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Catharsis

Racontez-vous des histoires et déposez-les ici. Brèves, longues, belles ou imparfaites, à dormir debout, passionnantes ou enivrantes. Silencieuses. Ici, vous pouvez lire et commenter aussi celles des autres. Faites voyager les mots vers l'imaginaire.
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Catharsis

Messagede JesterToc » 28 Juil 2010 21:31

Le doute s'installe, l'incertitude s'empare de ton esprit en t'envoyant des faux signaux que tu prends prends pour des balises de secours. Tu te noies dans la mer de l'incertitude, happée par la baleine du doute et de la névrose. L'eau incertaine s'engouffre dans tes bronches, tu te noies, la fin est proche, mais tu vois la lumière. La certitude, la mort, l'éternité, juste la vie. telle le capitaine crochet, tu cours après Peter Pan. Jalouse de son état d'enfant éternel. tu es complétement dénuée d'émotions, paralysée par la colère, la rancoeur, tu as tué Peter Pan. Wendy se vengera. Le monde de Nulle Part se trouve au beau milieu de ton existence. Peur? Le capitaine crochet n'a jamais peur. Il a tué Peter Pan et tuera les enfants de Nulle Part. Rien ne l'arrêtera, de bonne fée, il n'en a pas besoin. Lily la Tigresse ne sera plus qu'un chaton dépouillé de sa peau et de son âme. Le capitaine crochet devient le Capitaine Faucheur, la mort, la peur. Telle Achab, je chasse Moby Dick, hurlant des injures, l'invectivant. J'attends que la bête surgisse des flots incertains, ce monstre névrosé plein de doute pour lui arracher la chair à coup de harpon, espèrant lui faire assez mal pour qu'elle riposte. Je viens de regarder dans l'oeil du cyclone, j'ai vu mon avenir. Je meurs puis je revis. La mort n'est plus un horizon indépassable. La mort, la vie, la renaissance, l'ombre, la lumière, la création. L'oeil du cyclone le comprend et je le comprend. Plus rien ne sera comme avant, car avant c'est maintenant, et après c'est tout de suite. Un rêve? Le monde des rêves est le monde de l'impossible, du fantasme, de l'inconscient refoulé. Je combattais cette baleine en rêve, mais elle m'avalait, comme pinocchio. Puis, une sphinge me posait une question, en me demandant de répondre le plus sincérement possible. J'ai menti, mon nez s'est aggrandi et a transpercé le flanc du monstre. Le sang, l'eau se déversait dans son estomac. J'aggrandissais la brèche pour m'en sortir. La bête hurlait. La bête hurle, je me réveille. Et je me trouve dans une pièce. Pas de fenêtre, une lampe pointée vers mes yeux. J'ai mal à la tête, les choses autour de moi sont floues. Je tente de me rappeler les événements passés, allant au delà de ma migraine. Je n'y parviens pas. Je me souviens juste de Peter Pan, Pinocchio, et Moby Dick. Un poste de radio passe Somewhere over the Rainbow. Je ne suis pas attachée, je me lève. Puis je regarde vers le bas. Jai des chaussures vernis noirs, avec de grandes chaussettes blanches. Une robe rouge, un noeud blanc au niveau de la poitrine. Je passe la main dans mes cheveux, ils ont été tressé en deux couettes et teints en blond. Un panier en osier est posé à côté de la lampe. Dedans, quelques sucreries et un mot "Régale toi, Jessie". Dans la pièce, il y a une odeur de rance, de sexe, et de pisse. Tout cela me donne la nausée. Les murs sont décrépis, des cafards et araignées se faufilent à travers les fissures balafrants la pièce. Soudain, une porte s'ouvre. Un homme entre. Il porte un sac en papier avec deux trous pour ses yeux. J'entends le papier se coller à sa bouche quand il inspire, sa respiration ressemble au râle d'un mourant. "Bonjour Jessie, je suis ton père". La pièce bascule.

Je me retrouve au beau milieu d'une forêt. La cime des arbres me surplombe et semble me menacer. J'ai un un manteau rouge, avec une capuche rouge. Je porte un panier en osier. Il y a des pommes dedans et un mot « Attention au loup Jessie ». Signé : « Ton cher père ». Il fait nuit dans ces bois, la brume se lève, j'entends des cris, des bruits tout autour de moi, le bruissement des feuilles se transforment en murmures. Les fantômes se promènent tout autour de moi, et j'ai peur. La peur me transperce le ventre, elle me chatouille les mollets pour frôler mes cuisses jusqu'à mon entrejambe. A travers la brume, j'aperçois une lumière. Une maison, un repère, de l'aide peut être. Je cours en plein milieu de cet épais brouillard. Je sens quelque chose me frôler, j'entends des râles, des soupirs, de douleurs et de plaisir. "N'aie pas peur Jessie, c'est tout à fait normal". Le vent se lève, glacial. Il soulève ma robe révélant à l'obscurité malsaine mes cuisses tendres et blanches. Je me rends compte que je n'ai aucun sous vêtement. Mon pied se prend dans une racine. Je tombe, faisant tomber le panier, les pommes roulent par terre. Ma robe est remontée jusqu'à la croupe.Derrière moi, j'entends une chose ramper. Un contact chaud se fait sentir sur ma cuisse droite. Il remonte pour arriver entre mes fesses. Je me relève brusquement, je boite. Et je cours à vive allure. Le monstre rampant hurle mon prénom, les branches fouettent mon visage, mes jambes, mes bras. J'arrive enfin à cette source lumineuse, lueur d'espoir vive et réconfortante. La chose rampante ne me poursuit plus. Je tremble de peur et de froid. J'essaye de me réchauffer à me battant la poitrine avec mes bras. Je me trouve en face d'une petite maison en bois. Les fenêtres sont rondes et une douce lumière s'en échappe. Je n'ose me mettre sur la pointe des pieds pour apercevoir l'intérieur. Je fais le tour de la petite batisse. J'arrive en face de l'entrée, un petit perron en bois, une lanterne suspendu. Une petite pancarte avec gravée dessus "Le Paradis au milieu de Nulle Part". Je m'apprête à frapper à la porte quand, derrière moi, un choc se fait entendre. Je me retourne dans un sursaut. Une ombre à quelques centaines de mètres de moi venait d'abattre une hache sur un tronc d'arbre. Je frappe à la porte, hurlant, appelant à l'aide, dans l'espoir que l'on vienne m'ouvrir. L'ombre se rapproche de moi, trainant sa hache derrière elle. Les larmes coulent sur mes joues, j'entends quelqu'un rire aux éclats. Ce rire se transforme en cri de douleur, puis en cri de plaisir. Je martèle la porte, à coup de poing, le bucheron n'est plus qu'à quelques mètres de moi. Il n'a pas de visage, juste ce sac avec deux trous. Je me mets dos à la porte, terrifiée face à cette vision d'horreur. L'homme soulève la hache au dessus de sa tête. Aucun son ne sort de ma gorge, la lame tranche l'air avec un mouvement vif. Puis, je vacille. Je tombe sur le parquet un bois, ma tête cogne violemment le sol. La porte se referme, et j'entends le bois de la porte craquer sous le choc de la lame. Je tente de reprendre mon souffle. Je ferme les yeux. Il fait bon ici, j'entends le crépitement du feu. Une légère odeur sucrée parvient jusqu'à moi. J'ouvre les yeux, les ombres créées par les flammes dansent sur le plafond. J'entends le plancher craquer. Je me relève. Une personne se tient dans l'ombre. J'essaye de parler, mais je ne fais que balbutier des remerciements. "Chuuut" l'ombre s'approche. J'aperçois alors un homme nu, quelque chose pend entre ses jambes, un poid est relié à son pénis et bascule comme le pendule d'une horloge . "Alors Jessie, on a pas ramené les pommes?".

La scène disparait, à nouveau. Je me retrouve allongée, encore, mais sur un divan moelleux. Un homme se penche sur moi. Je hurle de toutes mes forces. "Ça suffit" je dis. "Laissez moi tranquille, que me voulez vous?" Je regarde autour de moi. Cette fois, je me trouve dans un bureau, un cabinet de médecin. Une lampe de chevet se trouve sur un meuble. Je l'attrape et menace l'inconnu devant moi. "Jessie, je vais tout vous expliquer », il dit en mettant ses mains devant lui, ce qui veut dire : « S'il vous plait, calmez vous. Et poser cette lampe, pour l'amour du ciel, c'est un cadeau de ma mère". "Je ne ferais rien" je m'exclame "Expliquez vous, ou vous recevrez ce cadeau de votre mère dans la tronche !" L'homme acquiesçe, et va s'asseoir derrière son bureau. Derrière lui, sur le mur, des diplômes, des médailles pour des recherches, des articles, des photos de l'inconnu avec des personnes importantes...
« Jessie », mon attention revient sur l'inconnu, « vous avez été volontaire pour un nouveau traitement pour régler certains problèmes mentaux... Le traitement consiste à injecter un mélange de LSD et autre psychotropes pour atteindre l'inconscient du patient. Dans votre cas, il s'avère que vous êtes traumatisé par ce qui s'est passé dans votre enfance dont vous avez peu de souvenirs. Je pense que vous avez été abusée sexuellement par votre père. Mais votre inconscient a supprimé tout cela de votre esprit. Vous avez été placée en famille d'accueil très jeune. Malheureusement le traitement a quelques effets secondaires. Vous n'arrivez plus à faire la différence entre le réel et l'imaginaire de votre inconscient. Vous êtes en plein milieu d'une crise de paranoïa. »
«Alors tout ce que j'ai vu n'était pas réel, c'est bien ça? » je dis, en abaissant lentement la vieille lampe.
« Bien évidemment. En fait, cela marche comme un rêve, il y a des élèments qui sont mélangés pour pouvoir ressortir une signification par la suite. Cela permettra de guérir beaucoup de personne. »
« Permettra? »
« Ha, oui, j'ai oublié de vous parler de cela », dit il, « Mais il y a un second léger problème. Ce genre d'expérience est interdit par le gouvernement, en quelque sorte, vous n'êtes qu'un cobaye, et je risque gros si vous en parlez. Vous êtes fragile psychologiquement. Je crains que vous ne vendiez la mèche, même si je doute que quelqu'un fasse confiance à une folle. Mais, sait on jamais. »
L'homme a sorti une arme de son bureau. Un revolver huit coups, il le pointe vers moi. Je lance la lampe, et cours vers la porte qui mène hors du bureau. Un coup de feu résonne, et la balle vient se loger dans le mur à quelques centimètres de moi. La porte est fermée à clé. Je me retourne, l'homme s'approche pointant l'arme vers moi. Le bureau bascule.
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