisins d’en face est allumée. Il va la regarder par la fenêtre.
Monsieur Greeny le suit.
MISS GREENY : Vous abandonnez ? Hé bien, j’ai gagné ! (elle regarde par la fenêtre) C’est quoi ?
ENFANT : Les Experts.
Miss Greeny les rejoint.
MISS GREENY : On ne l’a jamais vu celui-là (à Monsieur Greeny) On peut commencer notre nouvelle vie demain, hein... Va chercher la télé !
Noir







