Singapour, le 1er novembre 2007
J’ai toujours été fasciné par les aéroports, tous les mondes s’y croisent : le monde des affaires et ses businessmen ; le monde des loisirs et ses packages de vacanciers ; les voyageurs, les vrais, ceux qui se perdent pour aller plus loin.
C’est du concentré de notre planète, des Jaunes, des Noirs, des Blancs, Hindous, Musulmans, Bouddhistes, fumeurs, non-fumeurs.
S’asseoir sur une banquette, la choisir confortable quand on a 5 heures d’escale, et contempler le monde comme si l’on était Dieu face à son œuvre. Celui qui vient de prendre le siège à ma droite, il s’est déchaussé, il sent légèrement des pieds.
Un aéroport c’est du non-stop, les « costumes-cravates » vieux routiers du jet lag toujours bien mis, comme s’ils sortaient de leur salle de bain, (c’est le privilège de la classe affaire) côtoient les fatigués. Eux, c’est sans doute leur 2e escale, leur 10e heure d’attente, ou un voyage avec la TAMROM ou L’AEROFLOT. Ils sont enroulés dans la couverture de la compagnie qu’ils ont piquée car ils sont à bout et sont gelés avec la clim infernale des halls.
Certains nous ont quittés, allongés sur l’épaisse moquette dans un coin, ils ont lâché prise avec le réel.
Tiens voilà une équipe de jeunes basketteurs américains.
Un aéroport on s’y échange des regards, on y entend parler toutes les langues et soudain c’est la vôtre. Deux solutions : où vous fuyez car c’est la FRAM, ou bien vous entrez en contact pour passer le temps. Parfois l’intonation vous a trompé. Le monde entier défile devant vous, c’est mieux qu’à une terrasse de café.
Un aéroport c’est aussi les shoppers compulsifs du duty free, la carte bleue flambe, les devises s’échangent, c’est fou ce besoin de consommer jour et nuit.
Comment fait-il lui pour se balader en tongs, short et tee-shirt alors que je frissonne avec cette clim qui tombe sur mon crâne chauve ?
Un aéroport c’est aussi les nouvelles technologies. Le portable, certains utilisateurs sont discrets, d’autres sont au milieu de leur salon ; le MP3 à l’oreille lui, il chante tout seul ; enfin il y a bien sûr la WIFI ZONE, où tout le monde se bouscule pour ouvrir son laptop et se connecter au WEB.
Un aéroport c’est aussi des montagnes de valises pour certains et pour d’autres un petit sac à dos, les indiens sont toujours en groupe très chargés, bruyants et moustachus.
Ma voisine de gauche s’est arrêtée de lire, elle s’est sans doute aperçu qu’elle avait aussi le monde à ses pieds. Je suis là, j’observe, j’essaie de reconnaître les nationalités, j’imagine les vies de certains passagers, leur quotidien. Certains sont peut-être perdus comme dans The Terminal avec Tom Hanks.
L’heure de mon embarquement approche je vais devoir rejoindre la porte F58, j’ai hâte de voir la tronche de mes voisins, Français ou bien touriste en partance pour mon pays.
Le jour de mes 39 ans je me suis offert le luxe de contempler le monde, j’aime ce monde ; ces différences de surfaces entre les individus ne doivent pas nous faire oublier qu’au fond nous sommes tous foutus pareil à l’intérieur.










