Textes dans la catégorie Prose & Divagations
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À vrai dire, c'est la suspension qui me garde. Cette façon de ralentir sans reculer. Je m'y sens engouffré du plus profond de mon être. Je m'y fais un nid parsemé d'épines qui semblent caresser mon trouble. Un moment de panique figé dans l'espace.
Je me suis accroché à l'absence, celle de moi-même, celle de mon voisin. Je bifurque, je bascule, tourbillonne. Mes pupilles en haut et en bas. En bas, en haut, à gauche et en haut. Du calme, enfin du calme. Mes vaisseaux fluides traversent mes membres comme pour m'imprégner de cette solitude que j'aime aujourd'hui. J'en avais besoin, c'est tout près de moi..
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Extrait de : "La guerre contre les Zinsects" "Le Saint livre d'Arctosia-1"
"O grand Wrs de la nuit et du souvenir,
Guéris nous de nos plaies et de nos pleurs,
Amuse nous dans l'avenir,
Et réjouis nous d'un monde meilleur"
Lucius Liber.
Pour d'autres extraits :
http://luciusroman.skyrock.com/.
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Il vole et virevolte, libre. Il danse la pluie et les marécages. Volcan grondant, tout de lave enflammée. Il inspecte tous ses défauts et enfonce dans son corps de bonnes résolutions. Et pourtant, il craque.
Vous voyez, il est enfermé dans sa tête. Une voix dans une brume. Son corps bouge, agit, réagit. Sa voix gronde, tremble, tombe. Ses mains lui sont inconnues. Il n'est que ce qu'il ne pense pas être. Piège de chair, complot de peau.
Il hurle.
Dans sa tête, il hurle. Il tape sur les murs, il explose les fenêtres. C'est une belle construction, dure à briser. Et avec le temps vient le pire. Après le hurlement, après les pleurs et les lamentations, après la résignation et après les résolutions. Avec le temps vient le silence. Il est enfermé dans sa tête, compagnon silencieux d'un néant sans voix. Incrédule. De plus en plus rares sont les périodes de contrôle. Alors il compte les ratés, essaie de rire devant son propre comportement, tache de s'indigner devant ses propres échecs.
Il se remémore les bons moments, s'enfuit dans un futur fantasmé et irréel.
Il est enfermé dans sa tête. Qu'est ce que la réalité d'une âme qui chantonne en silence ?
C'est un océan de frustration, une mer d'amertume; une voix qui jamais, au grand jamais, ne se cassera à cause d'un chant trop fort..
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La plume frôle la feuille, la tapote, hésite un instant, et soudain semble prendre vie. Dans une folle frénésie, elle court. Fébrile, elle s’agite. Ses contours deviennent flous. On la croirait presque autonome. Elle danse gracilement sur le papier, puis, brusquement, s’immobilise. Statue suspendue au bout d’une main inerte. Elle tergiverse, tâtonne. Alors, dans un subit accès de rage, l’embryon de prose est tué. Les mots qui le constituaient illisible à jamais sous les épaisses ratures. Dans un bruit mat, le stylo s’échappe, choit tristement sur la table. Et y reste, gisant…La page est déchirée, arrachée, chiffonnée par d’imposante main où vient se réfugier une tête fatiguée pour s’y morfondre.
La boule de papier tombe sur le sol, ou elle rebondit. Comme un défi à cet auteur impuissant…
Le sifflement strident du vent lui hurle aux oreilles. Du haut de son perchoir, la ville entière lui est visible. Un sentiment de gloire l’envahit. Juste un saut et elle vibrerait. Enfin, elle sera vivante ! Une pleine goulée d’air emplit ses poumons. Les effluves de la ville lui soulevèrent un haut le cœur. Qu’importe ! Ici, elle offrirait un sens à son existence. Soudain, un vertige la prend. La brume qu’avait installée l’adrénaline s’estompe. Elle prend conscience du risque qu’elle prend. Un mauvais pas et elle meurt. Dilemme. Son rêve risque de lui être fatal… Mais, repartir en arrière ? Pour regretter à jamais ? Non ! Résolue, elle prend son élan. Vole ! Vole monte en l’air, vole ! Offre à ce monde urbain ankylosé, de gracieux mouvements. Cours ! Saute ! Vis ! Sa respiration se calme. Apaiser. Son rêve réalisé. Voler lui est possible.
Elle est là. Ses longs cheveux savamment ondulés virevoltent sous les assauts du vent. Son visage, imperceptiblement maquillé, illumine l’endroit. Et les têtes se tournent pour suivre encore un peu sa majestueuse démarche. Battement de cœur. Comment ne l’entend elle pas ? Il crie pourtant si fort. Elle est là pour moi. Moi…son ami. Son confident.
Dire ou ne pas dire ? Trois mots. Un plus un plus un. Insurmontable ! On s’assied. La discussion commence. Comme sa voix est envoûtante. Dire ou ne pas dire ? Battement de cœur.
Elle s’est tue. Consciente qu’un élément est anormal. Elle me demande ce qu’il y a. Je garde le silence. Puis, lentement, ma tête s’avance vers elle, s’incline. Battement de cœur. Je m’arrête à quelques centimètres d’elle. Comme pour demander la permission. Ses longs cils répondent par l’affirmative. Nos lèvres se touchent. Le temps s’arrête. Mon cœur explose. Magie. Le sable s’écoule à nouveau dans le sablier. Nos visages sont face à face. L’insurmontable est surmonté. La digue de nos sentiments brisés. Trois mots sont soufflés par deux cœurs.
Je n’avais pas remarqué à quel point le ciel était beau…
Osera ? Osera pas ? Errant au milieu d’immenses étagères, l’homme reste silencieux. Muré dans un mutisme respectueux. Il déambule aléatoirement dans ce dédale de livre. Nouveau visiteur, il découvre la richesse de cette bibliothèque. L’occultisme qui semble peser sur l’endroit n’en est que renforcer. D’où vient cet incongru plaisir de vagabonder ainsi dans ce lieu ? Poser ces yeux avec vénération sur ces ouvrages parait si étrange. Il s’arrête devant un rayonnage. Alors il laisse courir ses doigts sur les reliures, stoppe sur l’une d’entre elle. Caresse tendrement sa tranche. Remonte sa main jusqu’en haut. Pose l’index sur la tranche. Et fais glisser l’ouvrage jusqu’à lui par le haut. Des gestes quasi-mystiques ! Puis, il s’adosse à un mur et laisse les mots le submerger. Emporté dans un paradis éphémère.
Un ange passe par-dessus des bruits de couverts. Dîner de famille. Un enfant unique. Au loin s’entend faiblement une musique folklorique. Drôle d’ambiance. Bon anniversaire jeune homme ! La majorité, ce n’est pas rien !
Pourrait-on faire pire ? S’il leur disait oui. Sans aucun doute. Leur dire ? C’est son objectif ce soir. Mettre fin à près de cinq années de mensonge maintenant. L’annoncer, certes, mais comment ? Il hésite, tergiverse. Brutalement ? Oui…non ! De toute manière, il faudra leur dire. Ça reviendra au même. Les mots sortent. Claquent dans l’air comme l’orage après une chaude journée d’été.
Hébétement, cri, colère. Des mots bien faibles pour qualifier leur réaction. Le son des pleures féminines couvrent presque les vociférations patriarcale ! Réponse égoïste ! Comment ne pas accepter le bonheur d’autrui ? Hypocrite ouverture d’esprit. « Chez les autres, pourquoi pas, mais pas chez mon fils ! » Différent donc rejeté…même par ses propres parents. Où est le crime d’aimer ceux de son sexe. Parce qu’il est pédéraste, il est immorale ? Contagieux ?
La pluie le désembrume lentement alors qu’il titube dans la rue. Absent. Renié par sa famille à jamais…Tristesse mêlé d’incompréhension.
Les premières notes s’élèvent dans les airs. Mélodie enivrante. Les mains du pianiste virevoltent. La musique alors ne peut être définie que par un seul mot. Harmonie.
La jeune danseuse est derrière. Attendant ce triolet qui la fera s’élancer. Nœud au ventre. Première représentation. Encore temps de fuir. Encore temps de s’écrouler et de simuler un malaise. Mais non, elle reste droite. Attentive. Altière. Belle. La note attendue apparaît. Alors les premiers pas partent. Entrechats, vrille, saut. La silhouette devient floue. En accord avec la mélodie, la danseuse vie. S’affole sous les crescendo. Se brise sur un arrêt. Suggère sur un diminuendo. Meurt avec la dernière note…Ressuscite sous les applaudissements. Fatiguée. Mais si heureuse.
Leurs souffles sont à l’unisson. Dans la lumière tamisée de la chambre, le jeune couple s’observe en silence. Leurs lèvres se trouvent. S’éloignent. Aucun ne semble vouloir faire le premier geste. Pudeur face à l’inconnu.
Je t’aime…
Leurs lèvres se retrouvent encore. Plus longtemps.
Le calme de la pièce est troublé quelques instants par des froissements d’habits.
Je t’aime, tu sais ?
Leurs corps se découvrent. Un sentiment de panique. Fugace. Que dira l’autre ?
Je t’aime !
Leurs mains se trouvent
Chacun cède aux caresses de l’autre. Un frémissement parcours la colonne de l’un.
Je t’aime
Les baisés arrivent. Suscitant frissons et petit cris.
Je t’aime
Nouvelle peur. Plus forte, plus présente. Crainte de décevoir sa moitié.
Quel regard pose t’il sur mon corps ?
Quelle réaction aura-t-il après ?
Je t’aime
La peur est balayée. Une armée est venue avec ces mots.
Ils s’offrent chacun à l’autre.
Deux ? Un ?
Leur respiration s’accentue.
Le silence est déchiré
Je t’aime
Combien somme-nous ? Suis-je ?
Deux ? Un ?
Un être. Deux cœurs. Deux corps. Deux âmes. Même cri.
Je t’aime !
Le silence revient. Les peurs sont parties à jamais. Ils ont changés.
Ses larmes sont toujours là. Mais leur nature a changé. L’encre tâche de nouveau ses mains. Nouveau départ. Il avait oublié quel effet faisait le stylo qui glisse sur le papier… Oublier la beauté des mots. Résurrection ! L’envol de son esprit. L’envol de sa vie. Être entier est si plaisant....
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Elle m'appelle.
Elle veut me prendre dans ses bras, m'étreindre de sa douceur. Me balancer d'un mouvement las, sombrer dans cette torpeur. Me tremper d'elle, de sa puissance, sa beauté mystérieuse qui m'entraîne vers le fond. Vers le fond d'où les étoiles deviendront floues, des arabesques exquises dansent devant mes yeux. Humer cette senteur suave et dure. L'écume s'arrête sur mon coeur, caresse les blessures.
Et ces milliers de gouttes qui se mêlent aux larmes..
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