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Texte à plusieurs mains : Il était une fois....

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Re: Texte à plusieurs mains : Il était une fois....

Messagede Eni2 » 16 Nov 2009 22:11

Ah, enfin ! Je n'espérais plus !

:hn:


Ils restèrent ainsi, à se dévisager l'un l'autre dans l'expectative, si longtemps que la neige se mit à tomber sur le paysage déjà glacé, recouvrant bientôt les gros pieds, couverts d'ampoules après sa si longue course, de l'aubergiste.
Grumpff était si épuisé qu'il ne prononçait un seul mot, c'est à peine s'il osait respirer pour reprendre son souffle. Il était bien trop occupé à penser... activité qui emplissait toutes ses pensées, et même ses émotions, lui demandant des efforts continus pour faire tourner les rouages à l'intérieur de son petit crâne, lesquels étaient restés désespérément inactifs, catatoniques, même, depuis des lustres. La neige, le froid, les ampoules et cors aux pieds... à vrai dire tout ça lui importait peu. Il se mit à rêver de ce qu'il adviendrait s'il avait juste la possibilité de faire un voeux, possibilité qui se tenait devant son nez et qui de surcroît se trouvait être multipliée par trois. Mais comme Grumpff ne s'était jamais vraiment exercé au calcul mental et que ses doigts gelés comptaient dans le vide, à même de se solidifier, il lui était dificile d'entrevoir le moindre résultat. Cependant, l'air vivifiant était propice à de nouvelles idées et Grumpff sentit qu'avec la force de l'usure, il pourrait forcer les rouages de son cerveau à trouver une bonne solution. Le génie éternua.
" On se presse, jai pas toute la journée, moi ! Je suis aux 35 heures alors dépêches-toi !"

Grumpff lui fit part de son mécontentement en poussant un rugissement dont lui seul avait le secret, et il fut presque aussitôt tout à fait euphémique de dire que le génie eut perdu son sang-froid. Il demanda à son nouveau camarade s'il voulait bien attendre, le temps de pouvoir faire un calcul.
" Je veux bien, rétorqua le génie. De préférence avant que je n'attrappe une pneumonie."
Et Grumpff pensa. Il calcula, calcula comme il n'avait jamais calculé, ce qui n'était pas peu dire. Il pensait... Quel merveilleux sentiment. On pouvait entendre les rouages grincer sous son crâne à tel point que l'on que l'on eut cru voir plusieurs fois la machine se démembrer et tomber en pièces. Il pensait tellement que de la vapeur sortait de ses oreilles. Puis, jaillissant soudain tel le saumon remontant le cours d'une rivière, il se leva et déclara d'une voix bien nette :
" Tu sais quoi ? Je veux le double de la somme des voeux que tu me propose."
.

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Re: Texte à plusieurs mains : Il était une fois....

Messagede Bonnny » 12 Juin 2010 14:04

RECAPITULONS :hfs:

Drocker a écrit:Il était une fois un poète , qui en avait assez d'écrire des poème chez lui. Il pris alors la décision de partir. De faire le tour du monde pour créer le monde dans un recueil de poésie.
Il parti de chez lui, qui était au centre même de la France. Comme simple moyen de transport il pris une paire de godasse. Arrivé à une journée de marche il pris sa plume et commença un poème. Mais voyant qu'il n'avait pas assez voyagé pour découvrir de nouvelles inspirations, il repartit , et marcha toute la nuit...


philippe telgin a écrit:Mais voyant qu'il n'avait pas assez voyagé pour découvrir de nouvelles inspirations, il repartit , et marcha toute la nuit...
A l'aube, il rencontra un autre poète, qui cherchait à créer un recueil de poésie dans un monde, et chacun voyant que son contenu était le contenant de l'autre, et vice-versa, ils décidèrent de marcher de compagnie. Quel était son nom? bah, quelle importance! On se contentera de l'appeler LPQCCRPM. L'autre, on le nommera LPQCCMRP. Tout simplement. C'est imprononçable? Nous en sommes bien conscients.

EDIT: LPQCCRPM, ça veut dire Le Poète Qui Cherchait à Créer un Recueil de Poésie dans un Monde,
et LPQCCMRP, c'est Le Poète Qui Cherchait à Créer un Monde dans un Recueil de Poésie


Enide a écrit:Nous en sommes bien conscients... Donc, les deux compères marchèrent jours et nuits durant vers de nouveaux horizons, ils virent bien des villes et des villages mais l'inspiration qu'ils cherchaient tant semblait être une rarissime denrée de par ces contrées. Ils semblaient au faîte de leur désespoir quand un jour, l'un d'eux, pris d'une idée divine, dit à son compagnon :
" Nous voici en chemin. Fort bien. Mais pour quérir cette inspiration qui nous fait languir, ne devrions-nous point trouver de muse qui puisse nous guider ?"
Et l'autre, (quel est son nom, déjà ? un nom étrange me direz-vous. Nous dirons donc qu'il vient d'une contrée lointaine où les voyelles ne se prononcent pas selon le décret 389 sur la détection et la prévention des invasions touristiques) acquiesça.
Après de longues heures de divagations sur ce que devrait être une muse idéale, ils décidèrent de passer une annonce dans le journal, le prochain patelin n'étant plus très loin...

philippe telgin a écrit:Après de longues heures de divagations sur ce que devrait être une muse idéale, ils décidèrent de passer une annonce dans le journal, le prochain patelin n'étant plus très loin...

Ils y arrivèrent donc, essoufflés et affamés. Ils cherchèrent d'emblée le journal du village, avant même d'aller au restaurant. Le nom de ce petit journal local était Yoyo, car dans ce pays, c'étaient les consonnes qui étaient interdites. Aussi, Yoyo convenait parfaitement, malgré le peu de rapport avec la conception habituelle qu'on se fait d'un journal, fut il local et généraliste. Arrivés dans les locaux de ce journal, ils hésitèrent longtemps, débattirent encore plus pour savoir quelle catégorie était la catégorie de cette annonce: travail, délation, calomnies, recherche des chiens errants, coeur, etc. Ils optèrent finalement pour Autres.
Alors, que dire dans cette annonce? C'étaient quand même des poètes, mais pas des riches non plus. Quel penchant l'emporterait?

Enide a écrit:Quel penchant l'emporterait ?

Donc, heu... Le poète qui cherchait à créer un recueil de poésie dans un monde et le poète qui cherchait à créer un monde dans un recueil de poésie hésitaient grandement. Leur annonce devait-elle être poétique ? Ils disposaient en plus d'un nombre de lettres limitées, ce qui ne facilitait pas grand chose. De plus, le décret 389 sur la prévention et détection des invasions touristiques, alinéa b ( voyelles abolies pour repérer les touristes qui s'écorchent la langue en essayant de prononcer les noms des lieux de villégiature) ne leur donnait pas large marge de manoeuvre et ne concordait pas avec l'esprit du journal Yoyo, (qui se devait lui de respecter une autre loi locale sur la prévention des touristes, mais cette fois en évitant toute consonnes). A cette difficulté s'ajoutait l'éditeur du journal, surnommé petit .au. ; qui venait constamment leur répéter qu'ils "n'avaient pas toute la journée, non plus". Plusieurs heures s'étaient écoulées quand ils trouvèrent un compromis :
Ils ajoutèrent une sous-rubrique intitulée "Annonces de l'étranger" (et oui, "autres" c'est un peu vague) et publièrent une fois leur annonce selon le décret 389 alinéa b sur la détection et la prévention des touristes et une autre fois selon le décret local en accord avec le journal Yoyo. Ce qui donnait un infâme méli-mélo de chaque côté, mais en superposant les deux annonces on arrivait à comprendre un message qui disait :
"Jeunes Hommes en perte d'inspiration cherchent muse pour pouvoir créer à nouveau. Recevons messages par pigeons voyageurs. Pour tel portable, s'adresser à Yoyo"
Du reste, ils durent s'endetter auprès de l'éditeur parce que deux annonces, ça coûte cher.

philippe telgin a écrit:Les voici donc sans le sou, obligés de rester dans la ville, à la recherche d'un hôtel, d'une pension, bref, d'un endroit où ils pourraient vivre de façon peu onéreuse, étant donné qu'ils furent obligés de louer à crédit. Tout cela pour trouver la Muse qui leur donnerait l'inspiration capable de les rendre à la fois riches et célèbres, et régler ainsi leurs dettes envers le patron du Yoyo, et celles qu'ils ne manqueraient pas d'avoir par la suite.
Après quelques hésitations, ils dénichèrent une sorte d'auberge miteuse, mais vraiment pas chère. On ne donnera pas son nom, qui était, comme partout ailleurs dans ce pays, imprononçable. Le patron était un homme à tête de cochon, gros et gras de corps comme d'esprit. Il répugna aux deux poètes. Il était bien entendu à la fois avare et voleur, et désira être payé d'avance. C'était bien entendu impossible, et les deux poètes entreprirent de le faire changer d'avis...
:coucou:

Enide a écrit:Ils convinrent finalement d'un marché avec l'aubergiste. Car celui-ci aimait la belle .... (nous ne prononcerons pas son nom, car petit rappel, tous les noms sont imprononçables, dans ce village) mais la nature ne l'avait pas doté du meilleur profil, étant donné sa tête de cochon, son sale caractère et son vocabulaire se limitant à "Grumpff", ce qui était rendait les choses fort difficiles quand il s'agissait de faire la cour à ces belles demoiselles. Les deux poètes demandèrent donc à quoi ressemblait cette belle ... et la réponse fut bien entendu "Grumpff" mais finalement, l'aubergiste leur tendit une photographie qu'il avait découpé dans le journal Yoyo lorsque la jeune femme, qui était chanteuse de son métier, c'était produite en concert dans la salle des fêtes. L'aubergiste n'avait pas pu y assister, ayant la visite de sa mère venue lui apporter de nouveaux caleçons propres ce jour-là (hé oui, elle s'occupait toujours de sa lessive, à son plus grand désarroi). Et il se demandait comment séduire cette chanteuse qui ne l'avait même pas remarqué. Les deux poètes décidèrent alors d'écrire quelques lignes et de faire passer leur oeuvre pour celle de l'aubergiste. La belle ... ayant fort joli minois, il ne leur fallu pas longtemps pour débiter forces rimes et métaphores la décrivant. L'aubergiste parut satisfait mais un peu dépassé. Il signa au bas du poème et signifia aux deux poètes qu'ils avaient leur chambre pour la nuit. Une chambre avec un seul lit à la couverture rêche, mais les deux poètes s'en contentèrent. Ils se demandaient quelle réaction aurait la belle... en arrivant à l'auberge. Si elle n'était pas bête, il lui faudrait peu de temps pour comprendre la supercherie.

Alors... marchera, marchera pas ?

philippe telgin a écrit:En effet les deux coquins n'avaient pu s'empêcher de se moquer de cet abruti d'aubergiste, qu'on nommera Grumpff pour la facilité. Ils en riaient sous cape, tous les deux dans leur unique et minuscule chambre, attendant le lendemain avec une grande impatience. Bien sûr, ils ne risquaient rien, leur part de contrat ayant été remplie. L'aubergiste fut un peu surpris, comme on l'a dit auparavant, mais son quotient intellectuel handicapait lourdement pour saisir toute la finesse de la chose.
Quant au poème lui même... c'était un chef d'oeuvre, à n'en pas douter. Il faut donc croire que l'aubergiste fut d'une certaine utilité, au moins une fois dans sa vie. De là à le qualifier, lui, ce rustre à peine dégrossi, de muse, il n'y a qu'un pas, que nous ne ferons pas!
L'aubergiste passa la nuit à le lire, le relire, le parcourir encore une fois, dans l'espoir insensé de l'apprendre par coeur, pour le déclamer à son amour le lendemain. Bien sûr, ce fut un pitoyable échec, et ses tentatives revenaient toujours à ceci: "Grumff, burumff, grumff", en gros. Il résolut donc piteusement de le lire...
Le lendemain, après le déjeuner, le gros aubergiste prit son courage à deux mains, quoi qu'une seule eût suffi, et se dirigea chez l'artiste, accompagné des deux poètes, pliés en quatre.
Grumff commença sa "lecture", de sa plus belle voix:

Enide a écrit:(voilà qui a de quoi faire peur) :
" Grumff, mumff, pfuff..." (nous arrêterons là pour le massacre) avec pour accompagnement les deux poètes qui ne pouvaient s'empêcher de glousser, de pouffer, de se retenir puis finalement, d'éclater de rire sous l'oeil mauvais de Grumpff, qui se sentit soudain terriblement seul (et terriblement abusé, aussi). La jeune et belle artiste qui faisait face à cette bien étrange scène darda un regard intrigué à Grumpff, puis finalement aux deux poètes hilares.
" Puis-je savoir ce que tout cela signifie ?" Demanda-t-elle.

Enide a écrit:Les deux poètes, qui riaient tellement qu'ils s'en tapaient les cuisses avec les poings, durent alors réfréner leur enthousiasme car l'oeil de Grumpff devenait de plus en plus menaçant. Sentant le danger pointer le bout de son nez, l'un des deux hommes de lettres prit la feuille des mains de Grumpff et la glissa dans celle de la jeune artiste, avec une certaine appréhension qu'il avait pu dissimuler jusque là.
"Voyez madame, dit-il un peu hésitant, le sort de ce pauvre homme. Lisez ces lignes qu'il a écrites pour vous. Il n'a malheureusement pu vous les déclamer de sa belle voix, car celle-ci s'est envolée dans un terrible accident. Depuis, il demeure chroniquement enroué et ne peut articuler un seul mot. Il n'osait venir ici seul, de peur que vous ne le rejetiez. Lisez donc ces lignes et dites-nous ce que vous en pensez."
Grumpff approuva vivement de la tête pour appuyer l'histoire du poète et la jeune fille parcourut le texte des yeux, rougissant à la lecture de certains passages où les deux poètes, tout à leur art ; avaient usé de finesses afin de mieux la décrire. Émue, elle regarda cette étrange homme à la tête de cochon qui tremblotait, le regard rivé vers le sol.
" C'est quand même terrible, ce qui vous est arrivé", adressa-t-elle à Grumpff. Puis, se tournant vers les deux poètes : " et vous qui vous moquiez de lui ! Vous n'êtes que des ignares, des idiots et des ingrats !"
"- Ignare ? Répliqua le deuxième poète, courroucé. Nous sommes des hommes de lettres, quand même !
- Des hommes de lettre ? Répéta la jeune femme ahurie.
- Oui, parfaitement ! Nous sommes des poètes qui parcourent le pays à la recherche d'une mu..."
Il fut immédiatement interrompu par le premier poète qui s'empressa de lui mettre la main devant la bouche, mais hélas le mal était fait... Grumpff avait troqué son marmonnement intimidé contre un "Grrr" nettement plus prononcé et serrait les poings. Il émit un grognement :
"On... Avait fait... Marché !"
Les deux poètes roulèrent des yeux et firent un pas en arrière.
" L'air n'est pas propice à notre carrière. Fuyons!"
Et ils prirent leur jambes à leurs cous.
La jeune artiste (se hasardera-t-on à la qualifier de muse ?) regardaient les deux poètes s'enfuir devant le grand gaillard à la tête de cochon qui s'était mis à les poursuivre.
"Attendez..." Lança-t-elle aux trois hommes sans vraiment les atteindre, car ils étaient tout absorbés à leur course.
Elle aurait bien aimé mettre certaines choses au clair avec eux.

philippe telgin a écrit:Elle aurait bien aimé mettre certaines choses au clair avec eux.

Mais il était trop tard! Le mal était fait! Les deux fripons s'enfuirent, poursuivis par une sorte de sanglier monstrueux, émettant de temps en temps des grognements incompréhensibles, mais féroces. Il semblait d'ailleurs revigoré par cette exténuante poursuite, et sa graisse avait disparu comme par enchantement. Combien de jours coururent ils ainsi? Il serait plus prudent de compter en années! Comme on pouvait le craindre, ils s'épuisèrent, au bout d'un moment, et finirent leur course dans une contrée glaciale. Où était ce exactement, je n'en sais rien! Mais ils gelaient sur place, et leur sueur glaçait sur leurs membres congelés. Grumff s'était arrêté aussi. Il haletait comme un chien exténué, éructait comme un porc échauffé. Il se mit finalement à pleurer.

Eni2 a écrit:Il se mit finalement à pleurer...

Et ses larmes coulaient et durcissaient sur son visage. Il les rejeta d'un revers de la main en pensant à ces deux fripons de poètes qui étaient déjà loin. La rage... La rage bouillonnait en lui. Il frappa du poing sur le sol de cette contrée gelée, fissurant quelques centimètres de glace, qui de toutes façons, était destinée à fondre sous les coups du réchauffement climatique. Ses doigts engourdis par le froid se refermèrent sur un curieux objet. Etait-ce une bouilloire ? Une théière ? Un samovar ? A dire vrai ; une fois l'objet exhumé, il lui sembla plutôt faire face à une petite cafetière à expresso éborgnée. Il frotta machinalement sa manche contre sa nouvelle acquisition, comme s'il s'attendait à ce qu'elle le réchauffe. C'est alors qu'un éclair zébra le ciel.
" Eclair de génie bonjour. Vous m'avez appelé, n'est-ce pas ? Trois voeux et s'en est fini de vos tracas !"

VoldeNuit a écrit:" Eclair de génie bonjour. Vous m'avez appelé, n'est-ce pas ? Trois voeux et s'en est fini de vos tracas !"
Grumph eut un sursaut d'effroi à la découverte de ce génie soudain sorti de sa lampe. Bien que la contrée des génies se trouve en plein désert, il était rare qu'on en trouva en plein désert de glace, ou avec de la glace en dessert. Or ce dernier -le génie,et non le dessert- regardait Grumph de ses grands yeux écarquillés, attendant comme il l'avait appris dans son manuel du bon génie acheté à un prix dérisoire sur internet, que son nouveau maître formule ses fameux trois voeux. Cependant Grumph, si tant est que sa tête de cochon puisse imiter le joli minois basané de ce cher génie, reproduisait exactement l'expression aux yeux grands ouverts de celui-ci. Ils restèrent ainsi, à se dévisager l'un l'autre dans l'expectative, si longtemps que la neige se mit à tomber sur le paysage déjà glacé, recouvrant bientôt les gros pieds, couverts d'ampoules après sa si longue course, de l'aubergiste.

Eni2 a écrit: Ils restèrent ainsi, à se dévisager l'un l'autre dans l'expectative, si longtemps que la neige se mit à tomber sur le paysage déjà glacé, recouvrant bientôt les gros pieds, couverts d'ampoules après sa si longue course, de l'aubergiste.
Grumpff était si épuisé qu'il ne prononçait un seul mot, c'est à peine s'il osait respirer pour reprendre son souffle. Il était bien trop occupé à penser... activité qui emplissait toutes ses pensées, et même ses émotions, lui demandant des efforts continus pour faire tourner les rouages à l'intérieur de son petit crâne, lesquels étaient restés désespérément inactifs, catatoniques, même, depuis des lustres. La neige, le froid, les ampoules et cors aux pieds... à vrai dire tout ça lui importait peu. Il se mit à rêver de ce qu'il adviendrait s'il avait juste la possibilité de faire un voeux, possibilité qui se tenait devant son nez et qui de surcroît se trouvait être multipliée par trois. Mais comme Grumpff ne s'était jamais vraiment exercé au calcul mental et que ses doigts gelés comptaient dans le vide, à même de se solidifier, il lui était difficile d'entrevoir le moindre résultat. Cependant, l'air vivifiant était propice à de nouvelles idées et Grumpff sentit qu'avec la force de l'usure, il pourrait forcer les rouages de son cerveau à trouver une bonne solution. Le génie éternua.
" On se presse, jai pas toute la journée, moi ! Je suis aux 35 heures alors dépêches-toi !"

Grumpff lui fit part de son mécontentement en poussant un rugissement dont lui seul avait le secret, et il fut presque aussitôt tout à fait euphémique de dire que le génie eut perdu son sang-froid. Il demanda à son nouveau camarade s'il voulait bien attendre, le temps de pouvoir faire un calcul.
" Je veux bien, rétorqua le génie. De préférence avant que je n'attrape une pneumonie."
Et Grumpff pensa. Il calcula, calcula comme il n'avait jamais calculé, ce qui n'était pas peu dire. Il pensait... Quel merveilleux sentiment. On pouvait entendre les rouages grincer sous son crâne à tel point que l'on que l'on eut cru voir plusieurs fois la machine se démembrer et tomber en pièces. Il pensait tellement que de la vapeur sortait de ses oreilles. Puis, jaillissant soudain tel le saumon remontant le cours d'une rivière, il se leva et déclara d'une voix bien nette :
" Tu sais quoi ? Je veux le double de la somme des voeux que tu me proposes."


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Re: Texte à plusieurs mains : Il était une fois....

Messagede Deathtales » 12 Juin 2010 16:11

" Tu sais quoi ? Je veux le double de la somme des voeux que tu me propose."
le génie réfléchit alors longuement pour enfin répondre :
"alors si j'ai bien calculé Trois vœux moins un le tout multiplié par deux ça nous fait...
16,33333333333333... vœux arrondissons donc a 10 voulez vous"
Les Génies sont des créatures des pays chauds et le froid engourdit leur intelligence a cette température le Q.I. de celui-ci ne devait pas dépasser celui de Grumpff. Notre tavernier quand même doté d'un instinct de survie renonça a recompter de peur de mourir d'hypothermie
et dit,
"Premier vœu, je veux un Bar"
mon genre dans le genre est un genre de compromis entre un genre du genre genré et un genre de genre dégenré

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