Le temps passe.
Tu le vois dans le miroir, la neige, l'eau, l'ombre. Le temps passe inlassablement.
Il passe dans les amis que tu fréquentes,
les baisers que tu as volé,
la chaleur qui coule silencieusement, dorée,
dans tes yeux ta nuque et ton âme.
Le temps glisse, le long dune amitié
il gonfle et remplit la baignoire de ton couple.
D'un bruissement qui appel la houle
le temps mord, il est sans pitié.
Voleur furtif et homme engagé,
il prend tout,
courage bonheur et bonté,
il prend tout.
D'une passade parfois bien ajustée,
il s'amène matin ou diner,
charmant pèlerin dans sa robe de voyage,
et qui pour peu passerait pour sage.
Mais cet homme, ce vent maudit;
d'un revers de la main te prends la vie,
qu'importe que ce soit la tienne,
il est lâche et prend ce que tu aimes.
Quand devant la tombe tu te mets à pleurer,
pasteur immoral il est sur le coté,
d'un regard calme il récolte les dons,
prêt à frapper ceux qui ne donnent raison.
La pluie peut bien te tomber sur la tête;
la neige peut bien te geler le corps,
le soleil peut peut être te brûler les yeux,
le temps lui te rends malheureux.
Un homme brisable,
nous en sommes tous,
ce temps haïssable,
il n'y en a qu'un en tout.







