|
fraise,
Délicatement entre vos doigts, prenez cette précieuse, la fraise. Elle est rouge de pudeur, parée d’un millier de grains de beauté. Ne lui arrachez pas en meurtrissant sa chaire, la tige qui la reliait à sa mère. Cherchez à tâtons le bon endroit pour lui soulever son jupon. Si elle ne veut pas, laissez-lui sa tige et ses feuillettes. Sans la mordre parfois de ma langue je l’aplatis contre mon palais mais aujourd’hui, telle n’est pas ma recette. Certains la font cuire, oh les goujats ! Mais si c’est pour la blottir ensuite entre les dentelles d’une crêpe brûlante vous reviendrez peut-être sur vos pas.
Coupez la fraise dans le sens de la longueur en fine tranches comme des pétales. Ses veines sont roses, ses parfums sont rose. Couchez-la tendrement sur le bleu foncé d’une assiette glacée. Seule, la fraise s’ennuie. N’hésitez pas, invitez à votre fête un fruit venu d’une île autrefois Néerlandaise : le kiwi. Défaites-le de ses habits, tranchez-le avec vigueur. Mais qui y-a-t’il dans le cœur de cet abrutis ? Ne l’aviez-vous jamais vu ? Une carte de la France ! Des petits points noirs tout à fait absurdes comme autant d’étoiles qui brillent.
Votre tableau ne sera complet que si à côté du rouge, du vert, comme les gouttes d’une pluie miraculeuse vous appliquerez quelques myrtilles, quelques baies. Pour l’assaut final, osez, suave, discret et sensuel la mousse d’un lait de coco bien frais. (que vous aurez rapidement fouetté) Et puis après, vous comprendrez que quelqu’un ou quelque chose vous manque pour sa singulière beauté, pour les chemins de ses veines, la petite feuille de menthe.
|