Palais mafieux ; San Francisco :
Il avançait, conquérant, sûr. L’ange de la mort. Aghavan, grand homme sombre et mystérieux. Assassin regretté, tueur acharné. Sa longue cape toute aussi noire que son armure traînait au sol, balayant le sang qui avait coulé. Le sang du traître, Jackovsky. Mais inutile d’en parler. Il l’avait bien mérité. Trois gardes l’interceptèrent, l’arme à la main.
- Vous n’avez aucune autorisation concernant le Palais. Partez, ou nous…
Trop tard. Il ne put finir sa phrase, une longue lame froide dissimulée sous le manche d’Aghavan venait de le transpercer. Un filet de sang coula, puis le malheureux s’écroula, le visage abandonné par la vie; désespéré. Ses deux compagnons ne purent rien faire. A peine avaient-ils remarqué le geste d’Aghavan que ce dernier les poussa dans la rivière, sous le pont. De nombreuses plaintes perçantes, puis plus rien. Aghavan passa la tête par dessus les barrières , et observa. Ils étaient bien morts. Il remit sa capuche et défonça la porte d’un seul coup de pied. Elle forma un nuage de poussière et s'écroula sur le sol dur et froid du Palais, dans lequel Aghavan pénétra. Il pouvait faire du bruit, mais personne ne le verrait. Il était dans son élément. L’obscurité. Il continuait à avancer, et chacun de ses pas faisait naître en lui un courage et une fierté inébranlable. Un son mécanique, presque un sifflement surprit Aghavan qui s’arrêta.
- Qui est là ?
Une lueur orange, en forme de lame se dessina dans l’ombre. La porte était à présent entrouverte.
- Celui qui doit se charger de te tuer, répondit une voix froide, presque robotique. De te faire regretter tes faits et gestes.
- Pense déjà à faire de la musculation, sois champion des ceintures rouges de Karaté et Judo, va apprendre tes Maths et reviens me voir. Je pourrais peut-être te trouver une place de balayeur dans ma maison, lança ironiquement Aghavan, admirant ses deux lames secrètes. Mais je pense qu’une place en tant que comique te serait plus appropriée.
Il rentra ses lames dans leur logement puis avança vers l’inconnu.
- Si tu es prêt à périr en faisant l'idiot, je t’attends.
Sept hommes accompagnaient l’inconnu.
- Tuez-le. Attention, c’est un comique, c’est dangereux.
Le premier fonça sur lui, un poignard à la main qu’il brandissait au dessus de sa tête. Aghavan attrapa le manche de l’arme, fractura la mâchoire de l’autre avec ce dernier, lui ficha un coup de pied dans les testicules puis un dans le menton pour l’achever. Il avait gardé le poignard en main et l’utilisa contre le deuxième. En jouant des pieds, il parvint à déconcentrer l’adversaire qui regarda ces derniers, puis d’un coup sec et efficace il trancha la gorge du malheureux qui s’écroula, saignant tel un porc à la boucherie. Deux autres lui fusèrent dessus. Il en attrapa un, lui ficha un violent coup de tête puis le balança sur le deuxième en lui flanquant un brutal coup de pied. Mais un soldat vint par derrière, croyant avoir gagné. Aghavan lui adressa un coup du revers de la main dans le nez, se retourna et lui mit exactement sept coups de poing sur la poitrine et le front. Il s’effondra, figé et traumatisé, sans rien comprendre. Les deux survivants préférèrent l’éviter en utilisant leur mitraillette. Toutes les balles furent arrêtées par le bras courageux de l’assassin qui désamorça une grenade et la balança sur ces deux derniers. Une énorme explosion tonna dans le Palais et fit trembler la terre. L’inconnu avait été tué sous le choc. Il continua son chemin, en montant les raides escaliers. Mais ce ne fut pas plus tranquille : d’autres hommes lui foncèrent dessus. Il ficha un coup de pied incroyablement puissant dans la rotule de l’un, lui flanqua un poing dans le ventre. Une fois le dos à découvert, il planta son poignard dans ce dernier. Un filet de sang colora la salle éventrée par la grenade, et les autres lui filèrent dessus. Il sortit son pistolet, descendit deux hommes. Il attrapa la veste de l’un d’eux, envoya un coup de tête dans sa poitrine et le balança dans les escaliers en lui tirant dessus à chaque marche d’escalier passée. Il restait deux hommes. L’un eut du courage : il courut vers Aghavan, tenta de lui ficher un coup de pied mais l’assassin attrapa son pied, fractura son adducteur et lui envoya ses deux lames dans l’estomac. Il tomba la tête en première, déjà mort. Le dernier n’eut pas le courage de continuer. Il brandit son fusil à pompe et mit Aghavan en joue. Ce dernier esquiva un tir, attrapa l’arme et la balança dans les airs. C’est là qu’il surprit le soldat : il lui scella les mains et le maintint hors de portée d’éventuelles armes.
- Avance ! Murmura-t-il, patient.
Il emmena l’ennemi dans une salle étroite et sombre; comme un placard à balais mais munie de télévisions. Il manoeuvra une panoplie de boutons jusqu’à ce que les télévisions grésillent, avant de s’allumer. Une silhouette squelettique apparut sur l’écran, assise sur un divan rouge et doré. Elle était très pâle, ironique et avait l’air machiavélique. Mais on frappa à la porte :
- Ouvrez !
Il ignora.
- Réveille-toi, sale idiot !
- Hein, quoi ?
La silhouette s’était réveillée.
- Je veux que tu me rendes mes parents. J’ai fait ce que tu m’as demandé. J’ai tué Jackovsky, son organisation mafieuse ne peut plus te ruiner. Tu me dois au moins cela !
- La naïveté…
- Quoi ?
-… est ton grand handicap. Tes parents sont morts, Aghavan. Tu viens de faire le sale boulot et tu t’es fait laminer. Pauvre imbécile.
On frappait de plus en plus fort à la porte. La conversation fut coupée, Aghavan sentit maintes larmes couler sur ses joues.
Merde ! Papa. Maman. Nan. C’est pas possible. Je rêve. Où je deviens fou. Je… Ordure !
L'assassin révéla son côté sensible : il frappa les téléviseurs, fracassa le bureau en hurlant, jurant, désespérant,...
- ENFOIRE ! ORDURES ! FUMIERS !
Aghavan fondit en larme.
Ses hurlements faiblirent, il frappa encore sur ce qui l'entourait, Puis regretta sa naïveté. Il pleurait doucement maintenant , choqué.
Le soldat attaché à côté de lui ricana.
-Tu t’es bien fait berner !
Aghavan se retourna. Il le foudroya du regard, puis d’un geste foudroyant, donna un puissant uppercut. L'homme, assommé, révéla son coup de taureau qui se pencha légèrement de côté. On frappa encore. Bientôt, la porte allait être enfoncée. Il se retourna, sûr de lui, en colère et triste. Il sortit deux lames de lancer et les maintint au-dessus de sa tête. Nuage de poussière. La porte s’effondra, et deux visages apparurent. Aghavan lança les couteaux. L’un fut atteint à la poitrine, et l’autre au front. Ils tombèrent, inertes. Il marcha dans la poussière. Sa colère doubla de volume quand il sortit.Il était passé par la fenêtre en pensant ne pas se faire voir, seulement une véritable armée l’attendait. Au loin, il put apercevoir un homme effrayé et trapus parler à un supérieur en désignant Aghavan. Collabo' de merde.Il fit énorme bond et atterrit agenouillé. Quand il releva la tête, des dizaines et des dizaines d'hommes bien habillés et armés de revolvers le fixaient, prêts à se battre et fiers de ce piège. Aghavan les regarda, l'air sûr, attristé, et suicidaire. Il fit sortir deux pistolets de sous sa manche, les regarda pour ce qu'il savait être la dernière fois, et fonça dans le tas en hurlant tel un chien effrayé. Traversant une marée de silhouettes armées jusqu’aux dents, sa vie venait d’être réduite en pâte à modeler. Il se battit, désespéré. Puis il vit la silhouette de la mort lever son bras, dévoiler un revolver d'une taille incroyable et appuyer sur la détente. Une balle de fusil de chasse fusa, et se planta dans la gorge de l'assassin, endroit non protégé. Il resta ce qui lui sembla être des siècles debout. Puis toute sa vie défila dans son cerveau tel un rêve d'enfant. Nostalgie.Un sourire se dessina. Désespoir. Les larmes inondèrent ses yeux. Douleur. Le sang sortait de sa bouche. Regret. Il revit ses victimes s'effondrer tel des obus. Regret. Il revit ses deux enfants. James. James et Maria.
Parc du palais mafieux, San Francisco :
- Oh mon dieu…
Aghavan était par terre, ensanglanté ; les yeux clos et le corps troué de balles. Ghost Hunter en avait des larmes aux yeux.
- Celui qui a fait ça, marmonna-t-il, paiera très cher.
D’innombrables corps gisaient aussi, autour de Aghavan. Il avait dû bien se défendre.
P.-S : Cela fait très longtemps que je n'ai plus écrit. Ce fait confirme que je n'ai pas évolué, mais à vous de dire. Ce texte vient d'être commencé; et; contrairement à mes anciens textes, je suis bien déterminé à continuer et terminer cet essai qui me paraît pour l'instant... précipité. Après, c'est à vous de voir, et je vous laisse le temps et le vouloir de commenter. Je n'aimerais pas vous décevoir en insistant sur les commentaires
Allez, salut !
J-tdu68









