|
SCENE 4
À l'hôpital, Louise est assise sur le lit
(On frappe à la porte) LOUISE, Oui ? JEANNE, Avec une distance hautaine, Bonjour Louise. LOUISE, Ah ! (sourire), Jeanne ! Je croyais que tu ne viendrais pas ! JEANNE, Si, tu vois bien ! Tu as une piètre opinion de moi. LOUISE, ... Désolée. JEANNE, Je ne t'en veux pas ! LOUISE, ... JEANNE, Je t'apporte ça. (Elle lui tend le livre avec répugnance.) LOUISE, (Esquisse de sourire en voyant le cadeau) Merci (Elle lit, son visage se ternit). JEANNE, On m'a dit que c'était intéressant. LOUISE, (Ouvre, puis met sa main devant la bouche pour dissimuler son horreur.) (On frappe à la porte.) PATRICK, Bonjour la belle ! (Il va vers elle, gaiement, l'embrasse puis la prend dans ses bras) LOUISE, (Elle se met à pleurer violement) Patrick, Mon Dieu Patrick ! Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! PATRICK, Ça va, ça va ! Tiens je t'ai apporté quelque chose ! (Il lui tend de belles roses, rouges, oranges). LOUISE, pleurant, Merci Patrick, merci. PATRICK, Ah ! Et ça aussi ! (Il cherche dans sa poche et en sort un petit paquet aux couleurs gaies.) LOUISE, (Elle ouvre et trouve une bague). Toujours bouleversée, Patrick, tu n'aurais pas dû, elle est magnifique ! (Elle se remet entre ses bras et pleure de plus belle). PATRICK, Ça va aller Princesse. LOUISE, Tu ne m'as jamais appelée comme ça ! (Un sourire entre les larmes). PATRICK, Tu es une princesse pourtant. Il faut bien un début à tout ! Sèche tes larmes. LOUISE, Oui. JEANNE, À Patrick, Tu n'as pas honte ? PATRICK, Comment ? JEANNE, Lui amener des cadeaux inutiles ? Que va-t-elle en faire avant... Et dans du papier coloré en plus ! Et tu lui parles de "début" ! Tu es un monstre ! PATRICK, À Jeanne, plus bas, de manière gênée, Comment lui donner de l'espoir sinon par des couleurs chaudes ? JEANNE, Non ! Non ! Et non ! C'est déplacé ! On vient pour se recueillir ! LOUISE, (Pleurs, sanglots), Arrête ! Je ne suis pas morte ! C'est toi le monstre! Tu parles de moi en disant "elle" ! Je ne suis pas morte ! JE NE SUIS PAS MORTE ! Regarde-moi ! JE VIS ! Et je vivrai encore longtemps rien que pour te voir mourir avant moi ! JEANNE, vexée, Comment oses-tu ? LOUISE, Sors d'ici ! SORS D'ICI ! JEANNE, (Elle se dirige vers la porte furieuse puis s'arrête devant, dos à Louise, croise les bras et attend), Pas tant que tu ne te seras pas excusée de tout ce que tu m'as fait ! PATRICK, prenant Louise dans ses bras, Chut, chut... JEANNE, Au public, furieuse, Si vous avez des amis, posez-vous des questions ! On peut se dévouer pour eux, faire les tâches les plus basses pour eux ! Honorer leur mémoire malgré les reproches qu'on pourrait leur faire, on est toujours déçu ! Vivez seuls ! Epargnez-vous du souci et des remontrances injustes. L'amitié n'existe pas ! LOUISE, Au public, meurtrie, Vous voyez, je viens de comprendre une chose, trop tard peut-être ! Un ami, c'est une personne qui sera là pour vous, avec vous, quelle que soit l'heure, quelles que soient les circonstances ! Alors méfiez-vous des beaux discours, on n'en trouve pas à tous les coins de rues ! Aimez ! Oh oui, AIMEZ ! Mais pas n'importe qui. Lorsqu'il ne vous restera plus rien, parfois même pas votre famille, votre sang, seules quelques personnes seront encore là ! Alors je vous en prie, trouvez-les, aimez-les et dites-le leur !
Dernière édition par kaonate le 03 Fév 2007 1:27, édité 1 fois.
|